Publié le 16 juin 2022

La Région se mobilise contre les dangers du porno pour les jeunes

Crédit photo : Région Île-de-France

Alors que les mineurs ont de plus en plus accès au porno en ligne, la Région et ses partenaires lancent, auprès d'eux, de leurs familles et du personnel éducatif, une campagne de sensibilisation aux dangers de cette exposition : banalisation de la violence, dégradation de l’image de la femme, image faussée des relations sexuelles, impact sur le développement psychique...

Facilitée par la généralisation des smartphones chez les jeunes et le contrôle insuffisant de l'âge réel des utilisateurs des sites pornographiques, l’exposition des mineurs à des contenus illicites a explosé.

Face à cette situation et aux dangers qu’elle implique pour les jeunes, la Région se mobilise avec ses partenaires : 

Ensemble, autour du message « Le porno, c'est pas la réf », ils lancent une campagne de sensibilisation aux risques de l'accès des mineurs à la pornographie, avec 3 cibles :

  • Les adolescents,
  • Leurs parents,
  • L'écosystème éducatif.

L'élément clef de cette campagne est le compte Instagram @pas_la_ref, qui a vu le jour au début de l'année 2022.

    « Le porno, c'est pas la réf » sur Instagram

    Le compte Instagram @pas_la_ref, lancé par la Région, a pour objectifs de :

    • Rappeler la loi,
    • Prévenir des dangers de la pornographie chez les jeunes,
    • Sensibiliser à la fois les adolescents, les parents et le personnel éducatif.

    Pour cela, il propose des contenus à la fois ludiques et éducatifs sur l’estime de soi, les rapports amoureux et les dangers du porno.

    N’hésitez pas à le suivre et le partager autour de vous !

    Une consommation de porno en hausse chez les mineurs

    Malgré un cadre législatif strict, les contenus pornographiques sont quasiment en accès libre sur Internet. Et lors du premier confinement, au printemps 2020, une explosion de la consultation de ce type de contenus par le jeune public a été constatée.

    Pour mieux comprendre ce phénomène et y faire face, la Région et le think tank VersLeHaut ont fait réaliser une étude au début de l’été 2020 par l'institut Opinion Way auprès de 250 jeunes représentatifs de la population francilienne.

    En voici les chiffres marquants :

    • 46% des jeunes de moins de 17 ans ont déjà été confrontés au porno,
    • 27% des jeunes consomment des contenus pornographiques régulièrement,
    • 53% des jeunes expliquent cette consommation par l’envie d’apprendre,
    • 91% des jeunes se définissant comme consommateurs réguliers le font via leur smartphone,
    • 10 ans, c’est l’âge moyen de la première exposition à du contenu pornographique,
    • 89% des jeunes considèrent qu’il est facile d’accéder à du contenu pornographique.

    Des contenus trop facilement accessibles

    La loi française en matière de diffusion de contenus pornographiques est stricte et interdit que ceux-ci soient accessibles aux mineurs. La réalité est toute autre puisqu’il n’a jamais été aussi facile de consulter les sites qui en proposent gratuitement. Un simple clic indiquant que l’on est majeur suffit pour se trouver confronté aux contenus. Afin de protéger les mineurs, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a saisi la justice au début de l'année 2022 et demandé le blocage de 5 sites pornographiques sommés d’empêcher de façon effective l’accès de leurs contenus aux mineurs.

    De son côté, l’étude menée en 2020 montre que la consommation de porno ne relève pas forcément d’une démarche volontaire de la part des jeunes : les images peuvent apparaître sans avoir été sollicitées via des pop-up, des publicités ou tout simplement sur les réseaux sociaux.

    Par ailleurs, les jeunes peuvent être exposés à des contenus choquants par l’intermédiaires de leurs camarades. La généralisation du smartphone chez les adolescents s’est accompagnée d’une baisse significative du contrôle de leur activité en ligne. Pourtant existantes, les solutions de contrôle parental sont trop peu utilisées en raison d’une méconnaissance des adultes sur l’existence de ces outils ou de leur paramétrage.

    Des conséquences graves sur les adolescents

    Accessibles aisément en quelques clics sur n’importe quel smartphone, les contenus pornographiques sont devenus un vecteur d’éducation sexuelle pour de nombreux jeunes, favorisant ainsi une vision déformée des relations amoureuses. Cette exposition précoce à des contenus pour adultes banalise des actes de violence, de domination de la femme et d’exacerbation de la virilité. 

    Ces images peuvent provoquer un dérèglement psychique chez les jeunes qui prennent en référence la pornographie pour la construction de leur propre vie sexuelle à venir. De plus, en véhiculant des standards physiques artificiels, le porno peut créer chez les adolescents, notamment chez les jeunes filles, une norme fictive affectant leur estime de soi.

    En termes de prévention, là encore, l’exemple du porno n’est pas à suivre. En effet, la majorité des films pornographiques se dispensent de tout message de prévention sur les maladies et infections sexuellement transmissibles et présentent quasiment systématiquement des rapports sexuels non protégés. Face à l'ampleur de ce problème et de ses conséquences sur les jeunes, il est temps d'agir !