Viva technology 10 ans de VivaTech et toujours la même énergie qui électrise les halls de Paris Expo Porte de Versailles. Pour cette édition anniversaire, du 17 au 20 juin 2026, la Région est, comme depuis le 1er salon, au cœur de l'action avec 20 start-up sur son stand et des annonces majeures en matière de politique d’innovation.
D'ailleurs, ne manquez pas la dernière journée, samedi 20 juin 2026, réservée au grand public !
Flux ininterrompu de visiteurs badges autour du cou, regards en alerte, cartes de visite qui s'échangent à la volée, 15 000 startups, 4 200 exposants, 60 pavillons nationaux… Pour ses 10 ans, VivaTech a a vu les choses en grand. Dans ce capharnaüm organisé avec soin, comme chaque année, le Pavillon de la Région Île-de-France, et son contingent de start-up, fleurons de l’innovation francilienne, a fait le plein.
10 ans d’innovation francilienne à Viva Tech
Partenaire de VivaTech depuis l'origine, la Région est présente à chaque édition avec son lot de start-up bénéficiaires d'aides régionales ou installées au Perqo, l'incubateur régional à impact.
Ces 10 années de présence racontent une histoire. Celle d'une Région qui a fait le pari dès 2016, quand personne ne savait encore le succès que rencontrerait ce salon, de mettre l'innovation au cœur de sa stratégie économique.
Depuis, les dispositifs se sont étoffés, les lauréats se sont multipliés, et le Pavillon Île-de-France de VivaTech est devenu un passage incontournable pour quiconque veut prendre le pouls de la tech francilienne.
Cette année, les 20 entreprises accompagnées par la Région incarnaient la vitalité et la diversité de l'écosystème francilien. Intelligence artificielle, santé, transition énergétique, industries créatives : autant d'illustrations de la variété et de la puissance des start-up franciliennes en matière d'innovation.
Le futur se dévoile sur le Pavillon de l'Île-de-France
Sur le stand francilien, le futur de la tech prenait des formes très concrètes. Alice & Bob y présentait ses avancées sur l'ordinateur quantique universel, une technologie qui, selon Philippe Muller, son responsable commercial, s'apprête à provoquer la prochaine grande révolution économique mondiale, après l'IA. « À chaque révolution dans les technologies de l'information, une valeur économique considérable a été créée. L'IA a démarré sa forte croissance en 2010. Le quantique, lui, démarre maintenant », nous promet-il. À quelques mètres, Aqora proposait une tout autre entrée dans l'univers quantique : une plateforme communautaire open source permettant aux chercheurs et aux entreprises de partager des algorithmes quantiques et de tester leur viabilité sur des cas concrets via des hackathons.
VivaTech 2026 : à la rencontre des innovateurs Franciliens
5 annonces pour conforter le leadership francilien en matière d'innovation
VivaTech n'est pas seulement un salon de démonstration. C'est aussi une scène sur laquelle se décide les grandes orientations du secteur de la tech et de l’innovation. La Région a ainsi profité de l’occasion pour annoncer 5 initiatives majeures avec l'ambition de faire de l'Île-de-France le territoire de référence pour la souveraineté technologique et industrielle en Europe.
1 - La Maison du quantique
Première annonce, et symbole fort : la création de la Maison du quantique. Vitrine de l'écosystème du quantique francilien, ce lieu totem a vocation à promouvoir la filière, accélérer les projets et faire rayonner le territoire à l'international. Un espace où chercheurs, investisseurs et entrepreneurs du monde entier pourront trouver ce que l'Île-de-France a de mieux à offrir. Et ce n'est pas peu dire : le territoire abrite déjà 4 des pionniers mondiaux de l'informatique quantique : Alice & Bob, Quandela, Pasqal et C12. « Ce lab de 4 000 m², c'est l'exemple emblématique de ce que notre partenariat avec la Région peut produire, résume Philippe Muller d'Alice & Bob. C'est une belle success story. ».
2 - Des chercheurs réfugiés de la science accueillis à Paris-Saclay
Lancé en mars 2026, le programme « Réfugiés de la science » a accueilli ses 4 premiers lauréats. Objectif : offrir à des chercheurs de très haut niveau, venus de pays où la liberté scientifique est menacée, les conditions nécessaires pour poursuivre leurs travaux en Île-de-France, avec une aide de 30 000 euros à l'installation. Les 4 premiers bénéficiaires arrivent tous des États-Unis et rejoignent des laboratoires franciliens de premier plan : le Laboratoire d'optique appliquée de l'IP Paris, l'IHES à Paris-Saclay, le CNRS au Laboratoire de physique des solides, et le laboratoire Imagine de l'hôpital Necker.
3 - Une chaîne de valeur souveraine pour l'IA
Autre annonce : la signature d'un partenariat entre la Région, le fournisseur cloud français Scaleway, le fabricant de puces francilien VSORA et l'éditeur de logiciels ZML. L'objectif ? Bâtir, de la puce au cloud, une chaîne de valeur entièrement française pour l'intelligence artificielle et donner aux entreprises et chercheurs franciliens des capacités de calcul souveraines et de haute performance.
