Le domaine de Villarceaux réunit des vestiges médiévaux, un manoir du XVIe siècle et un château du XVIIIe siècle dans un parc de 70 hectares agrémenté de jardins Renaissance et de nombreuses pièces d'eau. Classé monument historique, il allie patrimoine, nature et histoire au cœur de l’Île-de-France.

Niché au cœur d’un parc de 70 hectares clos de murs, le domaine de Villarceaux réunit deux châteaux emblématiques : un manoir du XIIIe siècle et un élégant édifice du XVIIIe siècle. Classé monument historique depuis 1941, ce site exceptionnel séduit par ses jardins Renaissance, ses nombreuses pièces d’eau alimentées par 32 sources et ses paysages vallonnés. Aujourd’hui éco-géré, il témoigne d’un riche passé, marqué notamment par l’histoire de Louis de Mornay et de Ninon de Lenclos, tout en incarnant un patrimoine naturel et architectural unique en Île-de-France.

Ninon de Lenclos, la belle de Villarceaux

Née à Paris en 1620, Ninon de Lenclos y meurt en 1705 à 85 ans. Une telle longévité fera dire à Villarceaux, où elle a passé quelque temps, que les vertus miraculeuses des eaux de sources du domaine et en particulier de la fontaine de Jouvence (fontaine dite « de Ninon ») n'y étaient pas étrangères.

Une courtisane...

Ninon de Lenclos est une courtisane, c'est-à-dire une maîtresse entretenue, et assume pleinement cette situation qui lui garantit son indépendance. Elle a ainsi refusé toutes les propositions de mariage qui auraient pu lui permettre de s’élever dans la société et d’apparaître à la cour, ce qui est impossible avec le statut de courtisane.

... indépendante et lettrée...

Parmi ses amants (ou « payeurs », selon le terme d’usage au XVIIe siècle), on compte Gaspard de Coligny, Louis de Mornay, marquis de Villarceaux, le maréchal d’Estrée, et Charles de Sévigné, le fils de Madame de Sévigné.

Ninon gérait elle-même ses revenus et était indépendante financièrement, ce qui est exceptionnel pour l’époque.

À 35 ans, elle n’est plus courtisane. Elle est propriétaire de sa maison dans Paris, dans le quartier du Marais, où vit notamment Madame de Sévigné. Et elle se consacre à ses passions : la littérature, la poésie, la philosophie, etc.

... amante de Louis de Mornay, marquis de Villarceaux

Vers 1650, Ninon de Lenclos rencontre Louis de Mornay, marquis de Villarceaux. L'homme est marié à Denise de la Fontaine d'Esche, héritière d'une grande fortune. Très présent à la cour et bien vu du jeune Louis XIV, il est connu pour ses nombreuses aventures galantes.

La liaison entre Ninon et Louis de Mornay dura près de quatre années. En 1652, Ninon disparaît de Paris pendant de longs mois. La rumeur d'une liaison passionnée la retenant dans le Vexin enfle dans la capitale. En réalité, elle est enceinte et met au monde un garçon, Louis François, dans un château voisin de Villarceaux : le château de Rueil, à Seraincourt. Des années après la fin de leur liaison, Louis de Mornay obtiendra du roi la légitimation de cet enfant, qui prendra le nom de Louis François de Mornay de la Boissière.

La mémoire des amours de Ninon et Louis est tenace à Villarceaux. Sans doute grâce aux décors du XVIIe siècle du manoir et à l’atmosphère préservée et paisible de l’ensemble du site.

Crédit photo : Ninon de Lenclos © Château de Bussy-Rabutin
Crédit photo : Vue du cabinet de Ninon © Région Île-de-France
Crédit photo : Plafond du cabinet de Ninon de Lenclos © Région Île-de-France
Crédit photo : Plafond du cabinet de Ninon de Lenclos © Région Île-de-France

Découvrez l’histoire du domaine de Villarceaux au fil des siècles

L’histoire du domaine de Villarceaux : de la maison forte du XVe siècle à nos jours

XIVe-XVe siècles

Attestée dès 1410, la seigneurie de Villarceaux constitue une importante propriété agricole regroupant un manoir, plusieurs fermes, un moulin, des viviers, des vignes et des jardins. Située à proximité du prieuré Sainte-Marie-Madeleine, elle partage avec celui-ci une ressource essentielle : les nombreuses sources naturelles qui alimentent le site. 

XVIe siècle

Le domaine connaît au XVIe siècle une importante transformation : le manoir d’origine est agrandi et élevé au rang de château. Cette évolution due à la famille de Mornay s’accompagne d’un réaménagement des abords selon le goût de la Renaissance, marqué par l’influence italienne. Les jardins et les plans d’eau adoptent une composition plus ornementale : les anciennes douves sont converties en bassins d’agrément, et les nombreuses sources naturelles sont mises à profit pour alimenter de nouveaux jeux d’eau. 

XVIIe siècle

Villarceaux abrite les amours de Louis de Mornay, marquis de Villarceaux, et de Ninon de Lenclos, célèbre courtisane et femme de lettres. Le manoir de Ninon a conservé des décors intérieurs peints de cette époque ainsi qu’un portrait de Françoise Scarron, future Madame de Maintenon. 

XVIIIe siècle

Charles-Jean-Baptiste du Tillet, marquis de la Bussière et petit-neveu du marquis de Villarceaux, hérite du domaine au début du XVIIIᵉ siècle. Il fait construire le château du Haut, élégante demeure dominant le vallon et le parc, puis fait démanteler l’ancien château. 

XIXe siècle

Le domaine demeure une vaste propriété agricole et une résidence secondaire, les nouveaux propriétaires font construire des pavillons de chaque côté de la grille d’honneur et une orangerie à proximité du château. Le moulin est transformé en scierie tandis que la ferme et les vestiges du château « du bas » sont délaissés.

XXe-XXIe siècles

Le domaine est classé au titre des monuments historiques à la fin de la première moitié du XXe siècle.

En 1989, la Région Île-de-France s’engage à assurer :

  • Sa restauration,
  • Son entretien,
  • Sa promotion,
  • Son ouverture au public.

Le tout, dans le cadre d'un bail emphytéotique (99 ans) signé avec la Fondation Charles Léopold Mayer.

À partir des années 1990, le domaine accueille ses premiers visiteurs. L’Agence régionale des espaces verts de la Région (devenue Île-de-France Nature) s’engage dans la restauration d’une grande partie des jardins.

En 2004, le parc reçoit le label « Jardin remarquable ».

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