solidarité Ouvrir une maison d’accueil dédiée aux femmes SDF, c’était une des propositions phares d’Élina Dumont, qui a fait elle-même l'expérience de la rue, dans un rapport commandé par la Région. C’est chose faite depuis le 24 novembre 2020 dans le quartier des Batignolles, à Paris, en partenariat avec l'association Aurore.

Selon l’association Aurore, les femmes à la rue représentent aujourd’hui 12% des sans-abri à Paris.

Dans le cadre du programme Région solidaire, la Région Île-de-France a décidé d’ouvrir, dès cet hiver, dans le quartier des Batignolles (Paris 17e), une première Maison régionale des femmes réservée à ces femmes vulnérables.

Ouvert depuis le 24 novembre 2020, ce lieu d’hébergement, de soins et de resocialisation à long terme dispose de 51 chambres offrant 95 places pour des femmes en grande difficulté, victimes de violences conjugales, sortant de maternité, désocialisées, vivant dans le métro ou en rupture d’hébergement.

Une 3e Maison Région Solidaire pour les femmes sans-abri 

Cette Maison régionale des femmes aux Batignolles est la 3e de ce type en Île-de-France, après celles de Clichy-la-Garenne (92) et d’Issy-les-Moulineaux (92), ouvertes en 2019 pour les sans-abri du métro. 

La Région finance la moitié du projet à hauteur de 1,2 million d’euros.

Un accompagnement global orchestré par l’association Aurore 

Dans cette nouvelle Maison régionale des femmes (voir encadré), l’association Aurore vient en aide aux femmes isolées qui y sont orientées. Plus qu’un accueil d’urgence, elle leur propose un véritable parcours de réinsertion, sur le terrain social, administratif, sanitaire mais aussi juridique et professionnel. L’objectif est de leur redonner confiance, à travers la construction d'un projet de vie et un retour à l’autonomie.

Répondre aux besoins spécifiques des femmes à la rue 

Les femmes accueillies vont pouvoir bénéficier de soins psychiques, de groupes de parole, d’un soutien psychologique, d’une prévention santé spécifique (planning familial, addictions, prostitution…), de remises à niveau, de formations mais aussi de soins du corps, d’ateliers d’art thérapie. 

Pour accueillir, héberger, soigner et accompagner ces femmes, 3 travailleurs sociaux vont s’appuyer sur un contrat d’accompagnement autour des problématiques individuelles, des droits sociaux, de l’accès à des soins spécifiques, du relogement. Ils sont épaulés par 12 personnels en charge de l’hygiène, de la sécurité et des repas, pour organiser la vie commune.

L’émancipation : la clé pour se reconstruire  

Pour dépasser l’isolement, stabiliser les situations de chacune et permettre une sortie positive, l’émancipation est un enjeu central. L’association Aurore travaille sur l’estime de soin avec un réseau d’entreprises comme L’Oréal, sur l'expression scénique avec L’atelier des  « Simone » ou encore  sur l'accès à la culture avec la Réunion des Musées nationaux. 

Une Maison régionale des femmes recommandée par Élina Dumont 

Pour aider les femmes qui vivent dans la rue à se réinsérer, Élina Dumont, qui a longtemps été confrontée à ces difficultés, a listé 29 recommandations, dans son rapport présenté à la Région le 16 octobre 2020. La Région a décidé d'en mettre en œuvre rapidement 2 : ouvrir une Maison régionale des femmes à Paris, ce qui est chose faite, et distribuer davantage de kits d'hygiène.

Femmes à la rue - état des lieux et recommandations

Téléchargez le rapport de mission d'Élina Dumont consacré aux femmes à la rue.

 

2e recommandation approuvée : la distribution de kits d’hygiène 

À ce sujet, la Région va intensifier l'accompagnement des associations qui distribuent sur le terrain des protections et produits d'hygiène aux femmes en situation de précarité. En juillet 2020, la Région a par exemple accordé 30.000 euros à l’Agence du don en nature, ce qui a permis de procurer cet été 5.000 kits d’hygiène (protections périodiques, gel hydroalcoolique, shampoing...) à des associations.

Précarité menstruelle : 40.000 femmes concernées 

Selon les chiffres 2012 de l’Insee, 40.000 femmes sans-abri sont concernées par la précarité menstruelle, un enjeu de dignité humaine et de santé publique. Ces femmes renoncent souvent aux protections hygiéniques (un coût de 10 euros par mois minimum) ou utilisent des protections de fortune qui ont des conséquences gynécologiques graves.

Soutien aux femmes victimes de violences 

La Région continue par ailleurs d'accompagner au quotidien les femmes victimes de violence en Île-de-France :

  • Accès aux logements sociaux,
  • Sécurisation des transports,
  • Arrêts de bus à la demande…

Elle soutient aussi les associations qui les accompagnent, les orientent et les aident à s’insérer :

  • Prise en charge de parcours judiciaires,
  • Lutte contre les mariages forcés, les viols, le proxénétisme…

Pour aller plus loin

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