12 novembre 2018

Des lycéens ont commémoré le centenaire de l’Armistice au musée de la Grande Guerre

Des élèves de lycées franciliens, dont une vingtaine de Morangis, et des membres du Conseil régional des jeunes, étaient parmi les visiteurs du musée de la Grande Guerre de Meaux, lors de son ouverture exceptionnelle le 11 novembre 2018. Reportage.

Ils s’appellent Coralie, Naomie, Catarina, Asmaa, Quentin, Gaël, Nor Alden et sont élèves du lycée Marguerite-Yourcenar ou collégiens à Morangis (91). Accompagnés de trois enseignants et de leur proviseur, ils ont vécu le centenaire de la signature de l’Armistice au musée de la Grande Guerre de Meaux (77), un site historique où s’est déroulée la terrible bataille de la Marne.

« Ça devait être horrible »

Guerre, mort, armes, tranchées... Comme une centaine de lycéens franciliens, des membres du Conseil régional des jeunes (CRJ) et plus de 9.000 visiteurs, ces jeunes ont découvert, à travers plus de 65.000 pièces de collection, rassemblées en partie par l’historien passionné Jean-Pierre Verney, le terrible destin des millions de soldats français, étrangers et des civils qui ont vécu et péri lors du conflit. « Mourir, tué par une baïonnette, ça devait être horrible », s’imagine Quentin.

Dans la longue file d’attente qui mène au célèbre musée de la Grande Guerre de Meaux, les élèves du lycée Marguerite-Yourcenar restent attentifs et enthousiastes. Les portes ne sont pas encore franchies que les premières questions arrivent : « Monsieur, il y a eu combien de morts pendant la Première Guerre mondiale ? » Patrick Martin, leur proviseur, donne en réponse un nombre terrible : « Presque 19 millions. » Peut-on s’imaginer à 16 ou 17 ans l’ampleur d’un tel conflit quand on grandit dans une Europe en paix ?

Scènes reconstituées et documents historiques au musée de la Grande Guerre

Valérie Pécresse en visite au musée de la Grande Guerre
La présidente de la Région Île-de-France avait fait le déplacement, le 11 novembre 2018, pour rencontrer les lycéens et membres du CRJ présents. « Nous sommes tous émus et bouleversés par ce chemin de mémoire, par ce qu’ont vécu nos grands-parents ici. Meaux, c’est la Grande Guerre, a-t-elle expliqué aux côtés d’Hamina Rezeg, vice-présidente chargée du tourisme, et de Jean-François Copé, maire de Meaux et président de la communauté d’agglomération du Pays de Meaux. Ce musée est un hommage vibrant à nos ancêtres, à tous ceux qui ont fait la France. » La présidente de la Région s’est aussi adressée aux membres du CRJ : « Je compte sur vous pour devenir les ambassadeurs de ce musée, que nous voulons intégrer à un véritable circuit touristique, dans le cadre du programme Paris Region. »

Asmaa a déjà son opinion sur la Grande Guerre. « C’est important d’être ici pour se souvenir, comprendre évidemment et, en même temps, je trouve cette guerre absurde. Beaucoup de soldats ne savaient même pas pourquoi ils se battaient ni pourquoi ils mouraient.  »

Les visiteurs peuvent essayer d'imaginer ce que ces combattants ont vécu grâce aux scènes reconstituées et aux documents historiques que présente le musée.

Dans une première vitrine de la grande nef, les mannequins de soldats en uniforme attirent les regards. Une occasion pour Mme Oukazi, la professeure d’histoire, d’intervenir : « Il y a des êtres vivants qui ont souffert avec les hommes pendant cette guerre : ce sont les chevaux. » Et M. Berhouet, professeur de lettres et d’histoire-géographie, de compléter : « Plus d’un million de chevaux sont morts. »

Avant de découvrir l’ampleur de l’arsenal militaire du début du XXe siècle, les jeunes s’arrêtent quelques instants devant un écran tactile interactif, pour comprendre le rôle et l’implication des tirailleurs venus des quatre coins du monde renforcer les rangs français. Les enseignants leur apprennent que les tirailleurs sénégalais par exemple ont appris à manier un fusil sur le fait, au cœur des combats.

Les fusils, les baïonnettes, les grenades, le gaz, les obus : les armes, de la plus archaïque à la plus sophistiquée, sortent tout droit d’un autre temps mais restent terrifiantes.

Des fusils aux objets de la vie quotidienne

Les lycéens se plongent ensuite dans la vie quotidienne du front et de la société civile pendant la guerre : des milliers d’objets sont regroupés par usage, du simple biscuit à l’appareil photo, en passant par la presse de l'époque. Des trésors de mémoire que les lycéens observent avec curiosité et attention.

Le proviseur explique au groupe le rôle des femmes en temps de guerre et l’obtention du droit de vote des citoyennes britanniques dès 1918. Un bénévole en tenue de soldat américain s’approche et prend le relais. Il détaille son attirail jusqu’aux sous-vêtements en laine qui permettaient au soldat de se protéger du froid. Une rencontre qui captive l’auditoire.

Le musée de la Grande Guerre se vide peu à peu. Les visiteurs sont invités à assister, à l’extérieur, au spectacle Horizons, une commémoration en lumière et en musique, à laquelle les lycéens assisteront. La pluie s’est elle aussi invitée. Elle n’aura pas terni l’émotion collective. La communion et le souvenir sont les vainqueurs du jour.