24 octobre 2019

À la basilique de Saint-Denis, les rois de France inspirent les enfants

Crédit photo : Olivier Laban-Mattei / MYOP

À l’occasion du concours pour les 8-12 ans « Patrimoines en poésie », organisé par la Région et la Drac Île-de-France, 5 enfants de Villeneuve-la-Garenne ont découvert la basilique de Saint-Denis le 19 octobre 2019. Une visite guidée ponctuée de légendes autour des rois et reines de France. De quoi inspirer les poètes en herbe !

« Patrimoines en poésie » 2019

Patrimoines en poésie 2019

Organisé par la Région et la Drac Île-de-France, du 21 septembre au 31 décembre 2019, Patrimoines en poésie un jeu-concours de poésie invitant les 8-12 ans à raconter ou décrire leur monument ou œuvre d'art préféré en poésie. Remise des prix en mars 2020. Plus d'infos.

Patrimoines en poésie, est un concours organisé par la Région pour les 8-12 ans jusqu'au 31 décembre 2019. Le principe : en atelier ou en individuel, les enfants d’Île-de-France peuvent rendre hommage, en prose ou en vers, à un monument ou un lieu célèbre de la région. 

Dans ce cadre, le centre social du Nouveau Monde, de Villeneuve-la-Garenne (92) travaille autour des rois et reines de France, avec les enfants qui souhaitent participer au concours de la Région.

Au centre social, les poètes en herbe se sont prêtés au jeu du « cadavre exquis du patrimoine » et de l’acrostiche (poème où les initiales de chaque vers, lues dans le sens vertical, composent un mot) présentés dans le kit pédagogique du concours « Patrimoines en poésie ». 

Après l’entraînement, place à la découverte d’un monument emblématique, pour trouver l’inspiration. Et c’est dans l’écrin de la basilique de Saint-Denis (93) que 5 enfants qui concourent à Patrimoines en poésie ont fait un grand saut dans le Moyen Âge. 

Les gisants, trésors de la basilique de Saint-Denis

Dans le cadre somptueux de la nécropole royale, Malak, Maryame, Salima, Haytem et Inaya, carnets et stylos en main, n’ont pas raté une miette des explications de Florence, leur guide du jour :

« Partons à la découverte de ce monument grandiose dont la construction a débuté au XIIe siècle. Nous sommes ici, à la basilique de Saint-Denis, dans le cimetière des rois et reines de France, représentés par des gisants, c'est-à-dire des statues de marbre et de calcaire. ». Pour s'imprégner du sujet, le petit groupe passe à la pratique aussitôt après : dans un petit préfabriqué tout proche, les enfants se lancent dans la confection de leur gisant en plâtre représentant Saint Louis. 

Nous sommes ici,à la basilique de Saint-Denis, dans le cimetière des rois et reines de France.

Florence, guide passionnée

La crypte, théâtre de la légende de saint Denis 

Direction ensuite la crypte de la basilique, sa partie la plus ancienne. Voici nos apprentis auteurs, assis autour de leur guide, devant 50 tombeaux, dont celui de saint Denis. La légende de celui-ci prend forme : envoyé par le pape pour prêcher le christianisme en Gaule, saint Denis s’est retrouvé tête coupée, à Montmartre, puis sur la route du Nord, ladite tête sous le bras, pour enfin trouver le repos éternel à Saint-Denis. « La première basilique n’était pas plus grande que cette crypte : 9 mètres sur 20, raconte Florence. Les rois de France et les premiers chrétiens ont voulu être enterrés à côté d’un saint, pensant atteindre plus vite le paradis. » La conséquence ? 3.000 sarcophages ont été découverts au nord de la basilique.

La première basilique n’était pas plus grande que cette crypte : 9 mètres sur 20.

Florence

Face au bon roi Dagobert 

Avec le Centre des musées nationaux

Partenaire de Patrimoines en poésie, le Centre des musées nationaux anime, conserve, restaure près de 100 monuments nationaux dont la basilique de Saint-Denis. Plus d'infos.

