Publié le 6 mai 2019
Mis à jour le

La lutte contre l’homophobie, une priorité pour la Région solidaire

Crédit photo : istock_dean_shim

Le 17 mai est la Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie. Retour sur les actions mises en place par la Région, notamment avec les associations, afin de lutter contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle ou à l’identité de genre.

L’Île-de-France est la 1re région signataire de la charte de l’engagement LGBT+ de l'association l'Autre Cercle.

Cette charte regroupe les bonnes pratiques à mettre en œuvre dans la gestion de ses ressources humaines afin de lutter contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle. Cet engagement a été confirmé lors de la séance du Conseil régional du 1er juin 2018, avec l’adoption d’un vœu formulé par la Présidente, au sujet de la dépénalisation universelle de l’homosexualité.

La Région Île-de-France est fortement engagée dans la lutte contre les discriminations. C’est à ce titre qu’elle porte une action et plurielle en matière de lutte contre les LGBTphobies, tant en qualité d’employeur qu’au travers des politiques publiques qu’elle met en place. 

Prévenir et sensibiliser les jeunes aux LGBTphobies

La Région soutient les associations et structures œuvrant en faveur de la sensibilisation et de la prévention des LGBTphobies, notamment auprès des jeunes. L’objectif de la Région est de favoriser l’acceptation des différences, les attitudes inclusives et le vivre ensemble, et de contribuer à déconstruire les stéréotypes à l’origine des discriminations.

  •  Île-de-France Prévention Santé Sida, coordinateur de la lutte contre l’homophobie et la sérophobie dans les lycées d’Île-de-France et les CFA

En relation avec les rectorats, Île-de-France Prévention Santé Sida intervient dans les établissements scolaires et d’apprentissage franciliens. L’organisme associé de la Région Île-de-France conçoit et coordonne des actions de lutte contre les discriminations et invite les jeunes, lors de ses animations, à développer leur sens critique. Il propose également une sélection d’outils pour aborder l’homosexualité et prévenir l’homophobie auprès des adolescents, en général en classe de seconde.

Plus globalement, lors d’une animation, Île-de-France Prévention Santé Sida aborde les thématiques de la vie affective et sexuelle, les discriminations, le sexisme ou encore l’égalité femmes-hommes.
Au total, près de 1,2 million d’euros du budget global de fonctionnement d’Île-de-France Prévention Santé Sida est consacré aux actions de sensibilisation sensibilisation et de lutte contre les discriminations, de santé des jeunes, contre les LGBTphobies et la prévention sida dans les lycées et via le « Bus Information Prévention », permettant de toucher près de 120 000 adolescents par an.

  •  Les têtes de réseaux associatives mobilisées contre les LGBTphobies 

La Région soutient aussi les têtes de réseaux associatives qui développent des actions de sensibilisation et de prévention auprès du jeune public sur le territoire francilien. Comme Animafac, le réseau d'associations étudiantes, qui met en place des outils de lutte contre les discriminations anti-LGBTQI+ auprès des étudiants franciliens. Cette action pluriannuelle auprès des 150 associations adhérentes du réseau Animafac consiste en la réalisation d’un état des lieux des discriminations LGBTQI+ dans les universités, la mise en place d’un kit de sensibilisation et une exposition itinérante pour les facs d’Île-de-France. Une subvention de 30.000 euros a été dédiée à cette action en 2019.
Par ailleurs, Île-de-France Prévention Santé Sida, en partenariat avec le Caelif (Collectif des associations étudiantes LGBT d'Île-de-France), a lancé une campagne d’information et de communication sur les discriminations subies par les personnes LGBT, intitulée « Queer ». Sur la base du travail de Quentin Houdas, six visuels issus de la série « Queer », représentant une diversité de profils et abordant une pluralité de thématiques ont été publiées au format affiche (2.100 exemplaires) et carte postale (78.000 exemplaires). 

