Villégiature Édifiée en bord de Seine par l’architecte Jules Saulnier en 1874, au cœur d’un parc de trois hectares, cette maison de villégiature a reçu le label « Patrimoine d’intérêt régional » en janvier 2026.
Henri-Félix Michelet se fait construire cette villa à la fin du XXe siècle face à l’Île Belle ; son architecte Jules Saulnier (1817-1881) est célèbre pour avoir réalisé en 1860 l’atelier de Rosa Bonheur au château de By à Thomery (77), et la chocolaterie Menier qu’il achève en 1872 à Noisiel (77). La villa de l’Oseraie, l’une de ses dernières réalisations, est régulièrement publiée dès 1879 dans les revues spécialisées.
L'édifice a un plan complexe, résultant du parti de faire correspondre un module à une pièce. Cette articulation se lit dans les formes variées des toitures : toit à pignons découverts pour l’aile du salon, toit polygonal pour celle de la salle à manger, toit à croupes pour l’aile des cuisines, l’ensemble dominé par le haut toit en pavillon de la tour marquant l’escalier.
La villa se caractérise par la virtuosité de l'usage ornemental de la brique, qui s'exprime particulièrement bien dans les décors géométriques créés par les jeux de polychromie avec ce matériau. Les souches de cheminées amortissant pignons et lucarnes, toutes différentes et très décoratives, constituent un morceau de bravoure en même temps qu'une référence historique à l'architecture flamande.
L'architecture de la villa témoigne bien de sa vocation de maison de villégiature : on trouve ici les traits et attraits de la maison de campagne, destinée à jouir de la vue, du bon air, du fleuve, et à recevoir. La terrasse forme, avec le salon et la salle à manger, un trio indissociable. C'est d'ailleurs la terrasse, tournée vers la Seine, qui a déterminé l'articulation des autres pièces selon les mots de Jules Saulnier.
Par ailleurs, à la demande du commanditaire « grand amateur de navigation fluviale », le soubassement abrite un garage à bateaux ouvrant directement sur le chemin de halage au bord du fleuve.
L'édifice originel nous est parvenu dans un très bon état de conservation. Il a été très peu modifié : seule la terrasse a été fermée. Racheté par la commune à la fin du XXe siècle, il accueille aujourd’hui la Maison des associations.
« Châteaux, villas et folies. Villégiature en Île-de-France »
Cet ouvrage, où l’on croise Bellanger, Guimard, Mallet-Stevens, s’appuie sur un corpus de 1 700 maisons, du XVIIIe au XXe siècles. Découvrez un florilège inédit de maisons de plaisance franciliennes.
« De tous les Français, le bourgeois de Paris est le plus champêtre », nous dit en 1841 L’Encyclopédie morale du XIXe siècle. La quête de bon air, dans une capitale densément peuplée, conduit les Parisiens de toutes conditions à se construire des maisons dans la campagne alentour dès le XVIe siècle, imitant la pratique aristocratique d’un partage de l’année entre saison mondaine en ville et beaux jours au vert.
Du château de Champs-sur-Marne (77) au Désert de Retz (78), de la maison Caillebotte à Yerres (91) à la villa Savoye de Poissy (78), du chalet au cabanon, en passant par tous les styles architecturaux, l’Île-de-France s’est couverte de maisons de villégiature, non seulement autour de ses sites les plus enchanteurs, boucles de la Seine, bords de Marne, forêts de Saint-Germain ou de Fontainebleau, mais finalement partout où il était possible de trouver belle vue et bonne compagnie.
Cet ouvrage présente un territoire inattendu en matière de villégiature, l’Île-de-France, dont la richesse des paysages et la fantaisie des architectures estivales n’ont rien à envier à Trouville ou à la Riviera. La banlieue elle-même apparaît sous un jour nouveau, comme l’ultime avatar de havres de paix campagnards et populaires.
Éditions Lieux dits, collection « Patrimoines d'Île-de-France », 256 pages, 300 illustrations, 32 euros.