19 mai 2016

Une rentrée à l'École de la 2e chance de Cergy-Pontoise

Journée décisive, ce 17 mai 2016, pour plusieurs Franciliens de 18 à 25 ans ayant quitté le système scolaire sans diplôme : ils intègrent l'École de la 2e chance de Cergy-Pontoise pour se former, et ainsi se donner une nouvelle chance de réussir leur vie professionnelle. Reportage.

L'École de la 2e chance de Cergy-Pontoise, pour apprendre un nouveau métier ou s'inscrire dans une formation qualifiante

« Bonjour, c’est mon premier jour. » Hésitante, Céline (1), 19 ans, vient de pousser, ce mardi 17 mai 2016, la porte de l'École de la 2e chance (e2c) de Cergy (95). Affichées dans le hall, les attestations de sortie d’anciens élèves et leur orientation, ainsi que des offres d’emploi. Dans la salle informatique, deux jeunes filles d’un autre groupe tapent leur rapport de stage dans la vente.

Aujourd’hui, pour Céline et huit autres camarades, c’est jour de rentrée. Une rentrée au goût particulier : pour ces jeunes en décrochage scolaire, sortis du système scolaire sans diplôme, c’est une nouvelle chance qui s’ouvre, avec à la clé, un emploi ou une formation. Porteurs ou non d’un projet professionnel, ils sont tous suffisamment motivés pour avoir été sélectionnés par l'École de la 2e chance de Cergy-Pontoise, et devenir pendant quelques mois (sept en moyenne) des stagiaires de la formation professionnelle, rémunérés par la Région. Avec un objectif : apprendre un nouveau métier ou s’inscrire dans une formation qualifiante.

 

Assiduité, autonomie et confiance en soi

Autour de la table en ce jour de rentrée, Mohammed, 22 ans, qui souhaiterait trouver une formation d’ascensoriste, Djamel, qui, à 18 ans, vise la mécanique automobile, ou encore Elsa, 20 ans, qui n’a pas de projet professionnel. Isabelle, 18 ans, « stressée mais pleine d’espoir », raconte : « J’ai quitté le collège en 3e, pour des raisons familiales. Un jour, dans le bus, j’ai vu un panneau “'École de la 2e chance”, et je me suis dit que c’était pour moi. J’hésite entre vendeuse et auxiliaire de puériculture, je compte sur l’école pour m’aider à affiner mon choix. »

Maîtrise des savoirs de base, stages en entreprise, découverte du monde du travail et de ses contraintes...Pour ces jeunes sortis trop tôt de l’école, c’est tout un monde à réapprendre. L’École de la 2e chance leur (ré)inculque l’assiduité et la ponctualité, l’autonomie dans le travail, la confiance en soi et l’envie de réussir. Un programme ambitieux dans la mesure où aucun stagiaire n’a le même profil, entre ceux sortis du collège en 3e ou du lycée en 1re pour des raisons familiales, et ceux qui n’ont pas obtenu leur diplôme de fin d’études. Mais pour les formateurs, la cohésion du groupe est essentielle, pour la motivation et l’entraide. Ensemble, ils suivront des cours de français, de mathématiques, de bureautique mais aussi de sport ou encore de culture générale. Tout en apprenant à chercher un stage, rédiger un CV, préparer un entretien d’embauche.

Les Écoles de la 2e chance en Île-de-France
La Région Île-de-France soutient les huit Écoles de la 2e chance réparties sur 22 sites de son territoire, en finançant en partie leur fonctionnement, et en indemnisant les élèves au titre de la formation professionnelle.
Ces établissements sont des associations financées par leurs partenaires : État, collectivités territoriales, entreprises, organismes sociaux...Ils offrent à des jeunes de 18 à 25 ans sans diplôme, sortis du système scolaire depuis au moins un an, des formations de 4 à 18 mois, alternant présence en cours et stages en entreprises, lors desquels les jeunes peuvent ainsi affiner leur projet professionnel.
Plus d’infos : www.reseau-e2c.fr

« Nous avons sept à huit sorties réussies sur 10 », explique Jean-Christophe Poulet, directeur des e2c du Val-d’Oise venu les accueillir. « Il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas pour vous ! » À ses côtés, Laurie Morieux, responsable du site de Cergy, détaille le règlement intérieur puis l’emploi du temps, rappelle les horaires, les règles de vie (« celles que vous retrouverez dans le monde du travail ! ») et cadre les stagiaires : « Votre projet professionnel, c’est vous qui allez le construire, on vous demande d’être acteur de votre formation ! Vous êtes en attente de ce que l’on va vous proposer, mais nous aussi. » Les jeunes écoutent, signent le règlement intérieur, puis visitent les locaux. Avant de partir directement suivre leur premier cours.

(1) Les prénoms ont été modifiés.