Enfin, l’association Les Petits Débrouillards, dotée de 2 bus, sillonne la Région Île-de-France, en milieu rural comme dans les quartiers populaires, et développe des actions de promotion de la citoyenneté et de lutte contre les discriminations. Son exposition itinérante « Sexothèque » est ainsi consacrée à la question de l’orientation, de l’identité sexuelle et de la vie affective.

  • La mobilisation du Conseil régional des jeunes 

Le Conseil régional des jeunes (CRJ) a toujours été force de proposition pour lutter contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre. Les jeunes du CRJ mènent des actions aux côtés de partenaires comme Île-de-France Prévention Santé Sida ou encore l’Inter-LGBT.

Sensibiliser le grand public et accompagner les professionnels

Si la Région Île-de-France juge la sensibilisation des jeunes prioritaire, des actions de communication à plus grande échelle visent à mieux informer le grand public sur les discriminations subies par les personnes LGBT. Parallèlement, l’accompagnement des professionnels de première ligne dans tous secteurs demeure un enjeu important dans la lutte contre les LGBTphobies.

  • Soutien au festival « Solidays » et à la Marche des Fiertés

La Région est le partenaire privilégié de Solidays, le festival majeur de musique solidaire organisé chaque année à l’hippodrome de Longchamp, notamment via une subvention annuelle de 800.000 euros. De plus, depuis 2016, Île-de-France Prévention Santé Sida propose une animation dans le village inter-associatif, ou sous la tente de la Région, abordant les questions de discriminations avec les festivaliers.

La Région participe aussi à la sécurisation  de la « Marche des Fiertés » organisée par  l’Inter-LGBT pour un montant annuel de 25.000 euros. Ce soutien concourt à organiser le podium de fin de la « Marche des Fiertés » afin de lutter contre les discriminations et l'homophobie. Île-de-France Prévention Santé Sida est aussi présent à cet événement pour délivrer des messages de prévention.

  • Soutien au cinéma engagé contre les LGBTphobies 

La Région se tient aux côtés des acteurs engagés dans la lutte contre l’homophobie, à travers une subvention annuelle au festival Chéries-chéris : festival international annuel, centré sur un cinéma traitant d’homosexualité. La Région Île-de-France a aussi soutenu la production de Fiertés, une série de Philippe Faucon, diffusée sur Arte, qui retrace le combat pour les droits des minorités sexuelles en France à travers le récit intime de 3 destins sur 3 générations. Elle a également soutenu le téléfilm Baisers cachés et le documentaire Les Invisibles diffusés sur France 2 en 2017, ainsi que le film 120 Battements par minute, récompensé à Cannes la même année.

  • Organisation d’expositions engagées 

Parce que la culture constitue un axe efficace pour lutter contre les discriminations, et que la parole des personnes concernées doit être entendue, défendue et valorisée, Île-de-France Prévention Santé Sida, en partenariat avec le MAG jeunes LGBT, a publié Bannis, une exposition photographique et de témoignages qui porte sur les parcours de demandeurs et demandeuses d’asile LGBT+ en France.

  • Une campagne de sensibilisation dans les transports
affiche-lutte-homophobie

À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai 2019, Île-de-France Mobilités, la Région Île-de-France, la RATP et la SNCF ont élaboré ensemble une campagne de sensibilisation dans les transports franciliens.

Lutter contre l’homophobie et la sérophobie dans le cadre du grand plan « Île-de-France sans sida »

Les thématiques de lutte contre les LGBTphobies sont largement abordées dans le cadre du plan « Île-de-France sans sida » par certaines structures, notamment SIS Santé Info Animation, Tête à Tête (structure de prévention auprès des jeunes), Sol-en-Si, Espoir ou encore le Mouvement français pour le Planning Familial qui a signé une convention avec la Région. Toutes ces associations sont soutenues par la Région.

