devoir de mémoire Le 26 mars 2026, près de 600 lycéens d’Île-de-France se sont donnés rendez-vous au siège de la Région, à Saint-Ouen (93), pour partager le fruit d’un voyage marquant : des créations graphiques, inspirées par la visite du camp d’Auschwitz-Birkenau (Pologne) pendant leur année scolaire. Un moment fort, où le devoir de mémoire prend vie de manière artistique. Découvrez leurs œuvres et leurs témoignages.
Chaque année, la Région Île-de-France propose des voyages d’études à environ 500 lycéens et apprentis franciliens, pour visiter le camp d’Auschwitz-Birkenau en Pologne lors d'un projet pédagogique et de devoir de mémoire.
En 26 ans, ce sont 83 journées de visite qui ont été organisées, permettant à plus de 12 000 élèves de 627 établissements franciliens de découvrir la terrible réalité des camps de concentration et d'extermination, avec l'objectif de produire un témoignage de cette expérience face au devoir mémoire.
À Auschwitz-Birkenau, des voyages pour ne jamais oublier
Organisés en partenariat avec le Mémorial de la Shoah, ces voyages jouent un rôle essentiel dans la transmission de la mémoire auprès des jeunes Franciliens.
La visite des camps d’Auschwitz-Birkenau s’inscrit pleinement dans le travail de mémoire autour de l’histoire de la Shoah. À leur retour, les lycéens choisissent un thème et conçoivent un panneau à travers lequel ils traduisent, en mots et en images, ce qu’ils ont vu, ressenti et compris au cours de ce voyage.
Accompagnés de leurs enseignants et avec le soutien du Mémorial de la Shoah, ils élaborent ces créations collectives, mêlant souvenirs personnels, photographies et connaissances historiques.
Ces travaux rendent hommage aux 76 000 Juifs déportés de France pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils constituent une tentative sensible et réfléchie de représenter, à leur manière, la réalité des camps de concentration pendant la guerre.
Le devoir de mémoire au lycée : témoignages
Mia, élève au lycée Condorcet de Limay (78)
« Notre visite sur le camp d’Auschwitz-Birkenau a donné lieu a un grand travail en commun sur la base du volontariat, grâce à nos professeurs qui étaient très impliqués. Cela nous a énormément appris. Nous avons ressenti beaucoup d’émotions différentes. C’est très impressionnant, et même sur place, on ne se rend pas vraiment compte qu’on y est vraiment. Il y a des passages très compliqués durant la visite comme lorsque l’on voit les affaires personnelles des gens qui ont été déportés. C’est très dur émotionnellement. Mais c’était très important pour nous d’y aller et de perpétuer une forme de témoignage, c’est ce que nous avons voulu transmettre au travers de notre fresque. Pour faire ces panneaux, nous nous sommes beaucoup investis, notamment après les cours pour ce travail en commun. Nous avons mis en commun notre ressenti, nos textes et nos photos. »
Helin, élève au lycée Galilée de Combs-la-Ville (77)
« Ce voyage était incroyable, c’est comme si on voyait nos cours d’histoire dans la vraie vie. C’était vraiment très marquant et touchant d’être nous-même dans ces lieux. Le moment dont je me souviens le plus, c’est lorsque nous sommes rentrés dans l'une des salles où il y avait les chaussures des déportés, des cheveux… Cela fait vraiment de la peine. Pour réaliser notre panneau, nous sommes répartis en 3 groupes thématiques : la mémoire, les conditions de travail et "Pitchipoï", qui est l’endroit que les juifs appelaient l’inconnu. Nous avons également pu faire une visio-conférence avec Ginette Kolinka, une rescapée du camp d’Auschwitz. À la fin de l’échange, nous l’avons applaudie, mais elle a répondu que c’était elle qui devait nous applaudir car c’était nous qui allions transmettre la mémoire. Nous avons donc placé une photo d’elle tout en haut de notre fresque. »
Thierry Noé, professeur d’histoire au lycée du Parc des Loges, à Évry-Courcouronnes (91)
« Notre projet a impliqué une centaine d’élèves de première, seconde et terminale. Ce type de travail, et notamment ce voyage Auschwitz-Birkenau sont absolument essentiels. Quand on arrive là-bas, concrètement il n’y a rien, mais il y a une manière de faire parler l’invisible qui est remarquable, une incarnation d’un pan de l’histoire. Même si cette période peut paraître lointaine, en réalité pour les élèves c’est assez proche car les programmes scolaires au lycée traitent beaucoup de la Deuxième guerre mondiale et de la Shoah en particulier. Ce type d’initiative permet vraiment d’incarner les événements de façon très forte. Il y a toujours ce risque de l’éloignement du temps et de la banalisation. Ce type de projet permet d’éviter cela. »
Découvrez les 32 panneaux des lycéens et apprentis franciliens
Les actions de la Région pour le devoir de mémoire et la citoyenneté
En marge du voyage d'études de 4 jours consacré à la visite du complexe d'Auschwitz-Birkenau et de l'ancien quartier juif de Cracovie, plusieurs actions sont proposées par la Région aux lycéens, au sein de leur établissement ou en dehors :
- Des visites du Mémorial de la Shoah à Paris, accompagnées de débats et de travaux sur des documents.
- Des parcours de mémoire en Île-de-France : Mémorial de la Shoah, Drancy, le Mont Valérien.
- La mise à disposition d’expositions itinérantes, dont celles réunissant les créations graphiques inspirées aux jeunes ayant visité le camp d'Auschwitz-Birkenau.
- Un cycle de projections de films sur la Seconde Guerre mondiale, accompagné de débats avec des témoins, cinéastes ou historiens.
- Des parcours de mémoire en dehors de l'Île-de-France : visite de l’ancien camp de Pithiviers (45) sur les enjeux des lieux de mémoire au XXIe siècle, ateliers pédagogiques au Musée-Mémorial des enfants du Vel' d’Hiv' à Orléans (45)...
- Sensibilisation des professeurs et chefs d’établissement à l’enseignement de la laïcité et des valeurs de la République, de l’histoire de la Shoah et des génocides, aux ressorts du racisme, de l’antisémitisme et l’histoire du complotisme.
- Des ateliers de citoyenneté afin de développer le sens critique des lycéens sur la prévention de la radicalisation.
- Un projet de concours intitulé « Caricature & Démocratie » qui propose aux lycéens franciliens de devenir acteurs et de prendre le crayon pour se livrer eux-mêmes à l’exercice du caricaturiste. Avec cette opération, la Région Île-de-France réaffirme son engagement profond en faveur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression et de caricaturer.