Publié le 10 décembre 2019

Un enseignement adapté pour des lycéens en situation de handicap

Crédit photo : Pierre Hybre / MYOP

L’établissement régional d’enseignement adapté (EREA) Toulouse-Lautrec, à Vaucresson,  propose du sur-mesure à ses élèves en situation de handicap : accompagnement en classe, pratique de sports adaptés, internat médicalisé, centre de soins intégré. Reportage.

Situé à Vaucresson (92), l'établissement régional d’enseignement adapté (EREA) Toulouse-Lautrec est exemplaire par tout ce qu'il a mis en place pour accueillir les élèves en situation de handicap. Il témoigne, ce faisant, d'un engagement de la Région.

Accueil des lycéens en situation de handicap : les actions de la Région

La Région s'est mobilisée pour faciliter l'accueil des lycéens en situation de handicap :

  • Elle développe un accueil personnalisé pour que tous ces élèves suivent leurs études dans un établissement à proximité de leur domicile,
  • Elle a investi près de 220.000 euros entre janvier 2016 et mai 2019, pour financer les travaux de 15 Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire) accueillant 136 élèves,
  • 141 lycées font l’objet d’études ou de travaux de mise aux normes d’accessibilité (budget : 26,7 millions d’euros). En 2019, 12 lycées supplémentaires seront totalement accessibles.
  • Une formation active des agents : le personnel d’accueil des lycées bénéficie par exemple d’une journée de sensibilisation à l’accueil d’une personne en situation de handicap.

L'établissement adapté Toulouse-Lautrec facilite la vie des lycéens en situation de handicap

De l’école primaire au BTS, l’établissement régional d’enseignement adapté (EREA) Toulouse-Lautrec accueille 400 élèves, dont les deux tiers sont en situation de handicap.

« Tout est fait pour nous faciliter la vie », raconte Suranjan, élève en Terminale S. C’est une bonne façon de résumer l’état d’esprit qui anime l’EREAToulouse-Lautrec. « Chaque aménagement fait l’objet d’une réflexion minutieuse. Sans ces dispositions certains élèves ne pourraient pas être scolarisés », explique le proviseur Lionel Petit.

Sans ces dispositions certains élèves ne pourraient pas être scolarisés. 
Lionel Petit, proviseur 

Des conditions d'études particulières pour un enseignement adapté

Ici, ce sont les professeurs qui prennent des notes et qui se déplacent de salle en salle. En début d’année, un ergothérapeute configure le bureau de chaque élève avec lui : orientation et hauteur de la table, colorisation éventuelle du clavier, etc.

L’accompagnement sur mesure se poursuit durant les interros, l’élève qui en éprouve la nécessité peut être aidé par un adulte extérieur au lycée qui lui lit l’énoncé puis répond aux questions sous sa dictée (ce système fonctionne sur le principe du bénévolat). Et cela marche : « En 2018, le lycée a affiché un taux de réussite au bac de 100% », énonce avec fierté le proviseur. 

Un centre de soins qui complète un enseignement adapté

Dispositif unique en France, un centre de soins est intégré à l'établissement. « Ainsi, un élève qui a besoin de se faire désencombrer les voies respiratoires ne mettra que 2 minutes pour rejoindre l’infirmerie », précise le proviseur. Sans avoir à quitter le lycée, les élèves peuvent recevoir les soins d'un spécialiste entre 2 cours : kiné, orthophoniste... et même dentiste.

C’est l’hôpital dans le lycée. 
Christiane David, responsable de l’entretien d’un dortoir

 

Le soir, ils sont une centaine à rejoindre l’internat entièrement médicalisé. Chaque chambre est équipée d’un lève-malade. Une salle de bain avec douche à l’italienne et lavabo à hauteur réglable lui est attenante. « C’est l’hôpital dans le lycée », commente Christiane David, agent territorial responsable de l’entretien d’un dortoir.

Une belle place accordée au sport 

Si Suranjan a choisi de pratiquer le basket-fauteuil, ce ne sont pas les activités sportives qui manquent : tir à l’arc, foot, volley… Durant ses 2 entraînements hebdomadaires, le jeune homme utilise un fauteuil dédié, « aux roues écartées pour améliorer sa maniabilité et avec un pare-choc en métal, qui s’appelle une moustache », détaille-t-il. L’équipe du lycée compte déjà de nombreuses victoires à son actif.

Témoignage de Simon, élève valide de l'établissement depuis le collège 

« À mon arrivée, j’étais un petit peu réticent face au handicap. Mais, très vite, je me suis adapté. En cours d’EPS, nous avons été initiés au fauteuil : suivre un parcours d’obstacles, franchir des dos d’âne, slalomer… À force d’aider mes camarades, je suis devenu plus à l’aise avec le handicap. Appeler l’ascenseur, accompagner à l’infirmerie, moucher un élève sous trachéo, tout cela fait partie de mon quotidien. Aujourd’hui, j’en oublie même le fauteuil. En fait, on ne fait aucune distinction, il y a les élèves et les adaptations qui vont avec. Cette année, on va aménager un potager au sol et sur tablettes pour ceux qui ne peuvent pas se baisser. On réfléchit aussi à remplacer les pailles en plastique, indispensables à beaucoup, par des pailles en bambou moins polluantes, mais il faut qu’elles soient pliables ».