Former et accompagner les professionnels en première ligne 

Sur tout le territoire régional, Île-de-France Prévention Santé Sida coordonne des actions de formation destinées à développer les connaissances des professionnels en première ligne sur l’homophobie et à les accompagner dans la mise en place d’actions de prévention à mener notamment dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie du 17 mai.
L’organisme associé de la Région propose un dossier thématique en ligne sur l’homophobie pour actualiser les connaissances et guider l’action des professionnels, ainsi qu’un fonds documentaire de référence sur l’homophobie (rapports, guides…).
Il propose des conseils pour la réalisation d’actions auprès des jeunes (ex : collégiens, étudiants à l’université) ou du grand public (ex : centre social) et propose des outils pédagogiques adaptés.

Par exemple, ce sont :
- 70 professionnels de la restauration qui ont spécifiquement été formés sur la question de la lutte contre les discriminations en 2019. 
- Des journées de formation notamment sur la lutte contre les discriminations sont également proposées depuis deux ans aux formateurs en IFSI (institut de formation en soins infirmiers). Ce dispositif sera complété à partir de septembre 2020 par un dispositif d’e-learning. 
- Plus de 500 étudiants en médecine ont été formés depuis 2018 à la lutte contre les discriminations. Ces étudiants ainsi sensibilisés et formés réalisent des interventions auprès des jeunes collégiens et lycéens dans le cadre de leur service sanitaire.

S’attaquer aux LGBTphobies dans le sport

Le milieu sportif est particulièrement confronté aux discriminations. Aussi, la Région a souhaité inscrire ses politiques sportives dans la lutte contre tout acte LGBTphobe.

  • Signature de conventions pluriannuelles avec le mouvement sportif francilien 

Au travers des modules de formation des éducateurs et dirigeants bénévoles, le CROS Île-de-France (Comité régional olympique et sportif) et les ligues et comités régionaux s’engagent pour la lutte contre toute forme de discriminations dont les LGBTphobies et travaillent sur les stéréotypes pour faire changer les mentalités et favoriser l’intégration et le respect de la différence. La Région Île-de-France apporte son soutien aux actions de formation et de sensibilisation mises en place par ces ligues et comités.

De la même façon, dans le cade des protocoles signés depuis 2018, la Région et 25 fédérations sportives : comme le football, le rugby, le judo, l’athlétisme, le karaté, le tennis, le cyclisme, l’équitation, ou la boxe agissent ensemble pour promouvoir et faire respecter les valeurs de la République, le principe de laïcité, l’égalité femmes-hommes, ainsi que les valeurs d’éthique et de déontologie dans le sport. 

  • Une Charte régionale d’éthique et de déontologie du sport 

En 2018, la Présidente a signé la « Charte éthique et déontologique du sport de la Région Île-de-France », à l'issue du colloque sur la « Lutte contre les violences dans le sport ». Adoptée à l'unanimité par les 73 ligues et comités sportifs régionaux, les acteurs du sport francilien se sont engagés à déployer cette charte auprès des 19.300 clubs d’Île-de-France

- Objectif : faire reculer les nombreuses dérives constatées dans le milieu sportif notamment l’homophobie.
- Méthode : la Charte qui doit être signée par chaque licencié de club est déclinée en 10 engagements à appliquer en toute circonstance. L’engagement n°4 porte sur la lutte contre l’homophobie dans le sport et tous les domaines de la vie.

  • Soutien au rassemblement sportif Paris 2018 - Gay Games

Depuis 1982, les Gay Games réunissent des personnes de tous horizons, sans discrimination, autour des valeurs de diversité, de respect, d’égalité, de solidarité et de partage. En août 2018 à Paris, plus de 10.000 participants, 20.000 accompagnateurs et 75.000 spectateurs se sont retrouvés autour de l’esprit du sport et de la culture, et ont partagé, ensemble, des moments riches en émotions. La Région s’est engagée sur un total de 210.000 euros pour cette édition.

