Publié le 8 juillet 2020

Les sources de pollution de l’air en Île-de-France

Fumées de cheminées d'usines dans le ciel

Crédit photo : DR

En Île-de-France, les sources de pollution de l’air sont nombreuses. Transports, chauffage urbain, activités économiques, chantier, déchets agricoles, etc. La Région apporte son soutien aux expérimentations pour tester des solutions innovantes.

Emissions polluantes et concentration de polluants de l’air extérieur

Le lien entre les émissions polluantes et les concentrations de polluants de l’air extérieur n’est pas proportionnel. En effet, la pollution de l’air (les concentrations de polluants) résulte à la fois :

  • Directement des émissions de divers secteurs d’activité (transports, chauffage, industrie, agriculture, etc.) et d’une faible contribution (pour l’Île-de-France) de phénomènes d’origine naturelle (érosion des sols, etc.),
  • De réactions chimiques complexes se produisant dans l’atmosphère entre ces polluants émis directement (dits « primaires ») pour former des polluants dits « secondaires ».

La météo a également une influence importante : vent et pluie favorisent la dispersion, le brassage et le lessivage des polluants. En revanche, des situations anticycloniques persistantes (pression atmosphérique élevée, ciel dégagé et limpide, fortes températures) accompagnées d'une absence de vent favorise la stagnation des polluants. 

Pollution : plusieurs facteurs en cause

Les polluants les plus problématiques en Île-de-France résultent de plusieurs phénomènes :

  • Les particules : elles peuvent être émises directement localement mais une part importante d’entre elles résulte de réactions chimiques complexes dans l’atmosphère. Une étude a montré qu’en moyenne et en situation éloignée d’un axe routier, les deux tiers des particules PM2.5 (de diamètre inférieur à 2,5 micromètres) de l’agglomération parisienne proviennent de sources de pollution situées en dehors de l'Île-de-France.
  • L’ozone : polluant exclusivement secondaire, il se forme sous l’effet du rayonnement solaire (un fort ensoleillement va favoriser sa formation) et de réactions chimiques complexes entre différents polluants, en particulier les oxydes d’azote et les composés organiques volatils.
  • Le dioxyde d’azote : il est essentiellement émis directement mais provient également du monoxyde d’azote.

Au regard des 3 polluants dont les niveaux sont les plus problématiques pour l’Île-de-France (dioxyde d’azote, particules et ozone), il est également important de s’intéresser principalement aux émissions des polluants suivants :

  • Les oxydes d’azote, responsables des concentrations élevées en dioxyde d’azote et également importants pour la formation d’ozone,
  • Les microparticules PM10 (celles dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres) et PM2.5 (avec un diamètre de moins de 2.5 micromètre),
  • Les composés organiques volatils non méthaniques COVNM parce qu’ils participent à la formation, dans l’atmosphère, de particules et d’ozone,
  • L’ammoniac (NH3) qui participe également à la formation de particules.

Les différents secteurs émetteurs de polluants

En Île-de-France, les trois sources majeures de polluants atmosphériques, sont les transports, le secteur résidentiel et tertiaire (principalement le chauffage) et les activités économiques dont l’industrie, les chantiers, l’énergie, les déchets et l’agriculture (chiffres AIRPARIF, inventaire des émissions de 2017 actualisé en 2020) :

  • Transport : Le trafic routier est responsable de plus de 50% des émissions d’oxydes d’azote et de 20% des émissions directes de particules fines. Cela a une influence sur la pollution près des axes routiers : pour le dioxyde d’azote, les niveaux y sont jusqu’à deux fois plus élevés que les valeurs réglementaires.
    Le trafic routier est également responsable de près de 10% des émissions de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) et de 15% des émissions d’ammoniac de la région. Il peut être utile de savoir les particularités de chaque type de carburant : d’une manière générale, les véhicules diesels sont problématiques pour leurs émissions d’oxydes d’azote et de particules (surtout pour les plus anciens), tandis que les véhicules essence le sont pour leurs émissions de COVNM, également précurseurs de particules secondaires. 
  • Secteur résidentiel et tertiaire : De par le chauffage, le secteur résidentiel et tertiaire est le principal émetteur de particules fines et de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) de la région. Il représente en effet un tiers des émissions de particules fines inférieures à 10 micromètres (PM10), plus de 50% des émissions de particules fines inférieures à 2.5 micromètres (PM2.5), et 34% des émissions de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM). À noter la contribution très élevée des équipements individuels de chauffage au bois qui participent, pour près de 30 % au émissions de particules fines PM10 et pour 45 % aux émissions de particules fines PM2.5 de l’Île-de-France, tous secteurs confondus. Les secteurs résidentiel et tertiaire sont également responsables de plus de 15% des émissions régionales d’oxyde d’azote.
  • Activités économiques : Pris ensemble, l’industrie, les secteurs de l’énergie et des déchets totalisent 13% des émissions d’oxyde d’azote, 6% des émissions de particules fines inférieures à 10 micromètres (PM10), et 25% des émissions de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM). Les chantiers contribuent à 17% des émissions régionales de PM10, environ 10% des émissions de PM2.5, et 8% des émissions de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM). Enfin, l’agriculture est de très loin la principale émettrice d’ammoniac, avec plus de 80 % des émissions d’Île-de-France. Elle génère également 18% des émissions de PM10, et 6% des émissions de PM2.5.
  • Autres secteurs dont les plateformes aéroportuaires (hors avions) : avec la présence des aéroports de Paris-Charles de Gaulle et d’Orly, le secteur aérien contribue également à la pollution atmosphérique régionale, avec notamment 8% des émissions de dioxyde d’azote. La plateforme d'information Survol permet aux riverains de mieux connaitre les niveaux de pollution atmosphérique auxquels ils sont exposés aux abords des plateformes aéroportuaires ainsi que la contribution des activités aéroportuaires aux concentrations respirées. 

Les particularités de la pollution de l’air intérieur en Île-de-France

La qualité de l’air dans les espaces intérieurs est influencée par les sources de polluants mais aussi par l’aération des locaux, l’étanchéité des bâtiments et la qualité de la ventilation. Au-delà des apports de l’air extérieur, les sources potentielles de pollution dans les bâtiments sont nombreuses, et notamment liées, pour les logements :

  • Aux activités des occupants (tabagisme, bricolage, cuisson, produits d’entretien, etc.),
  • Aux appareils à combustion, notamment s’ils sont mal réglés (chauffage, chauffe-eau, gazinière, etc.),
  • Aux matériaux de construction et de décoration (peintures, colles et vernis) et équipements.

En matière de qualité de l’air dans les espaces intérieurs, l’Île-de-France a notamment comme particularité d’avoir de nombreux bâtiments concentrant beaucoup de public dont certains (y compris des crèches et des écoles) sont à proximité de grands axes de circulation et des écoles), ainsi qu’un réseau important de transport en commun comportant de nombreux espaces intérieurs souterrains. Dans ces espaces, les niveaux de particules peuvent être élevés selon leur configuration.

Il n’existe pas à l’heure actuelle de solution technique industrielle en capacité d’améliorer de manière significative la qualité de l’air dans ce type d’environnement. Même si la nature des particules polluant ces espaces souterrains diffère notablement de celles issues du trafic routier, l’amélioration de la situation représente un enjeu fort, compte tenu de la fréquentation importante des transports en commun et de leur rôle majeur comme alternative aux modes individuels de transport, globalement plus polluants. C’est la raison pour laquelle la Région apporte son soutien à des expérimentations dans le métro pour tester des solutions innovantes.