4 - La création d'une stratégie régionale pour les datacenters
Quatrième annonce : l'Île-de-France devient la toute première région à se doter d'une stratégie régionale sur l'implantation des datacenters. Car si l'explosion des besoins liés à l'IA rend ces infrastructures indispensables à la souveraineté numérique, leur développement ne peut se faire sans conditions. La Région entend accompagner les projets exemplaires sur le plan environnemental et soucieux de la préservation du foncier économique destiné à la réindustrialisation. Cette stratégie sera votée lors de la séance plénière du Conseil régional le 25 juin prochain.
5 - Une chaire pour anticiper l'IA et ses effets sur le travail
Enfin, la Région a annoncé son soutien au lancement de la chaire « IA, impact et innovation », confiée à l'économiste Antonin Bergeaud et portée par HEC Paris au sein de l'écosystème Hi! PARIS. Ses travaux viseront à mieux comprendre les effets de l'IA sur l'emploi, les compétences et la productivité, pour éclairer les choix des entreprises comme des décideurs publics.
L'IA irriguait l'ensemble du stand. Prométhée Earth Intelligence mobilise images satellites et données open source pour produire des renseignements géospatiaux fiables utilisés notamment pour la lutte contre la pêche illicite, la surveillance des frontières ou la détection de l'orpaillage illégal. « Ce qui nous différencie, c'est qu'on ne s'appuie pas sur une boîte noire, explique Dorian Larouzière, ingénieur IA. On reproduit la méthodologie d'un analyste expert, son raisonnement et on l'accélère grâce à l'IA ». Non loin, VSORA présentait sa nouvelle génération de processeurs , optimisés pour les infrastructures cloud et les datacenters. Une réponse directe aux enjeux d'indépendance numérique.
Sur place, des innovations plus inattendues, mais tout aussi importantes étaient présentées. Luniwave par exemple réinvente l'expérience hôtelière par la responsabilité : sa plateforme incite les clients à adopter des comportements durables grâce à un système de récompenses. « On valorise les bons comportements plutôt que de punir les mauvais, résume Léonard Grynfogel, co-fondateur. On arrive à réduire de 30 à 40% l'impact environnemental du secteur touristique ».
Light-Dec, une entreprise créée il y a un an à peine, présentait une solution pour rendre l'apprentissage du prototypage et de l'électronique plus accessible; grâce notamment à l'IA. Et repartait de VivaTech avec des étoiles plein les yeux : « Il y a un an, on n'avait rien. Maintenant, on a un produit, on a levé des fonds et on est à VivaTech. Je ne m'y attendais pas », se félicite Nikolai Birolini, l'ingénieur logiciel derrière la technologie Light-Dec.
Les start-up présentes ont toutes bénéficié d'aides régionales diverses (Innov'up, Fonds IDF Réindustrialisation, incubation au Perqo...). Autant d'instruments que la Région mobilise pour que les idées deviennent des entreprises, et les entreprises des réussites. « La Région nous a vraiment aidés à passer un cap, explique Léonard Grynfogel. Le contact avec d'autres entreprises, les formations, l'accès à un réseau... sans ça, on ne serait pas là où on en est aujourd'hui ».
Une décennie d'investissement régional
Derrière l'effervescence du salon, VivaTech 2026 a aussi été l'occasion de dresser le bilan de 10 ans d'engagement régional en faveur de l'innovation :
- Plus de 600 millions d'euros investis par la Région et ses partenaires depuis 2016 dans le soutien à l'innovation ;
- Plus de 2 800 projets Innov'up financés à hauteur de 370 millions d'euros ;
- 350 lauréats Innov'up Leader ayant bénéficié de 120 millions d'euros ;
- 35 grands projets de R&D soutenus à hauteur de 48 millions d'euros.
Résultat : l'Île-de-France figure désormais parmi les 5 premières régions européennes en intensité d'innovation, aux côtés de Stockholm, Munich, Copenhague et Helsinki.
10 ans, et après ?
C'est la question qu'on a posée à chaque entrepreneur croisé sur le stand. Et les réponses, sans se concerter, dessinaient une même trajectoire. « Je pense qu'on parlera beaucoup de quantique », anticipe Léonard Grynfogel de Luniwave. « Le quantique. Tout simplement », tranche Philippe Muller, d'Alice & Bob, convaincu que cette technologie connaîtra la même bascule que l'IA a connue en 2010. Du côté de Prométhée Earth Intelligence, Dorian Larouzière imagine une IA d'un genre nouveau avec des modèles qui ne se contentent plus de prédire statistiquement, mais qui « comprennent vraiment le monde et raisonnent » pour mieux y agir.
Quantique, IA incarnée, hardware : ces technologies, qui semblent aujourd'hui réservées aux laboratoires et aux pitchs de start-up, seront probablement aussi banales dans 10 ans que l'est l'intelligence artificielle générative aujourd'hui. Et une chose ne changera pas : l'Île-de-France sera au rendez-vous de ces innovations, comme elle l'était il y a 10 ans.
Le quantique en une minute
L'informatique classique traite l'information en bits (0 ou 1). L'informatique quantique quant à elle utilise des qubits, capables d'être 0, 1, ou une superposition des deux à la fois. Combinée à un autre phénomène, l'intrication, cette propriété permet d'explorer un nombre gigantesque de possibilités en parallèle, là où un ordinateur classique les teste une par une.
Résultat : pour certains problèmes très spécifiques (simuler le comportement de molécules, optimiser des milliers de variables simultanément, casser certains types de cryptographie...), un ordinateur quantique pourra résoudre en quelques minutes ce qui prendrait des années à un supercalculateur classique.