Patrimoine rural Sur la commune de Montfermeil, à l’est de la Seine-Saint-Denis, s’élève le Moulin Sempin, imposant moulin à vent encore en état de marche. Découvrez son histoire.
Initialement désigné sous le nom de « Moulin de la Tour », « Moulin aux Cailloux » ou « Moulin du Château », ce moulin à vent de 8 m de diamètre et de 17,15 m de hauteur fut élevé en 1742 à l’initiative de Jean Hyacinthe Hocquart, seigneur de Montfermeil, en remplacement d’un premier moulin, également à vent, élevé en 1575.
Vendu comme bien national en l’An II (1793-1794), il passe entre plusieurs mains jusqu’à son rachat en 1831 par la famille Hocquart qui, après réparation, en maintient l’activité jusqu’à la fin des années 1840.
Reçu en héritage par le comte Nicolaï, le moulin est alors laissé à l’abandon, concurrencé par l’exploitation d’un moulin à cage construit à proximité, et plus largement par l’essor de la minoterie moderne « à l’anglaise » puis « à la hongroise ».
En 1894, il sert ponctuellement d’observatoire durant les Manœuvres de forteresse, avant que l’ensemble du domaine ne soit vendu pour construire les lotissements de Franceville et des Coudreaux. Le moulin sert alors de guinguette, sous le nom de « Moulin de la Galette », avant d’être une nouvelle fois abandonné durant la Grande Guerre.
Menacé par l’exploitation des carrières de glaise et de gypse de l’Union des Entrepreneurs, il fait l’objet, durant les « Trente Glorieuses », d’une lutte patrimoniale jusqu’à son acquisition par la municipalité en 1971. Fondée en 1976, l’Association de Sauvegarde du Moulin de Montfermeil conduit les travaux de restauration à partir de 1978. En 1986, afin d’éviter un effondrement fatal dû aux carrières, il est déplacé de 140 m. Il est alors rebaptisé « Moulin du Sempin », du nom des carrières du Sempin.
Ce moulin-tour est construit en moellons de gypse et rognons de silex. Les travaux commencés en 1986 ont permis de restituer sa charpente, sa toiture, ainsi que sa calotte orientable dans le sens du vent ; l’ouverture et la fermeture des ailes – longues de 11,20 m couvrant 80 m² et tournant à 15 t/mn – est assurée par le système Breton (ailes à portance réglable depuis l’intérieur par un mécanisme central). À l’intérieur, un diagramme de mouture complet, disposant de deux paires de meules, a été reconstitué.
Il s’agit du dernier moulin à vent de Montfermeil et de ses alentours ; il peut produire jusqu’à 140 tonnes de farine par an.
La maison du meunier est désormais reconvertie en espace d’exposition ouvert au public.