Challenge mobilité

Pourquoi ?

Un challenge mobilité est l’occasion pour une entreprise de participer à un événement de sensibilisation à la pratique des modes de transport alternatifs à la voiture particulière, comme le vélo. Un tel challenge favorise la part modale du vélo dans les déplacements domicile-travail en incitant la remise en selle des salariés. Il peut avoir plusieurs formes et durées, pour qu’il soit tiré le plus de profit de ces moments de mobilisation et de cohésion d’équipe.

À quel moment ?

Par exemple :

  • Une journée de septembre, quelques semaines après les retours de congés,
  • Entre une semaine et un mois au printemps.

C’est l’occasion de :

  • Faire tester au moins une fois dans l’année un mode alternatif aux autosolistes réguliers,
  • Communiquer auprès des salariés sur les solutions possibles pour les trajets domicile-travail,
  • Évaluer les pratiques des salariés sur le trajet domicile-travail, et, de fait, évaluer les résultats d’un Plan de mobilité (PM, PDE, PDIE, PDA…)
  • Renforcer la cohésion entre les salariés et créer un environnement favorable au travail grâce à un projet positif et collectif (team building).

Le pilotage de l’action

Pilote : Une personne désignée dans l’entreprise pour suivre ces sujets.

Partenaires dans l’établissement : Le service RH.

Partenaires extérieurs : Les entreprises voisines, les associations d’entreprise, votre collectivité.

Comment organiser un challenge mobilité ?

Gestion :

Rester maîtresse de l’organisation de l’événement ou participer à un challenge organisé par une autre structure ?

Une entreprise peut organiser un challenge en interne, afin de gérer le déroulement de l’événement (date, durée, suivi…). Selon la taille de l’entreprise et l’importance donnée au challenge, l’organisation interne peut demander un investissement non négligeable (communication, comptage, suivi et bilan), mais peut offrir une flexibilité et une personnalisation des activités.

Une entreprise peut également s’inscrire dans un challenge inter-entreprises organisé par une autre structure (collectivité, association…), et s’affranchir d’une partie des contraintes d’organisation (communication, outils de saisie, analyse des résultats...). Participer à un challenge à l’échelle d’une zone d’activités, d’une ville ou d’une région peut encourager un esprit compétitif d’équipe et peut faire de la bonne publicité. Par ailleurs, le temps de travail à consacrer par le coordinateur d’un challenge organisé en externe est nettement réduit.

Communication : personne référente, affichage, mailings, réunions…

Idéalement, l’entreprise identifie une personne référente qui prend en charge l’organisation et la communication du challenge. Cette personne s’occupe notamment de l’inscription des salariés ou de l’entreprise et de l’enregistrement de la participation de chacun. Bien que ce ne soit pas un poste à temps plein, les démarches peuvent nécessiter un certain nombre d’heures réservées pour bien réussir la préparation. Ce temps est d’autant plus important si l’entreprise décide d’organiser un challenge en interne.

Quant aux différentes formes de communication, l’affichage public (dans un lieu de passage ou de pause) s’avère efficace pour partager les informations et pour inciter à des échanges entre salariés. Les annonces par mail ou par intranet, en revanche, ont tendance à passer inaperçues et ne contribuent pas à l’effet d’entrainement souhaité. En effet, à force de voir leurs collègues s’intéresser au challenge, mêmes les salariés les plus timides peuvent se motiver pour venir à vélo.

Le jour du démarrage du challenge, il est également important d’organiser un accueil spécial (type petit déjeuner) pour les participants. Il s’agit d’une reconnaissance de leur geste de venir à vélo, et cela peut être un rappel aux autres salariés du début de l’événement qui les encourage à changer de mode pour le reste du challenge.

Durée : une seule journée, une semaine, un mois ?

