La rédaction

Nouvelle stratégie régionale pour le fret et la logistique

Alors que 90% des marchandises qui transitent chaque année en Île-de-France passent par la route, la Région va développer le mode fluvial tout en œuvrant à l'amélioration du mode routier. Objectif : concilier performance économique et sociale et excellence environnementale.

Les élus ont adopté la nouvelle stratégie régionale pour le fret et la logistique ce 15 mars. La filière transport et logistique francilienne rassemble 325.000 emplois, dont 50.000 devront être remplacés au cours des 10 prochaines années. Le transport et la logistique sont essentiels à la compétitivité et à l'attractivité de l'Île-de-France qui est une région industrielle. Mais les transports sont aussi un secteur qui génère des nuisances importantes. Les camions transportent aujourd'hui 90% des 217 millions de tonnes annuelles qui arrivent ou partent d'Île-de-France, et ils représentent 31% des émissions d'oxyde d'azote du transport routier.

Chiffres clés
325.000 emplois en Île-de-France
90% des marchandises transitent par la route, 6% par le mode fluvial, 4% par le rail
400 km de bouchons par jour en moyenne en Île-de-France

Afin de concilier la performance économique et sociale et l'excellence environnementale, la Région, qui a fait de l'amélioration de la qualité de l'air une de ses priorités à travers son plan « Changeons d'air en Île-de-France », a élaboré une stratégie pour une « logistique maîtrisée, performante et innovante ».

 

Une stratégie dotée de 50 M€ sur trois ans

L'objectif est double : concentrer les efforts sur le mode fluvial plus adapté à l'Île-de-France et améliorer le mode routier, notamment son empreinte environnementale puisque, selon le ministère des Transports, il concentrera 80% du marché du transport de marchandises jusqu'en 2050. Pour y parvenir, la stratégie régionale pour le fret et la logistique est dotée d'une enveloppe de 50 M€ sur trois ans.

Ce plan tient compte de la difficulté croissante du mode ferroviaire pour répondre aux besoins de nombreux secteurs de l'économie moderne, particulièrement en Île-de-France où les infrastructures, saturées, sont essentiellement consacrées au transport des personnes au quotidien.

 

Les quatre axes de la stratégie

1. Un aménagement ciblé des infrastructures :

  • Soutien à l'intégration du mode fluvial dans les chaînes logistiques (infrastructures fluviales et portuaires et acquisition d’outils de manutention).
  • Amélioration de la desserte des zones logistiques et du stationnement des poids lourds.
  • Soutien à l'innovation.

2. Moderniser les flottes de véhicules :

  • Promouvoir le dispositif en faveur des véhicules propres auprès des professionnels du secteur.
  • Le Plan bus, qui prévoit de faire circuler 100% de bus écologiques en zone dense d'ici 2025 et le déploiement de 5.000 bus propres écologiques au biogaz, doit faciliter le développement d'une véritable filière de véhicules utilitaires propres en Île-de-France.
  • Poursuivre le déploiement d'un réseau de stations de gaz pour véhicules (GNV et bioGNV) avec la mise en service de 12 nouvelles stations en 2018. Actuellement, il en existe 10 ouvertes au public et une dizaine de stations supplémentaires seront déployées à l'horizon 2022.
  • Participer au renouvellement des motorisations des péniches qui naviguent en cœur de ville.
  • Soutien à l'innovation pour les véhicules utilitaires et les poids-lourds.

3. Accompagner les entreprises et les territoires vers une logistique plus vertueuse :

  • Mise en place d'actions pour valoriser la filière auprès du public et proposer une main-d'œuvre qualifiée aux acteurs de la filière.
  • Soutenir l'émergence des solutions innovantes pour anticiper la logitique du futur.
  • Favoriser l'émergence des projets des territoires à travers le lancement d'un appel à projets en faveur de la logistique urbaine.

4. Animer les territoires et coordonner les actions :

  • Favoriser la création d'outils numériques pour les collectivités et les transporteurs dans le cadre du projet « Smart Région Initiative ».
  • Sensibiliser et accompagner les communes en matière de règlementation.

Photo : © Zoé Cohen-Solal