solidarité Alors que des manifestations antigouvernementales se déroulent en Iran depuis le 28 décembre 2025, la Région Île-de-France a réuni, le 20 janvier 2026, à La Scala Paris, des artistes, des journalistes, des intellectuels ou encore des sportifs venus témoigner de la répression du régime de Téhéran.
« Iran, Vie, Liberté », tel était le nom de l’événement organisé le 20 janvier 2026, à la Scala Paris (10e), par la Région Île-de-France en soutien aux manifestants pacifiques iraniens qui se battent pour la liberté et contre le régime des mollahs.
Une soirée qui a rassemblé 1 300 personnes.
L’Iran vit un moment historique et nous sommes tous en soutien total avec le peuple iranien. Les hommes ont compris que ce n’était pas un combat féminin, mais un combat pour la liberté. C’est un fait historique qui est en train de s’écrire. Depuis Paris, nous voulons dire au peuple iranien : "Tenez bon !" Ce soir, nous disons : "Iran, Vie, Liberté" !
Valérie Pécresse présidente de la Région Île-de-France
La diaspora franco-iranienne unie et mobilisée
Durant toute la soirée, artistes, sportifs, journalistes et intellectuels se sont succédé pour prendre la parole et signifier leur opposition à la violente répression qui frappe actuellement la population iranienne contestant le régime en place.
Parmi eux, les philosophes Élisabeth Badinter et Bernard-Henri Lévy, l’essayiste Mona Jafarian, l’avocat Richard Malka, les journalistes Éric Chol, directeur de la rédaction de L'Express, Abnousse Shalmani et Étienne Gernelle, directeur du Point. Ou encore le boxeur Mahyar Monshipour et la championne de taekwondo Marzieh Hamidi.
Le but est double :
- Dénoncer d’une seule voix la violente répression que subit le peuple iranien dans plusieurs villes du pays depuis le 28 décembre 2025,
- Encourager un changement rapide de régime en Iran.
Lors d'interventions ou de tables rondes, chacun a tenté, dans son domaine, d'apporter des éclairages sur la situation en Iran, et bien sûr l'avenir du pays.
Guillaume Lasconjarias, directeur des études et de la recherche à l’IHEDN a expliqué que « le gouvernement iranien a peur » et que la révolution en cours était « lente », car engagée depuis 2009. De son côté, Thibault Brutin, directeur général de Reporters sans frontières faisait part de son inquiétude en raison de l'absence de nouvelles des journalistes iraniens, « alors que nous avons plus que besoin du travail des journalistes pour connaître l'ampleur de la répression ».
Après un hommage rendu à la poétesse iranienne Forough Farrokhzad, l'écrivain Boualem Sansal a adressé un message vidéo au public présent dans le théâtre : « Je comprends parfaitement le combat des Iraniens. Je suis très heureux qu'il y ait eu ce déclic. Que, cette année, le peuple iranien ait décidé de se soulever d'un bloc contre la tyrannie des mollahs. Il est important, maintenant que ce combat est lancé, de le faire aboutir rapidement pour faire tomber le régime. Il faut que tout le monde soit derrière vous [...] La France en particulier, cette terre de combat pour la liberté peut vous apporter beaucoup. »
Enfin, après avoir appelé les Européens à manifester leur soutien au peuple iranien dans les rues, Bernard-Henri Lévy a souligné que « l’Europe peut et doit fermer toutes les ambassades, renvoyer tous les diplomates iraniens qui n’ont plus la moindre légitimité pour représenter leur peuple. Elle doit se décider enfin à inscrire au registre des organisations terroristes le corps des Gardiens de la révolution ».
Dénoncer les massacres du régime de Téhéran
Depuis 1979, le peuple iranien vit sous le joug d’une dictature théocratique. Alors que le soulèvement des femmes iraniennes contre le régime des mollahs monte depuis 2022, à la suite de la mort de Mahsa Amini, une étudiante iranienne de 22 ans, et de la répression brutale des manifestations de l’automne 2022, c’est aujourd’hui une révolte populaire sans précédent qui se déroule depuis fin 2025. Un mouvement révolutionnaire violemment réprimé par le pouvoir en place, puisqu’il aurait déjà fait des milliers de morts parmi les manifestants opposants au régime de Téhéran et que des dizaines de milliers de personnes auraient été arrêtées arbitrairement.
C’est dans ce contexte que la Région Île-de-France a tenu à apporter son soutien à la cause du peuple iranien, au cours de cette soirée exceptionnelle, à laquelle la diaspora franco-iranienne a massivement répondu présente.
Nous rendons hommage aux femmes iraniennes qui sont les initiatrices de cette lutte pour renverser un pouvoir despotique. On ne peut pas pleurer les victimes lorsqu’on soutient leurs bourreaux. Nous adressons notre pleine solidarité aux Iraniennes, aux Iraniens et à leur courage sans bornes.
Élisabeth Badinter philosophe et femme de lettres
Toutes nos traditions découlent de la lumière qui nous permet de mener ce combat et de faire tomber l’islam politique. Le peuple fait une révolution salvatrice pour récupérer sa culture et son histoire millénaire.
Mona Jafarian essayiste, auteure et conférencière
Prises de parole et tables rondes
Organisée autour de prises de parole et de tables rondes thématiques auxquelles participaient de grands témoins de la cause iranienne, la soirée a également permis de proposer un point détaillé sur la situation actuelle en Iran, où l’ensemble des communications et des accès à Internet sont coupés depuis le début du mois de janvier 2026.
Le défaitisme n'a jamais rendu les peuples libres.
Richard Malka avocat
Au terme de cette soirée de soutien, la Région Île-de-France a annoncé, par la voix de sa présidente, qu'une motion de soutien au peuple iranien sera à l'ordre du jour de la prochaine séance du Conseil régional, le 29 janvier 2026.
Valérie Pécresse a également demandé que la France classe les Gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste, et que le Conseil de sécurité de l'ONU saisisse la Cour pénale internationale des crimes de masse commis par le gouvernement iranien.
Déjà en septembre 2022, alors que la répression violente du combat des femmes iraniennes avait fait plusieurs centaines de morts dans le pays, la Région Île-de-France s’était engagée pour défendre les droits des Iraniennes et plus largement la liberté de la population.