12 août 2019

Parc régional du Vexin français : le pâturage pour préserver la biodiversité

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Crédit photo : Région Île-de-France

Situé dans les Yvelines et le Val-d'Oise, le Parc naturel régional du Vexin français fait appel aux brebis pour entretenir et débroussailler les pelouses calcaires des coteaux de la Seine. Des milieux rares et fragilisés, très riches en biodiversité… Reportage.

« Elles vont se demander ce que je fais encore ici, je suis déjà passée les voir ce matin. » Un vent chaud caresse les coteaux de la Seine, près du village de Gommecourt (78), en ce début d’après-midi dans le Parc naturel régional (PNR) du Vexin français. Des papillons virevoltent au-dessus des graminées et Catherine Balleux marche dans un sentier, un seau de granulés à la main. 

Cette garde technicienne s’occupe d’un troupeau de brebis solognotes venues débroussailler le site. Une mission que les ovins assurent depuis une quinzaine d'années dans le PNR. « C’est du travail, de la préparation. Il a fallu d’abord tout clôturer, installer des barrières. Attention, c’est électrifié, prévient-elle. Avant d’aller les nourrir, je vais couper le courant. »

Nous enjambons la clôture, foulons les pelouses calcaires. Quelques dizaines de mètres plus bas, la garde appelle les brebis cachées par la végétation. « Allez, les filles… Venez ! Venez ! »

Préserver des milieux très riches en flore et en insectes

Un parc dédié à l'agriculture

Créé en mai 1995, le Parc naturel régional du Vexin français s'étend sur près de 65.700 ha répartis entre les Yvelines et le Val-d'Oise, un territoire qui comprend 98 communes.

Géré par un syndicat mixte réunissant la Région et toutes les collectivités concernées, le Vexin français est essentiellement consacré à l'agriculture.

L'objectif est de préserver l'activité agricole traditionnelle, en l'orientant vers la diversification et le respect de l'environnement.

Du versant abrupt exposé au sud où nous nous trouvons, le panorama vertigineux plonge sur la vallée de la Seine. Les pelouses calcaires sont des lieux de promenade et d’animation, mais n’en constituent pas moins un milieu sensible !

Du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle, l’agriculture a constitué la principale ressource économique des habitants des coteaux en contrebas. Sur les pentes douces, les paysans cultivaient du seigle, de l’avoine et du blé. On y trouvait aussi des vergers de pommiers, de cerisiers et de pruniers.

Ces espaces étaient entretenus grâce aux activités de pâturage et de fauche... Mais tout cela ayant été peu à peu abandonné pour disparaître dans les années 1950, les buissons et arbustes se sont développés et les pelouses ont commencé à régresser, devenant peu à peu des broussailles et des milieux boisés.

Un véritable désastre pour la biodiversité… « Il faut préserver ces milieux très riches en flore et en insectes. On a recensé plus de 470 espèces rien que pour la flore ici », précise Catherine Balleux. 

La mante religieuse, le grillon d’Italie, le lézard vert et même la petite cigale fredonnante y ont élu domicile… Pour être mieux préservé, ce site est classé depuis 2001 Natura 2000, une distinction accordée par l'Union européenne aux sites naturels ou semi-naturels ayant une grande valeur patrimoniale par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils abritent. 

Le débroussaillement discontinu des brebis est propice à la biodiversité

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« Tiens, voilà de l’aubépine et du cornouiller, elles en raffolent, indique la garde. Elles broutent l’herbe mais aussi toutes ces feuilles et grignotent les jeunes branches. Une tondeuse ne permettrait pas d’obtenir le même résultat : avec les brebis, le débroussaillement est discontinu, il y a différentes hauteurs d’herbe, ce qui crée une mosaïque de milieux propices à la biodiversité. »

Concours de photos

Le Vexin français regorge d'eaux
calmes ou vives, modestes ou majestueuses. Envie de les mettre en images ? Le Parc naturel régional en a fait le thème d'un concours de photos organisé jusqu'au 30 septembre. Toutes les infos pour y participer.

Cette année, le Parc a donc fait appel à une entreprise d’éco-pastoralisme qui a loué son troupeau du 15 juin au 15 septembre. Ce qui permettra d’entretenir 9 ha de pelouses calcaires ! Sur les pentes douces, les brebis solognotes s’alimentent à côté de Catherine Balleux. Nul doute qu’elles apprécient ce traitement de faveur, tout comme le micro-climat méditerranéen qui règne ici.

Au point de prolonger leur séjour ? « On souhaiterait les voir rester de juin à novembre. Et dans l’idéal mettre en place la transhumance avec un berger, ça serait le meilleur moyen de gérer les pelouses et leur biodiversité… »

 

4 Parcs naturels régionaux, 12 Réserves naturelles régionales

Carte des PNR d'Île-de-France

L'Île-de-France comprend 4 Parcs naturels régionaux (PNR) :

La Région aide les PNR d'Île-de-France non seulement à protéger leur patrimoine naturel et culturel, mais aussi à développer une activité économique sur leur territoire.

Pour aller plus loin en matière de préservation du patrimoine naturel, la Région a même classé en Réserves naturelles régionales (RNR) 12 sites de ses Parcs naturels régionaux qui présentent un fort intérêt pour leur faune, leur flore, leur patrimoine géologique ou paléontologique. Des sites où les activités humaines sont conservées si elles respectent la biodiversité. 

Dans le Vexin français, il y a 2 RNRle site géologique de Limay et le site géologique de Vigny-Longuesse.