13 juillet 2016

EuropaCity : la Région Île-de-France pose ses conditions

Si la Région a donné son accord de principe pour soutenir le projet de commerces et de loisirs EuropaCity, elle réclame cependant certaines garanties autour de l’emploi, de l’offre commerciale, mais également de l’environnement.

EuropaCity, un futur pivot du développement francilien

Alors que la phase de débat public sur le projet EuropaCity vient de se terminer, la Région Île-de-France a réaffirmé sa volonté d’accompagner ce grand projet de commerces et de loisirs qui doit voir le jour à l’horizon 2024 dans le triangle de Gonesse (95) et au Bourget (93). Objectif : rendre possible la pleine exploitation du potentiel exceptionnel de ce territoire voisin de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, pour en faire l’un des pivots du développement francilien. Selon Arnaud Degorre, l’expert missionné par la Commission nationale du débat public (CNDP), EuropaCity représente en effet un levier en matière d’emplois estimé à 3.350 emplois nets par an pendant sa phase de construction, qui doit s’étaler de 2019 à 2024, puis entre 7.400 et 8.100 emplois nets par an en phase d’exploitation. S’il paraît à ce stade ambitieux, l’objectif affiché d’attirer 30 millions de visiteurs par an, permettra également de conforter la région Île-de-France parmi les premières destinations touristiques au monde.

Mais si la Région « est favorable aux investissements qui contribuent à son développement », elle entend être « vigilante et exigeante » sur ce projet qui devra être en adéquation avec tous les acteurs présents sur le territoire (industries, agriculteurs...) au profit des habitants du territoire et, au-delà, de l’ensemble des Franciliennes et des Franciliens. 

30 % minimum des emplois créés pour la population locale 

En matière d’accès à l’emploi notamment, la Région souhaite ainsi que le maître d’ouvrage s’engage « à réserver 30 % minimum des emplois créés  à la population locale ». « Et les TPE et PME devront avoir un accès privilégié à la commande. » Première collectivité compétente en matière de formation professionnelle, la Région Île-de-France, va à ce titre engager des actions en faveur des habitants du territoire pour qu’ils soient en capacité de répondre aux offres d’emplois proposées.

La Région exige également que le projet EuropaCity propose une vraie stratégie de différenciation par rapport aux commerces du secteur et ce, afin d’éviter « les risques de cannibalisation de l’offre d’autres surfaces commerciales dans le périmètre alentour. » EuropaCity devra s’engager à ne pas accueillir d’unités commerciales de moyennes surfaces ni de locomotive alimentaire. Le projet devra en outre s’inscrire dans la démarche de Smart Région en cherchant à multiplier les innovations.

Concernant le développement touristique, si les activités de loisirs proposées dans EuropaCity pourraient contribuer à la diversification de l’offre touristique en Île-de-France en complémentarité avec Disneyland Paris, elles devront là encore « éviter toute redondance avec l’offre existante ».

Garantir le respect de l'environnement

De même, la Région veillera à ce que le projet soit exemplaire en matière de respect de l’environnement à toutes les étapes de son élaboration et relève le défi de la haute qualité environnementale et écologique. Chantier exemplaire, respect du caractère vertueux des modalités de production énergétique, émissions de gaz à effet de serre, bilan hydrique…

Assurer l'accessibilité du territoire

Par ailleurs, l’accès du territoire est un enjeu majeur pour la Région qui veut anticiper le risque existant de saturation des axes routiers (A1/A3/A104) et l’augmentation induite des émissions de gaz à effet de serre et des polluants. Elle préconise donc le développement d’un maillage fin des transports en commun à travers la mise en place d’un plan d’accessibilité multimodal (réseau ferré, bus, covoiturage, auto-partage, vélos, marche…) en partenariat avec le Stif et le maître d’ouvrage.  

La Région a enfin émis le souhait que la future gare de la ligne 17 du super métro du Grand Paris ne desserve pas uniquement EuropaCity, dont l’implantation devra en conséquence être déplacée en limite sud-est de la ZAC dite du triangle de Gonesse. L’État devra au passage clarifier sa position sur le barreau ferroviaire de Gonesse inscrit dans le plan État-Région 2015-2020.