Patrimoine L’exposition présente le territoire de l’Île-de-France comme précurseur de l’industrie aéronautique. Au cœur des Hauts-de-Seine, où l’aérostation se développe, Saint-Cloud occupe une place privilégiée. Avec le soutien de la Région.
Au XVIIIe siècle, la ville de Saint-Cloud offre l’un des plus beaux panoramas la capitale et constitue un site de prédilection pour organiser des essais aérostatiques et aéronautiques. Le désir de voler, souvent associé à l’utopie, incarne un rêve ancestral. Pourtant, cette aspiration à s’élever dans les cieux n’est pas simplement une chimère. À Saint-Cloud, elle se matérialise à travers des efforts constants et des expérimentations audacieuses. Les pionniers rivalisent d’ingéniosité pour créer des engins plus légers que l’air, tels que les ballons, les dirigeables, puis les avions.
L’exposition repose sur deux partenariats avec le musée de l’Air et de l’Espace du Bourget et Dassault Aviation, dont le siège se situe à Saint-Cloud. La Rotonde du musée accueille une maquette à l’échelle 1 de La Demoiselle de Santos-Dumont, pièce spectaculaire qui constitue un élément fort de la scénographie, ainsi qu’une peinture de cet avion réalisée spécialement pour l’exposition par Christoff Debusschere, peintre de l’Air. Le parcours se conclut par une expérience immersive inédite : piloter un Rafale depuis le porte-avion Charles-de Gaulle grâce à un simulateur de vol.
Le ciel apprivoisé
Dès les débuts de l’aéronautique, la ville de Saint-Cloud s’impose comme une terre d’envol : au XVIIIe siècle, sa colline attire peintres et pionniers de l’aérostation, fascinés par ses panoramas et possibilités d’expérimentation. Le territoire devient progressivement un haut lieu des premières ascensions en ballon, notamment avec le vol spectaculaire de La Caroline en 1784. Ce ballon à hydrogène, porté par l’esprit des Lumières, incarne l’audace technique et l’élan d’un siècle avide de conquête céleste. La « ballomanie » qui s’ensuit reflète une société subjuguée par ces machines volantes, les intégrant dans son quotidien comme des symboles de progrès et de liberté.
Au XIXe siècle, le ciel de Saint-Cloud devient un champ stratégique : pendant la guerre franco-prussienne, près de soixante ballons franchissent les lignes ennemies, transportant des dépêches entre Paris et la zone libre. Lorsque les conflits s’éloignent, la ville se transforme en lieu de fête et de spectacle : les montgolfières s’élèvent lors de démonstrations grandioses, immortalisées par Nadar, tandis que les récits d’ascensions nourrissent les imaginaires collectifs. La foire de Saint-Clodoald compte des « manèges ballon » et présente des figures fantaisistes comme la « femme aéroplane », invitant chacun à rêver de ciel et d’altitude.
L’exposition revient sur l’importance des clubs et des mécènes, cercles de passionnés dont l’Aéro-Club de France (1898), dans le développement de cette industrie. Elle présente également l’histoire de Stella, premier aéroclub féminin au monde, organisateur de compétitions en ballon. Elle consacre une section à Alberto Santos-Dumont, aviateur et inventeur de génie, personnalité emblématique de Saint-Cloud. Enfin, elle retrace l’histoire de Dassault Aviation qui, d’une première usine installée dans la ville en 1937, deviendra un fleuron de la construction aéronautique française.
Informations pratiques
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Musée des Avelines – musée d’art et d’histoire de Saint-Cloud
60, rue Gounod
92210 Saint-Cloud
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Gratuit
Entrée libre
Visites commentées de l’exposition : les samedis et dimanches à 14h30 (1h, 5,50€/personne)
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SNCF : Arrêt gare de Saint-Cloud / Lignes Saint-Lazare - Versailles, Saint-Nom-La-Bretèche ou La Défense - La Verrière
Métro 10 (Boulogne-Pont de Saint-Cloud)
Tramway T2 (Parc-de-Saint-Cloud)
Puis
Bus 160, 6246, 467 (Général-Leclerc)
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