La rédaction

Les matériaux biosourcés : une filière d'avenir en Île-de-France

La Région Île-de-France prépare une stratégie pour soutenir la filière des matériaux et produits biosourcés. À l'occasion du Salon de l'agriculture, focus sur le chanvre, une plante aux multiples applications.

Dans la continuité de la stratégie régionale pour la forêt et le bois, la Région se dotera fin 2018 d’une stratégie dédiée au développement des filières de matériaux et produits biosourcés en Île-de-France, pour y créer les nouveaux emplois de la bioéconomie, diversifier les revenus agricoles et réduire les émissions de gaz à effets de serre. Cette stratégie, qui s'inscrit pleinement dans la volonté de faire de l'Île-de-France la 1re Éco Région d'Europe, identifiera les conditions de structuration et de développement de filières complètes, multi-débouchées et ancrées dans les territoires. L’ensemble des usages non-alimentaires et non-énergétiques seront couverts : matériaux de construction biosourcés, plasturgie, chimie verte, emballage, pharmaceutique, etc. L’élaboration de cette stratégie s’appuiera sur des travaux de concertation menés entre mars et mai 2018, associant les acteurs des filières présentes sur le territoire francilien.

Un produit biosourcé, c'est quoi ?
Ce sont des produits industriels non alimentaires obtenus à partir de matière première végétale ou animale. Ils sont donc issus de la « biomasse » et sont à ce titre, renouvelables. Le bois, les plantes ou encore les algues en font notamment partie.

Preuve de la volonté de la Région de structurer cette filière d'avenir, le pavillon l'Île-de-France au Salon de l'agriculture, piloté par le Cervia et qui hébergera également les départements du 78 et du 91 ainsi que les Jeunes agriculteurs d'Île-de-France, a été en partie réalisé en matériaux biosourcés : du bois et du chanvre.

Un matériau isolant et purifiant

Le chanvre est reconnu pour ses excellentes qualités isolantes notamment et son avenir semble tout tracé à l'heure de la construction responsable et respectueuse de l'environnement.

Une fois défibrée, la paille de chanvre se décompose en deux éléments distincts :

  • La chènevotte ou « bois de chanvre », partie interne de la tige structurée en canaux micro-alvéolés formant des cavités régulant l'humidité, la chaleur et le bruit lui conférant ses qualités intrinsèques. Pour la construction, liée avec de la chaux ou de l’argile, elle constitue un granulat végétal pour la confection de béton de chanvre (chaux-chanvre ou terre-chanvre).
  • La fibre dont les principales qualités résident dans la résistance, la capacité d’absorption et la propriété antibactérienne. Pour la construction, elle s’utilise sous forme de laine de chanvre.

Les graines de chanvre servent à nourrir oiseaux et poissons et sont également transformées en huile alimentaire ou pour la cosmétique.

Environ 2.000 hectares de chanvre sont cultivés en Île-de-France (NDLR: 15 000 en France), essentiellement dans l'Essonne et la Seine-et-Marne. On compte deux opérateurs principaux qui se sont associés pour la réalisation du stand régional :

  • Gatichanvre installée dans le Parc naturel régional du Gâtinais français en Essonne et qui regroupe une centaine d'agriculteurs couvrant une surface cultivée de 800 hectares. Ils produisent environ 5.000 tonnes de chanvre par an. La Région Île-de-France a soutenu la création de cette société dès  2013 et poursuit son accompagnement depuis. Une subvention de 60.000€ a notamment été versée pour financer le nouveau réseau de chaleur. « Le chanvre à toutes les qualités pour être l'un des matériaux de la construction de demain », s'enthousiame Nicolas Dufour, le président de Gatichanvre et agriculteur dans l'Essonne.
  • Planète Chanvre, qui figure parmi les pionniers. Ce groupement de 11 agriculteurs associés a vu le jour en Seine-et-Marne en 2009. Une centaine d'agriculteurs producteurs couvrent une surface de près de 1.200 hectares et produisent plus de 8.000 tonnes par an. La Région Île-de-France a apporté un soutien financier de 60.000€ pour la relocalisation d'une usine de défibrage, la seule d'Île-de-France, en Seine-et-Marne. « La Région Île-de-France a compris tous les enjeux de la filière et sa volonté d'accompagner son développement est une très bonne chose », note Anne-Marie Nuyttens, agricultrice et cofondatrice de Planète Chanvre.
La Région soutient la filière du miscanthus
Le miscanthus, vous connaissez ? Il s'agit d'une plante graminée robuste qui peut être utilisée dans le domaine des composites dans les différents secteurs de la plasturgie mais aussi dans la construction. La Région soutient le projet BiomisG3, qui vise à la mise en place d'une filière de proximité en Île-de-France. Une subvention de près de 40.000€ a ainsi été attribuée pour la mise en œuvre de différentes actions.

Photos : © Gatichanvre et Planète Chanvre