Publié le 18 décembre 2020
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Le bois Saint-Martin : une riche biodiversité et une longue histoire

Crédit photo : Hugues-Marie Duclos

S'étendant sur près de 300 hectares à la croisée de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et de la Seine-et-Marne, le bois que la Région vient d'acquérir est riche par sa faune, sa flore et ses paysages variés. Mais aussi par sa longue histoire, jalonnée de propriétaires illustres.

Allée des Emballés, allée des Princes, allée de Malnoue, allée des Bordes… Les Franciliens peuvent découvrir, dans un premier temps à l'occasion de visites découvertes (voir encadré), les magnifiques chemins du bois Saint-Martin, restés à l’abri des regards depuis des siècles. 

Devenue propriété de la Région Île-de-France via son Agence des espaces verts le 24 novembre 2020, cette chênaie ancienne de 282 hectares fait partie de l’arc boisé de l’Est francilien.

La plus grande partie (plus de 95%) est située sur la commune de Noisy-le-Grand (93), mais le vaste bois est également bordé à l’ouest par Villiers-sur-Marne (94) et au sud-ouest par le Plessis-Trévise (94). Et cela, non loin d’Émerainville et de Pontault-Combault (77). 

Les visites guidées organisées jusqu'au 3 janvier 2021 mises à part, l'ouverture au public est prévue au printemps 2021, le temps de réaliser les aménagements nécessaires afin de profiter des paysages du bois, tout en préservant son équilibre.

Le bois Saint-Martin

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Photo 2
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Crédit photo : Région Île-de-France

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Photo 11
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Le bois Saint-Martin offre une biodiversité riche, variée et très protégée

Le bois Saint-Martin, c'est à la fois :

  • Un vaste espace naturel clos réunissant des boisements (constitués à 80% de chênaies-hêtraies et de charmaies), une dizaine de mares et zones humides, et une prairie de 30 hectares.
  • 17 km d’allées bordées de tilleuls et de chênes dont certains ont plus de 500 ans. 
  • Une faune et une flore remarquables incluant plusieurs espèces protégées (jusqu'à des insectes de la prairie). Cela grâce à sa gestion restée longtemps privée et à une fréquentation très restreinte. La quasi-totalité du bois Saint-Martin bénéficie d'ailleurs d’un arrêté préfectoral de protection de biotope pour préserver ses écosystèmes. 

Entre Hyde Park et Central Park

Dernier plus grand bois privé fermé au public dans le périmètre du Grand Paris, le bois Saint-Martin se trouve à la croisée de 3 départements : la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne.

Sa superficie de 282 hectares le classe entre Hyde Park, à Londres, et Central Park, à New York.

Avec les bois de Célie, de la Grange et du Boulay, tous 3 propriétés régionales, et le bois de la Malnoue, il constitue un vaste ensemble d’environ 500 hectares, contribuant à la Trame verte de Marne-la-Vallée.

Une faune comptant de nombreuses espèces protégées...

En plus des chevreuils, sangliers et renards qui s'aventurent dans le bois Saint-Martin et les forêts environnantes, plusieurs espèces protégées y vivent, dont :  

Reptile

  • Lézard vivipare

Oiseaux 

  • Bondrée apivore
  • Pic mar
  • Pic noir 

Amphibiens 

  • Triton crêté
  • Grenouille agile
  • Triton alpestre

... Et une flore diversifiée

© Hans Hillewaert

En matière d'arbres, le bois présente une belle diversité d'essences :

  • Du classique avec des chênes, des tilleuls, des hêtres, des charmes, des érables, des frênes, des sorbiers ou encore des ormiers.

Mais aussi des espèces de plantes protégées : 

  • Lobélie brûlante,
  • Laîche allongée,
  • Queue-de-souris naine,
  • Callitriche à crochet.

La longue histoire du bois Saint-Martin mêle une fille de Louis XIV, un prince de Conti et un baron

Depuis le Moyen Âge, le bois Saint-Martin a connu différents propriétaires et vu sa superficie évoluer à plusieurs reprises

► Seigneurie de Gournay-sur-Marne

Les premières mentions du bois remontent au XIIIe siècle. Précédemment appelé forêt de Noisy, le domaine appartenait alors à la seigneurie de Gournay-sur-Marne. Celle-ci deviendra ensuite le prieuré de Gournay-sur-Marne, rattaché à la communauté de Saint-Martin-des-Champs de Paris, de l’ordre de Cluny. De là son nom de bois Saint-Martin, que nous connaissons aujourd’hui. 