  • Soutien à l’association Mousse

La Région a également aidé l’association Mousse à hauteur de 30.000 euros pour sensibiliser les responsables des milieux sportifs et leur donner les outils pour comprendre l’homophobie et agir contre les actes homophobes. Mais l’action va au-delà, puisqu’elle intègre un accompagnement juridique des victimes d’homophobie et la poursuite de ses actions en justice contre les propos, actes et réglementations homophobes, notamment en milieu sportif. 

Protéger et accompagner les victimes d’actes LGBTphobes 

Engagée dans des actions de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes Franciliens, notamment concernant la vie culturelle et sportive du territoire, la Région se fixe comme mission d’orienter, protéger et accompagner les personnes victimes d’actes LGBTphobes.

Un soutien confirmé aux actions de lutte contre les LGBTphobies 

Depuis 2016, la Région a fait le choix de nouvelles orientations stratégiques en faveur de la lutte contre les discriminations permettant de soutenir des actions qui dépassent la simple sensibilisation au profit, notamment, du testing et de l’accompagnement de poursuites judiciaires. Toutes les formes de discriminations, telles que définies par la loi, sont ainsi visées - LGBTphobies, handicap, sexisme, racisme, etc. - et permettent un champ d’action élargi. 

La Région a accordé 2,1 millions d’euros à 71 associations sur la période 2016-2020 au titre de la lutte contre les discriminations. Dont 1,1 million d'euros voté en faveur des associations luttant spécifiquement contre les LGBTphobies.

  • Une action novatrice via le dispositif lutte contre les discriminations 

Chaque année, plusieurs actions sont soutenues au titre de l’appel à projets « Soutien régional à la lutte contre les discriminations » afin de sensibiliser le public aux LGBTphobies et d’accompagner les victimes dans les secteurs tels que l’emploi, le logement, la formation ou encore l’atteinte aux biens et aux personnes.
Parmi ces actions : 

- Soutien au MAG JEUNE LGBT en 2019 pour son projet visant à accueillir, soutenir et accompagner les jeunes LGBT, notamment en quartier prioritaire et à lutter contre les LGBTphobies et le sexisme en Île-de-France.

- En 2020, la Région a soutenu la création de l’application mobile FLAG !, lancée en avril, permettant aux victimes et aux témoins de LGBTphobies (insultes, agressions, violences conjugales, discriminations, etc.), ou de sérophobie  de réaliser un signalement anonyme. Tous ces signalements alimenteront une cartographie la plus précise et la plus « temps réel » possible afin de permettre aux pouvoirs publics d'accentuer les politiques publiques sur les zones les plus à risque.

- Soutien à l’association Stop Homophobie pour son projet de lutte contre les LGBTphobies et d’accompagnement psychologique et juridique des victimes d’homophobie. Il s’agit d’apporter une aide immédiate aux victimes.

Près de 1 million de personnes sont ainsi bénéficiaires de ces actions chaque année.

  • Soutien en faveur des jeunes isolés en situation de précarité en raison de leur orientation sexuelle

La Région porte une action forte en faveur de l’accompagnement des victimes de LGBTphobies, notamment au travers du dispositif d’aide aux jeunes en rupture sociale et familiale. Cela passe par le soutien des actions d’organismes engagés dans l’hébergement temporaire des jeunes en rupture familiale, notamment en raison de leur identité ou orientation sexuelle, pour leur permettre d’acquérir stabilité, autonomie et indépendance.

À ce titre, la Région soutient l’association Le Refuge, seule structure en France à proposer un logement et un accompagnement social aux 18-25 ans rejetés par leur famille en raison de leur homosexualité. L'objectif du Refuge est de leur permettre d'acquérir une vie autonome et indépendante. Les équipes de l'association accompagnent aussi ces jeunes dans leurs démarches professionnelles en vue d'une (ré)insertion sur le marché du travail ou dans le système éducatif.

Depuis 2016, près de 650.000 euros ont été attribués à l’association, permettant notamment de financer l’hébergement de près de 40 jeunes par an.