pause fraîcheur Et si la nature s'invitait au bureau ? C'est le pari de Guillaume du Gardier, fondateur de a river in the garden, start-up basée à Asnières et pensionnaire au Perqo, l'incubateur de la Région Île-de-France. Son idée : reproduire un écosystème de rivière (poissons, plantes, eau en circuit fermé) dans les espaces des entreprises et résidences.

Avec a river in the garden, le Perqo accueille une start-up qui fait entrer la nature là où on ne l'attendait pas. Depuis 2 ans et demi, Guillaume du Gardier est pensionnaire de l'incubateur de la Région Île-de-France, où il a successivement bénéficié d'une formule Expresso, d'un Lungo rallongé, et se trouve aujourd'hui sur son dernier Expresso.

C'est au Perqo qu'il a structuré et développé son projet : reproduire des écosystèmes aquaponiques vivants dans les espaces d'entreprises et de résidences. De quoi offrir un concentré de biodiversité et une pause fraîcheur aux employés et résidents. Pour en savoir plus sur ce système, nous avons rencontré Guillaume du Garnier.

Rencontre avec Guillaume du Gardier, fondateur de a river in the garden

Pouvez-vous nous présenter a river in the garden ?

Crédit photo : © Région Île-de-France

Guillaume du Gardier : Nous sommes un acteur du génie végétal, inscrit au Perqo dans la verticale de la transition écologique. Concrètement, nous reproduisons des écosystèmes vivants inspirés de la rivière dans les espaces des entreprises et des résidences : terrasses, patios, cours intérieures. Ces installations apportent un lieu de calme grâce au bruit de l'eau, un espace de connexion entre les salariés, une vraie pause face au stress. Et nous sommes les seuls à faire ça en France.

Ce qui rend le système particulièrement intéressant, c'est qu'il est à la fois un jardin potager productif (fruits, légumes, fleurs) et un concentré de biodiversité : les oiseaux et les papillons reviennent. Et tout ça en économisant 90 % d'eau par rapport à un potager traditionnel.

Comment fonctionne ce système aquaponique ?

G. D. G. : L'aquaponie, c’est le système que nous utilisons. C'est une technique millénaire, on raconte même que les jardins suspendus de Babylone en étaient déjà un exemple. Le principe est simple : réunir les poissons et les végétaux grâce à l'eau. Les poissons rejettent de la matière organique, les bactéries la transforment pour la rendre assimilable par les plantes, et les plantes filtrent l'eau à travers leurs racines avant qu'elle ne revienne propre aux poissons. C'est la démonstration absolue du bon fonctionnement de la nature : les déchets des uns sont les aliments des autres. Nous, nous le faisons avec des poissons d'ornement, pour ajouter une dimension contemplative.

Techniquement, l'eau circule de bac en bac, ce qui permet d'apporter aux plantes nutriments, oxygène et minéraux. Toute l'eau va directement à la plante grâce aux billes d'argile, contrairement aux potagers classiques où 70 % de l'eau se perd. Le résultat : un système extrêmement productif, pratiquement autonome.

Qu'est-ce qui vous a amené à créer a river in the garden ?

G. D. G. : J'avais besoin de retrouver du sens à ce que je faisais. Pendant 10 ans, j'ai été directeur marketing digital dans des grands groupes internationaux, et j’étais souvent amené à prendre 3 avions par semaine. Jusqu'au moment où ce lien à la nature, que j'ai toujours eu, m'a vraiment manqué. Je faisais de la permaculture chez moi, mais je m'épuisais à la tâche. A river in the garden est né de là : offrir un potager extrêmement productif, mais sans aucune des contraintes du jardinage traditionnel. Grâce à ce système, il n’y a plus besoin d’arroser ou de désherber. Et au-delà, l’idée est de transmettre le sens des saisons, le respect du vivant à nos enfants, pour qu'ils soient plus intelligents que nous par rapport à la biodiversité.

Qui sont vos clients aujourd'hui ?

G. D. G. : Nous avons deux grands types de clients. D'un côté, les entreprises engagées dans des démarches RSE, qui cherchent à offrir à leurs collaborateurs un espace de bien-être et de reconnexion au vivant. De l'autre, les résidences senior, pour lesquelles nos installations fonctionnent comme des jardins à visée thérapeutique : apporter des thérapies non médicamenteuses par les sens : les sons, les odeurs, le toucher, la contemplation. Cela crée un espace de lien : les résidents sortent davantage, vont voir si les salades ont poussé, observent les poissons, discutent ensemble. Nous sommes également contactés par des cliniques psychiatriques et des centres de récupération de burn-out.

Nous vendons aussi aux particuliers et proposons un accompagnement d’une durée d’un an grâce à des canaux sur lesquels ils peuvent nous envoyer des photos et nous poser des questions. Nous avons également développé une application connectée à nos systèmes, qui remonte en temps réel les paramètres de l'eau, propose des tutoriels et permet aux utilisateurs de partager leurs expériences. Tout cela nous permet d’avoir une communauté sensible aux enjeux que nous défendons.

Crédit photo : © A River in the Garden

Comment le Perqo vous a-t-il aidé dans votre développement ?

G. D. G. : Cela fait 2 ans et demi que je suis au Perqo, c'est ma dernière année. Au début, l'accompagnement a été précieux notamment pour tout ce qui concerne les financements. Mais ce qui a le plus aidé, c'est l'accès aux réseaux de la Région. Nous avons par exemple un projet sur le point de se concrétiser avec des lycées d'Île-de-France : installer un de nos systèmes sur le toit d'un lycée. C'est un accès au monde de l'éducation qui fait vraiment sens pour nous, car nos rivières sont aussi de bons supports pédagogiques pour illustrer les cours de SVT : le cycle de l'azote, l'oxygène, les bactéries, le cercle vertueux du vivant.

Quelle est la prochaine étape pour vous ?

G. D. G. : Nous sommes à un moment charnière de notre développement puisque l’on est en train de mettre en place tout un système de distribution. C’est quelque chose qui ne faisait pas partie du plan initial mais qui s'est révélé en fin d'année dernière comme une évidence. Quand je parle de réseau de distribution, il s’agit de tous les professionnels du paysage. Nous travaillons avec des paysagistes, qui sont des partenaires naturels : ils préparent le terrain, conçoivent des jardins magnifiques, et connaissent déjà des clients en résonance avec nos valeurs. C'est un relai de croissance important pour nous et une façon d’étendre notre approche bien au-delà de ce que nous pourrions atteindre seuls.

Le Perqo, exhausteur de talents franciliens

Crédit photo : Région Île-de-France

Accueillir des start-up innovantes dans un environnement moderne, le tout à un tarif imbattable : c’est le pari du Perqo. Initié par la Région Île-de-France et installé au cœur de ses locaux à Saint-Ouen (93), le Perqo est un incubateur destiné aux porteurs de projet à impact social et environnemental.
Axé autour de 4 grandes thématiques (santé des femmes, handicap et autonomie, IA et transition écologique), le Perqo a soutenu depuis sa création en 2023 plus de 200 projets innovants.

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