► Marie Anne de Bourbon, fille de Louis XIV

En 1718, la forêt devient la propriété de Marie-Anne de Bourbon (1666-1739), fille légitimée de Louis XIV et de Louise de La Vallière. « Mademoiselle de Blois » épouse à 13 ans Louis de Bourbon, 3e prince de Conti en 1680 et devient veuve à 20 ans. Rapidement, elle cède la nue-propriété de son nouveau bien à son cousin, Charles François de la Baume Le Blanc, marquis de La Vallière.

Dessiné sur la carte de Cassini vers 1750

L'une des plus anciennes représentations cartographiques du bois Saint-Martin est attestée sur celle de Cassini vers 1750. Il s’agit de la première carte topographique et géométrique établie à l'échelle du royaume de France dans son ensemble.

► Louis-François-Joseph, comte de la Marche, prince de Conti

En 1776, soit 2 ans après l’accession de Louis XVI sur le trône de France et de Navarre, Louis-François-Joseph, comte de la Marche, puis prince de Conti (1734-1814), acquiert 700 hectares réunissant le château du Plessis La Lande, la ferme du Plessis-Saint-Antoine, la ferme des Bordes et divers lots de terre à Chennevières et à Villiers. En 1787, le prince de Conti est l'un des 7 princes de sang qui participent à l'assemblée des notables convoquée à Versailles. Inquiété après la Révolution, il prête le serment civique devant la municipalité de Villiers-sur-Marne en 1792. Arrêté en 1793, il voit ses biens confisqués. Frappé ensuite par le vote de la loi de déportation des membres de la maison de Bourbon, il part en 1797 s’installer en Espagne et meurt à Barcelone.

Le domaine démantelé 

Légataire universel du prince de Conti, le chevalier Auguste Desgraviers vend une partie du domaine au XIXe siècle en plusieurs lots. 2 sont ainsi vendus à des maréchaux d'Empire :
• Le maréchal Mortier, duc de Trévise, acquiert le château et les terres de La Lande. Il y vivra de 1812 à 1835. Lui qui avait survécu à la campagne de Russie au côté de Napoléon est tué lors d’un attentat visant le roi Louis-Philippe. 
• Le maréchal Lefebvre, duc de Dantzig, devient quant à lui le propriétaire du château de Combault en 1813. Sa veuve, Catherine Hubscher, plus connue sous le nom de Madame Sans-Gêne, le vend en 1832, après y avoir habité quelques années. Le château abrite aujourd’hui la mairie de Pontault-Combault. La route qui borde le bois Saint-Martin, du côté du Plessis-Trévise en direction de Pontault-Combault, porte toujours le nom d'avenue de La Maréchale en souvenir de l’illustre propriétaire.

► Armand Théodore Santerre

Une troisième partie du domaine du prince de Conti, le bois Saint-Martin, est acquise en 1820 par Armand Théodore Santerre (1778-1833), père d’une famille nombreuse et propriétaire d’une importante raffinerie de sucre dans le quartier du Luxembourg, à Paris.

► Famille du baron Petiet

Le bois revient ensuite à l’une de ses descendantes, Germaine Borde. Celle-ci épousera Charles Petiet (1879-1958) en 1901. La famille Petiet a obtenu 3 titres de baron sous le Premier Empire et sous la Première Restauration. Elle compte un ministre de la Guerre, plusieurs hauts fonctionnaires, des généraux et des officiers. Fils du baron André Petiet et d'Adèle Bricogne, Charles Petiet, centralien, crée la Société des Automobiles Ariès en 1903. Il a également été président du comité du Salon de l'automobile de 1919 à 1958 et vice-président de l'Automobile Club de France.

Ensuite, le bois Saint-Martin demeure dans la même famille jusqu’en 2020, date du rachat par la Région Île-de-France. 

► Nouveau chapitre : l'acquisition du bois Saint-Martin par la Région Île-de-France

Désormais propriété de la Région, la gestion du bois Saint-Martin a été confiée à l’Agence des espaces verts (AEV). Des études sont prévues pour ouvrir ce lieu d’exception au public au printemps 2021, tout en préservant sa qualité et sa biodiversité.