Deuxième halte, devant le tombeau de Dagobert, roi mérovingien descendant de Clovis. « Les images du Moyen Âge se lisent du bas vers le haut. Au premier niveau, Dagobert est représenté couché sur le flanc. Que regarde-t-il ? », interroge Florence. Une petite voix se lance : « Il regarde sa vie défiler devant lui ? ». On comprend pourquoi ces enfants-là ont choisi de participer à un concours de poésie. La réponse est moins lyrique qu’espérée : « Son regard est tourné vers le tombeau de saint Denis, dans la crypte située juste en dessous. » 

(Dagobert) regarde sa vie défiler devant lui ?
Malak, jeune poètesse

42 rois et 32 reines reposaient dans la basilique de Saint-Denis

Quelques gisants, parmi ceux des 42 rois et 32 reines reposant dans la basilique de Saint-Denis, seront observés sous toutes les coutures par les petits enquêteurs et leur cheffe de file.

« Tous les gisants sont représentés à 33 ans, l’âge de la résurrection du Christ. Ils sont tous tournés vers l’est, là où le soleil se lève. Ils suivent sa course quotidienne, regard tourné vers le ciel, donc le paradis », explique Florence.

Cette mise en scène grandiose des rois défunts est en grande partie due à Louis IX (Saint Louis). L’enquête se poursuit autour de ce personnage clef. « Saviez-vous que Saint Louis était mort en Tunisie ? Seuls ses ossements ont été ramenés à Saint-Denis ». La question qui brûle toutes les lèvres est enfin posée : « Il y a encore des corps dans les tombeaux? » Florence aborde alors l’exhumation des dépouilles royales lors de la Révolution française, à commencer par celle d’Henri IV. Elle évoque aussi l’importance des reliques pour les croyants.

Il y a encore des corps dans les tombeaux ? 
La question qui brûle les lèvres des enfants

Le vitrail, un livre ouvert sur l’Histoire 

« Avec quel matériau fabrique-ton un vitrail ? ». La joyeuse équipe répond en chœur : « Le sable ». Et Florence de compléter : « Du verre assemblé avec des jointures en plomb. Il y a plus de verre que de murs de pierre dans la basilique de Saint-Denis ».  Après cet aparté architectural, une ultime explication a lieu au pied d’un immense vitrail, que l’accompagnatrice va décrypter avec fougue. Il est question d’un enfant découvert sur le Nil, d’un roi égyptien, de 10 plaies qui s’abattent sur le pays…

Il y a plus de verre que de murs de pierre dans la basilique de Saint-Denis.

Florence

Fin de la visite, place à l’imagination 

Il est temps de retrouver Saint Louis. Chacun repart avec son gisant miniature, préparé quelques heures plus tôt. Ce petit carré de plâtre permettra aux enfants et aux parents de se remémorer cette plongée au cœur de l’Histoire de France. « Des histoires passionnantes et très bizarres, parfois belles et choquantes », selon Malak, qui a déjà écrit un poème remarqué en atelier, lors de l’édition précédente de Patrimoines en poésie, intitulé Le Monde des rêves. Quant à Haytem, il a remporté, l'an dernier, le 1er prix dans le cadre d’un atelier pour son poème Le Pic du parc des Chanteraines (NDLR : parc à cheval sur Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne).

Des histoires passionnantes et très bizarres, parfois belles et choquantes.

Malak, 11 ans

Ont participé à cette visite : 

  • Marie-Sylvine Dechaume, formatrice linguistique au centre social du Nouveau Monde à Villeneuve-la-Garenne (92),
  • Christophe Couchy, éducateur à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ),
  • Magali Toulorge, cheffe de service Unité éducative de milieu ouvert à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ),
  • 4 parents accompagnateurs et 5 enfants de Villeneuve-la-Garenne (92).