décarbonation Face à la flambée des prix du pétrole due à la fermeture du détroit d’Ormuz, les investissements menés par la Région Île-de-France depuis 10 ans permettent d’amortir le choc énergétique. Le nouveau Plan Énergie régional va donner un nouvel essor à la décarbonation du territoire pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, protéger le pouvoir d’achat des Franciliens, tout en poursuivant la transition énergétique.
La crise énergétique mondiale agit comme un révélateur. Avec la guerre en Iran, la fermeture du détroit d’Ormuz et l’envolée des prix du pétrole, du gaz et des engrais, l’Europe est à nouveau brutalement confrontée au coût de sa dépendance aux énergies fossiles.
En Île-de-France, si le choc est moins violent qu’il aurait pu l’être, c’est parce la Région a engagé une stratégie de décarbonation bien avant la crise, notamment en développant la géothermie et la méthanisation. Ainsi, depuis 2016, la consommation énergétique francilienne a diminué de 23%.
Si le mix énergétique était resté le même qu’il y a 10 ans, le choc lié au blocage du détroit d'Ormuz aurait coûté 7 à 8 milliards d’euros supplémentaires aux Franciliens (soit 640 euros par habitant).
Une politique de décarbonation et de sortie des énergies fossiles enclenchée depuis 10 ans
Depuis 2016, la Région Île-de-France a mis en œuvre une politique énergétique pour décarboner le territoire et soutenir le pouvoir d’achat des Franciliens en cas de choc énergétique.
Pour les bâtiments
Concernant le bâti, la Région a financé le remplacement des chaudières au fioul, au charbon et au bois, accompagné la rénovation thermique des copropriétés en difficulté, soutenu la rénovation des bâtiments publics, des équipements sportifs et de l’éclairage public communal, et engagé un programme massif de rénovation énergétique de ses lycées.
Par exemple, en 10 an, 41 lycées ont été rénovés énergétiquement ou intégralement. Résultat : 260 GWh économisés par an — l'équivalent de la consommation d'une ville de 50 000 habitants.
Et cela continue depuis. Pour la période 2026-2028, 21 lycées vont bénéficier d’une rénovation énergétique, 19 lycées seront raccordés aux réseaux de chaleur et 23 lycées sont en instruction.
L’objectif est de diviser par 2 la consommation des lycées d'ici 2030.
Côté bâtiment publics, la Région a soutenu 83 projets de rénovation énergétique pour un montant de 11 millions d’euros. Ainsi que 210 projets de modernisation de l'éclairage public pour 24 millions d’euros.
Et grâce à la Région, près de 14 500 logements ont déjà été rénovés d'un point de vue thermique dans 68 copropriétés dégradées.
Pour les transports
Sur les mobilités, la Région a conduit, avec Île-de-France Mobilités, une véritable révolution des transports franciliens grâce à une augmentation massive du nombre de lignes de transport collectif avec 300 km de lignes ferroviaires supplémentaires d’ici 2030 et une offre de bus en hausse de 25%.
Ceci est complété par le renouvellement du matériel roulant ferroviaire — avec des rames consommant 20% d’énergie en moins —, électrification de lignes (Paris-Troyes, Meaux–La Ferté-Milon), modernisation des bus et cars vers le biogaz et l’électrique, et déploiement de la billettique nouvelle génération avec le passage au Navigo sans contact pour des millions de voyageurs.
La Région développe en parallèle son Plan Vélo, le plus vaste programme cyclable jamais lancé en France : avec comme tête de pont le réseau Vélo Île-de-France (VIF) et ses 750 km de pistes cyclables à l'horizon 2030, soit 210 millions d'euros mobilisés. Mais aussi des subventions à l’achat de vélos, le service Véligo Location (130 000 Franciliens l’ont découvert depuis 2019), la création de stationnements en gare.
Elle a aussi soutenu directement les Franciliens avec les aides aux véhicules propres, à l’hydrogène et au rétrofit électrique, ainsi que le déploiement des bornes de recharge. Désormais l’Île-de-France compte le plus grand maillage régional de France avec 33 000 bornes de recharge ouvertes au public.
Sans oublier le la création de la plateforme de covoiturage régional « Covoit IDFM ».
Plus de trajets possibles à vélo et le l’accompagnement du développement des voitures électriques participent dans le même temps à offrir une meilleure qualité de l’air aux Franciliens.
Pour la production d'énergie
En matière d'énergie produite localement, la Région a fait de l’Île-de-France un territoire pionnier de la géothermie profonde : multiplication des forages dans le Bassin parisien, soutien aux réseaux de chaleur géothermiques alimentant 1 million de Franciliens, qui font de l'Île-de-France le 1er territoire géothermique d’Europe. C’est même la plus grande densité de raccordement à la géothermie dans le monde. Actuellement, 87% de la géothermie profonde française est produite en Île-de-France. En 10 ans, 230 millions d’euros ont été investis, et plus de 70 puits soutenus.
À cela s’ajoutent les investissements dans les réseaux de chaleur urbains, la récupération de chaleur fatale et le solaire.
Pour l'économie
La Région a accompagné les entreprises avec le Chèque efficacité énergétique, le Prêt Transition écologique déployé avec Bpifrance, le Fonds Île-de-France Décarbonation, le Fonds Île-de-France Réindustrialisation, l’appel à projets « Jeune Pousse industrielle » et le soutien à la filière cleantech.
