exploitation familiale Pintades, dindes, oies, poulets, chapons ou encore fruits et légumes… À la Ferme du Moulin du Haubert, vous pouvez trouver une diversité de produits, et même pêcher la truite. Située dans les Yvelines à environ une heure de Paris, l’exploitation est une histoire de famille. Elle est aujourd’hui gérée par 3 frères, Jérôme, Franck et Sébastien Emery. En amont de leur présence au Salon international de l’agriculture sur le Pavillon Île-de-France du 21 février au 1er mars 2026, l’un des 3 frères, Franck, nous a partagé leur histoire.

Sur la départementale 913, à environ une heure de Paris, entre Brueil-en-Vexin et Sailly (78), un grand panneau signale l’entrée de la Ferme du Moulin du Haubert. Au bout du chemin se trouve la boutique, où Luna, la petite chienne, a l’habitude d’accueillir les visiteurs les vendredis, samedis et dimanches.

Crédit photo : © Région Île-de-France/Animal Pensant

Une ferme francilienne à l'activité diversifiée

La Ferme se love dans une cuvette naturelle de 14 hectares, traversée par La Montcient. Elle se compose de plusieurs pôles encerclant la boutique. Dès l’entrée, les pintades, situées dans 4 petits bâtiments, accueillent le visiteur de leurs cris caractéristiques. À droite, un espace est réservé au maraîchage en pleine terre et sous serres froides.

Derrière les étangs alimentés par la nappe phréatique se trouvent 10 bâtiments abritant les poulets et les volailles festives. Et ce n’est pas tout : la Ferme du Moulin du Haubert c’est aussi 70 hectares de terres cultivables, situées dans les communes limitrophes, servant à produire plusieurs types de céréale – blé, triticale, maïs, colza. 

« Nous dimensionnons nos productions en fonction de ce qu’on sait vendre à la boutique », explique Franck. « Quant à nos productions céréalières, elles sont destinées à alimenter nos volailles. Nous contrôlons ainsi la qualité de ce qu’elles mangent en fabriquant nous-mêmes leurs aliments. »

À cette production très diversifiée s’ajoute une activité de pêche de loisir sur les étangs créés au début des années 1990. « Les gens viennent à la journée ou à la demi-journée pour pêcher la truite arc-en-ciel, la truite fario ou le saumon de fontaine », précise Franck. Une activité supplémentaire pour faire vivre la Ferme.

Crédit photo : © Région Île-de-France/Animal Pensant

S’adapter au fil des décennies

Crédit photo : © Région Île-de-France/Animal Pensant

Le lien de la famille Emery à cette terre remonte au début du XXe siècle, époque à laquelle l’arrière-grand-père de Franck et de ses frères entretenait la Ferme du château de la Chartre. Leur grand-père, puis leur oncle ont successivement pris la suite, avant que leur père ne rachète l’exploitation en 1989. Avant de se lancer dans l’élevage de volaille et la commercialisation sur place – activité devenue centrale sur la Ferme –, les parents faisaient du maraîchage en demi-gros sur d’autres terres, vendant notamment des choux par camion à la sortie des usines Renault, en plus de faire les marchés.

Puis, il y a eu une période où la cagette en bois vide, servant à vendre les choux, coûtait plus cher à l’achat que la cagette pleine. Face à cette contrainte, les parents de Franck, Jérôme et Sébastien ont adapté leur activité et démarré l’élevage de poulets. « Cette anecdote est amusante à raconter parce qu’elle reste actuelle : il peut nous arriver aussi de vendre en dessous de notre prix de revient, ce qui est totalement aberrant », souligne Franck. 

Crédit photo : © Région Île-de-France/Animal Pensant

L’élevage a pris de l’ampleur jusqu’à devenir une branche importante.

« Nous élevons nos volailles en plein air et nous les abattons nous-mêmes. Nous avons notre abattoir, un laboratoire de transformation, des chambres froides », détaille Franck. « Tout faire soi-même est non seulement plus rentable, mais c’est aussi plus vendeur auprès des clients. » 

Consommer des produits locaux et de qualité

« Aujourd’hui, le bien manger n’est pas la préoccupation principale des gens. Leur priorité, c’est leur pouvoir d’achat », constate Franck. « Cela dit, pour le moment, nous produisons toujours autant, voire un peu plus qu’il y a quelque temps »

Au moment de la crise du Covid, la Ferme a connu un afflux massif de visiteurs les week-ends. Depuis, le nombre de clients a baissé, mais la production reste stable. Des événements comme le Salon international de l’agriculture permettent de se rendre à nouveau visible. Pour Franck, « c’est important de faire comprendre aux gens que s’ils veulent qu’on continue à exister, il faut qu’ils viennent nous voir de manière régulière. »

Aujourd’hui, les 3 frères réfléchissent à d’autres projets pour assurer la pérennité de l’exploitation. « Nous envisageons de développer un site marchand en ligne, car, aujourd’hui, nous vendons principalement via notre boutique et à quelques restaurateurs sur Paris », explique Franck. 

Un autre projet les anime : transformer un des bâtiments actuels en Ferme-auberge avec vue sur les étangs.

Crédit photo : © Région Île-de-France/Animal Pensant

« Un restaurant à la Ferme dans lequel on pourrait cuisiner et faire déguster nos produits », précise-t-il. Pour réduire leur empreinte carbone et gagner en autonomie, l’installation de panneaux solaires sur les bâtiments fait aussi partie de leurs réflexions. 

Autant de perspectives pour continuer à faire vivre cette Ferme ancrée dans son territoire depuis plus d’un siècle.

Salon international de l'agriculture 2026 : venez découvrir le Pavillon Île-de-France

Crédit photo : © SIA/Région Île-de-France

Du 21 février au 1er mars 2026, l'Île-de-France agricole est en vedette à la porte de Versailles. 

Rendez-vous sur le pavillon régional pour des dégustations, des rencontres et même un quiz ! Près de 60 producteurs et agriculteurs vendant leurs spécialités sous la marque « Produit en Île-de-France », dont les agriculteurs de la Ferme du Moulin du Haubert, vous y attendent. 

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