Un challenge très ponctuel, d’une journée, est l’occasion de créer un évènement peu lourd en sur le plan de la gestion et de rappeler aux salariés les démarches de l’entreprise en termes de déplacements (PDE, par exemple). Cependant, le risque d’un challenge très ponctuel est l’interférence par des facteurs externes (météo, déplacements, etc.) qui peuvent réduire la mobilisation.
Un challenge qui dure plus de temps (d’une semaine à un mois) est certes plus complexe à gérer, mais il peut avoir plusieurs bénéfices. Sur une longue durée, il y a plus de chances de retrouver des conditions qui contribuent aux déplacements à vélo, et le fait de voir d’autres personnes participer peut donner envie aux plus méfiants. De plus, au fur et à mesure du challenge, les par LE CHALLENGE MOBILITÉ Fiche pratique participants peuvent voir comment ils se situent par rapport aux autres, et améliorer leur performance. Par ailleurs, un challenge à plus longue durée ne nécessite pas forcément beaucoup plus d’investissement pour le coordinateur, si le système de suivi est bien conçu dès le départ.

Modes alternatifs à valoriser : uniquement le vélo ou les autres modes actifs ?

Pour encourager la remise en selle des salariés, le challenge peut valoriser uniquement les déplacements à vélo. Toutefois, la mobilité alternative couvre un large champ de modes actifs comme la marche à pied, la trottinette ou les rollers. Et, dans certains cas, les transports en commun sont la seule alternative à la voiture. Tous ces modes contribuent à réduire l’autosolisme mais l’entreprise qui participe à un challenge doit décider où elle souhaite placer le curseur : focalisé sur le vélo, ou étendu à la mobilité active au sens large.

Suivi : l’apport volontaire de comptage ou un tracé smartphone/GPS ?

L’apport volontaire d’information par les salariés (par exemple, dans un tableau Excel) est le mode de collecte le plus simple, mais il demande un effort actif de chacun et une bonne connaissance des distances parcourues. Le tracé par smartphone/GPS permet l’enregistrement fiable et automatique des données, mais oblige à ce que chaque participant soit équipé, même si les applications sont généralement gratuites.
Les tracés smartphone/GPS permettent de compter les trajets effectués et de déterminer le vainqueur du challenge, mais ils apportent également une analyse qualitative des déplacements. En effet, ils servent aussi à compiler un certain nombre d’informations sur les usages et les parcours qui peuvent être très intéressantes pour déterminer et évaluer une politique cyclable. Bien sûr, l’utilisation de ces données doit respecter la législation en matière de géolocalisation des employés (cf. CNIL).

Valorisation : une remise des prix, une publication de retour sur expérience ?

La récompense des lauréats du challenge peut prendre plusieurs formes : un événement de remise des prix, un document interne citant les salariés les plus performants, un bulletin destiné au grand public pour afficher la participation de l’entreprise… Ce qui est important, c’est de valoriser l’expérience et la participation des salariés, afin de contribuer à l’image positive des déplacements à vélo, et de pérenniser les reports modaux.

Les récompenses peuvent être aussi simples qu’un certificat de participation, voire de progression si le challenge existe depuis plusieurs années. Mais elles peuvent aussi prendre la forme d’un « kit vélo » qui vise à faciliter les déplacements domicile-travail à vélo pour ceux qui souhaitent concrétiser leur report modal. Ces récompenses peuvent être également des cadeaux destinés aux salariés, comme un coffret cadeau pour des activités de détente ou de bien-être (par exemple, une Smartbox), des abonnements pour d’autres services de mobilité alternative, ou même un vélo.

Enfin, il est également possible créer un challenge vélo sponsorisé avec une levée de fonds (contre le cancer, le sida…). Les salariés recueillent des dons d’argent auprès de sponsors (famille, amis, associations…) et s’engagent à venir à vélo pendant le challenge. Les dons d’argent peuvent être des sommes individuelles ou des contributions par kilomètre parcouru. Ces événements, répandus aux États-Unis (« bike-a-thon »), ont l’avantage de motiver certaines personnes qui ne se seraient pas impliquées au nom d’un report modal mais qui peuvent être sensibles à une cause charitable. Par ailleurs, le don fait auprès d’une organisation caritative contribue à une bonne image de l’entreprise.

Reconduite : comment pérenniser l’événement ?

La première année d’un challenge mobilité demande un certain investissement en termes de temps et d’argent, mais la reconduite de l’événement les années suivantes est un bon moyen de capitaliser sur l’investissement initial. Non seulement le système de gestion et les dispositifs de communication sont déjà établis, mais la participation a tendance à croître d’année en année. Les bilans de participation et des objectifs atteints des années précédentes permettent d’établir une cible pour l’année à venir, tout en valorisant l’événement.