Sur la formation, elle a structuré un programme régional de formations qualifiantes aux métiers de la transition énergétique, des dispositifs d’apprentissage dédiés et le programme des rencontres Meet-Up IDF et soutenu des structures dédiées telles que le Campus d’excellence Energie durable cofondé avec EDF.
Par ailleurs, 2 250 stagiaires de la formation professionnelle ont déjà été formés aux métiers de la transition énergétique pour un budget de 14 millions d’euros.
La décarbonation de l'Île-de-France prend un nouvel élan avec le Plan Énergie 2026-2028
Aujourd’hui, face à un choc énergétique d’une ampleur inédite, la Région Île-de-France change d’échelle et renforce son engagement pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles et protéger durablement les Franciliens.
C’est dans ce contexte que la Région a dévoilé son Plan Énergie 2026-2028. Ce programme de 850 millions d’euros représente la plus importante mobilisation régionale jamais consacrée à la transition énergétique.
L’objectif est de protéger durablement les Franciliens des chocs énergétiques. Pas seulement de la crise actuelle, mais aussi de celles à venir. Car si la diminution de la dépendance aux énergies fossiles est un enjeu climatique, c'est également un élément souveraineté et un sujet de pouvoir d'achat.
La Région a donc bâti un plan d’action reposant sur 4 priorités : produire une énergie francilienne renouvelable, économiser en réduisant les consommations, maintenir la mobilité des Franciliens et transformer le tissu économique en soutenant l’innovation.
1 - Produire de l’énergie locale pour sortir des énergies fossiles
Depuis 2016, l’Île-de-France a vu la part des énergies fossiles diminuer de 64% à 55%. Mais il faut aller plus loin.
Aussi, la Région reprend ses aides régionales pour produire localement une énergie décarbonée car l’Île-de-France est un gisement majeur de chaleur renouvelable et de récupération (géothermie profonde et de surface, récupération de chaleur fatale – celle des datacenters par exemple -, extension des réseaux de chaleur urbains…), qui représente un potentiel supplémentaire de près de 14 TWh. La Région va également de rouvrir ses aides à la méthanisation avec l’objectif de faire rouler 5 000 bus au biogaz d’ici à la fin 2027.
2 - Faire des économies et réduire les consommations d’énergie des bâtiments publics, des équipements sportifs, des lycées, et des copropriétés dégradées
En Île-de-France, le mix énergétique a été significativement défossilisé ces dernières années, en même temps que les besoins en énergie ont considérablement diminué.
En 2016, l'Île-de-France consommait 226 TWh d'énergie chaque année. En 2024, on est descendu à 178 TWh. Ces 48 TWh économisés représentent l'équivalent de la consommation annuelle de 4 millions de logements. Les produits pétroliers ont baissé de 71 à 56 TWh (-21%) et le gaz naturel, de 64 à 43 TWh (-33%).
Pour augmenter les économies d’énergie, la Région crée le Contrat énergie, un dispositif inédit dédié aux communes, qui leur permettra d’engager la rénovation des bâtiments publics et des équipements sportifs, la modernisation de l’éclairage public communal, ainsi que la mise en place d’installations de géothermie, de récupération de chaleur, de solaire thermique, etc.
Ce dispositif est doté de 70 millions d’euros sur 3 ans et chaque contrat pourra bénéficier d’un soutien allant jusqu’à 1 million d’euros.
La Région poursuit aussi ses efforts pour faire des économies d’énergie, notamment dans les lycées, où l’objectif est de diviser par 2 la consommation énergétique d’ici à 2030, comme elle l’a déjà fait, par exemple, au lycée Sonia-Delaunay de Cesson (77), où la consommation totale a baissé de 50 % grâce aux investissements de la Région.
Les économies d’énergie passent aussi par le logement, avec la rénovation thermique des copropriétés dégradées. Et ici, la Région veut aller plus loin, en engageant 30 millions d’euros sur 3 ans, en ciblant toujours les copropriétés dégradées, avec une promesse de plus de 50% de gain énergétique moyen après travaux.
3 - Protéger la liberté de déplacement et de mobilité des Franciliens
La Région poursuit la révolution des transports avec la décarbonation de la flotte de bus, et un objectif de 90% de bus propres (biométhane, électrique, biocarburants) d’ici fin 2026. Car le carburant représente 90% de la consommation des produits pétroliers en Île-de-France. Mais aussi avec la modernisation et l’électrification du matériel ferroviaire.
La Région investit dans le même temps pour décarboner le fret et la logistique fluviale.
4 - Transformer les procédés industriels et les filières
La décarbonation passe aussi par la mise en place d’une stratégie industrielle adaptée en Île-de-France. Dans le cadre du Fonds réindustrialisation, 60 millions d'euros d'investissements publics et privés vont être mobilisés d’ici 2028.
- 25 millions d’euros d’aides et de programmes d’accompagnement soutiendront l’évolution de la production des entreprises,
- 15 millions d’euros seront consacrés à la décarbonation des filières les plus émettrices,
- 20 millions d’euros permettront d’accélérer la croissance de pépites cleantech et greentech qui transforment l’innovation en solutions concrètes pour la transition écologique.
Au total, les 850 millions du Plan Énergie sont ventilés entre 30 millions d'euros pour «produire» de l'énergie décarbonée, 460 millions d'euros pour «économiser» de l'énergie, 300 millions d'euros pour «protéger» les mobilités et 60 millions pour «transformer» les procédés industriels.