13 novembre 2017

Santé des jeunes Franciliens : mieux prévenir les comportements à risque

santé : lutte contre les comportements à risque
Crédit photo : Getty Images

Lors du premier Forum régional pour la santé des jeunes, la Région a présenté les conclusions du Comité d’orientation en matière de santé des jeunes.

Partant d’un constat assez alarmant sur les addictions, la santé sexuelle, l’hygiène de vie, le harcèlement ou encore le bien-être des adolescents franciliens, le Comité pour la santé des jeunes a émis plusieurs avis se déclinant en axes de travail. Objectif : mieux prévenir chez les adolescents certains comportements à risque qui ont un impact lourd sur leur évolution future. « Être adolescent aujourd'hui n’est pas tout à fait la même chose que pour la génération précédente, a en effet déclaré Vincent Roger, qui préside ce comité. Je pense en particulier au fait qu’il y a 20 ans un adolescent n’était pas exposé comme aujourd'hui aux écrans et à la consommation massifiée du cannabis. »

Associer les parents

Ils ont trop souvent laissé de côté en matière de prévention : les parents sont au cœur des préconisations du Comité pour la prévention santé de leurs enfants, avec la volonté de trouver des outils qui les aident à trouver un équilibre entre patience et fermeté.

Plusieurs propositions ont été faites en ce sens : mettre en place des réunions d’information parents sur la prévention santé des jeunes à l’entrée en 6e, créer une université numérique des parents, multiplier les lieux d’échange, sensibiliser les parents, première génération numérique et première génération à avoir des enfants connectés, à « gérer » les outils numériques, développer les liens entre le Centre régional d'information et les associations/fédérations de parents

Santé des jeunes : la prévention comme première étape

Beaucoup d’actions sont menées en matière de prévention. Pour avoir une approche globale et pluridisciplinaire, une meilleure coordination des dispositifs permettrait une plus grande efficacité et surtout de combler les vides existants.

Le Comité recommande notamment d’identifier un référent labellisé par département, de créer un tableau de bord régional des actions de prévention santé jeunes, de former les enseignants à ce qu’est un adolescent et au repérage des indices du mal-être, d’accompagner dans les lycées l’intégration de la santé dans les projets d’établissement, de faire établir dans 100 % des lycées et centres de formation d'apprentis un diagnostic santé et psycho-social, d’organiser annuellement un point santé dans chaque conseil d’administration.

Améliorer la santé des jeunes en prévenant le mal-être

Tabagisme alarmant, addictions, santé sexuelle, sommeil, santé mentale... Les pistes d’amélioration sont nombreuses pour améliorer le bien-être des adolescents franciliens ! Le Comité a particulièrement visé le manque de sommeil des jeunes Franciliens.

Le sommeil est en effet déterminant pour la croissance, la maturation cérébrale, le maintien et le développement des capacités physiques et psychiques, ainsi que le bien-être. Il est indispensable d’en respecter la quantité et la qualité. « Nos adolescents dorment moins longtemps que les générations passées (2h en moyenne) et moins bien. Les 6 cycles du sommeil sont perturbés. La présence du smartphone sur la table de nuit en est la principale cause », a estimé Vincent Roger.  

Autre sujet qui réclame davantage de prévention : la maladie mentale. La Région va lancer un appel aux projets innovants pour le dépistage précoce des pathologies mentales, qui émergent le plus souvent entre 15 et 25 ans.

Encourager les jeunes à avoir confiance en eux

La prise en compte de l’estime de soi et de la confiance en soi, trop souvent minées à cet âge par des violences physiques et symboliques, fait partie des pistes importantes pour améliorer le bien-être des jeunes.

Sexisme et harcèlement se développent, notamment sur les réseaux sociaux. Des sujets que connaît bien le Centre Hubertine-Auclert, centre francilien pour l’égalité femmes-hommes, qui lance une nouvelle campagne sur le respect dans les relations amoureuses adolescentes : « Tu m’aimes, tu me respectes ».

Contre le harcèlement, le Comité recommande d’avoir une approche globale pour valoriser les défis en groupe, de détecter les élèves victimes de harcèlement via des programmes spécifiques pour l’ensemble de la communauté éducative (parents, enseignants, « personnel silencieux »), de mettre en place des programmes de coaching pour des jeunes en difficulté, de concevoir des ateliers d’affirmation de soi, et promouvoir des programmes de méditation et de relaxation.