La rédaction

Les Greeters franchissent le périph

Depuis deux ans, un nouveau tourisme participatif se développe de l’autre côté du périphérique, où les Greeters accueillent les touristes pour leur faire découvrir « leur » banlieue. Loin des clichés.

Ce dimanche matin devant l’Office du tourisme de Versailles (78), Joseph Darwish a rendez-vous avec David et Lyne, couple de touristes venant d’Afrique du Sud. « Je vais les emmener sur le marché, l’un des plus grands de la région. Puis nous nous promènerons dans le quartier des antiquaires. À Versailles, Il y a bien d’autres choses à découvrir que le château », explique Joseph. Au final, la balade a duré près de deux heures. Joseph est un Greeter.

Cet anglicisme signifie « hôte » en français. « Le Greeter accueille bénévolement les touristes pour leur faire visiter sa ville, son quartier, les lieux pittoresques qui ne sont pas forcément référencés dans les guides », décrypte Guillaume Bacquet, directeur de l’Office du tourisme de Versailles, qui recense sept greeters sur cette commune des Yvelines.

Le tourisme participatif séduit de plus en plus de touristes français et étrangers. Né à New York en 1992, le concept a gagné les grandes villes du monde entier. À Paris, il s’est lancé en 2007. Et, depuis deux ans et demi, des initiatives émergent dans les autres départements franciliens.

En Seine-et-Marne, par exemple, les Greeters organisent des balades à vélo dans la forêt de Fontainebleau ou à pied dans le village de peintres de Barbizon.

« Changer le regard sur la banlieue »

En Seine-Saint-Denis, une vingtaine de bénévoles ont animé plus de 150 visites dans les rues d’Aubervilliers et de La Courneuve, aux puces de Saint-Ouen ou encore à la cathédrale de Saint-Denis depuis 2010. « Nous n’avons pas d’itinéraires prévus à l’avance, on improvise en fonction des envies des touristes. C’est aussi une façon de changer le regard sur la banlieue, de les emmener au-delà des préjugés », souligne une Greeter des Lilas.

Patrick Lucard, président de « Si Boulogne m’était conté », une association de Boulogne-Billancourt (92), estime quant à lui que « les personnes que nous rencontrons sont en quête d’expériences nouvelles, d’anecdotes insolites, de convivialité et d’authenticité avec des habitants du cru ».

En décembre dernier, c’est l’association phare de Greeters à Paris « Parisien d’un jour » (360 bénévoles, 2.300 balades dans la capitale en 2012) qui a signé un partenariat avec les comités départementaux du tourisme de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine pour étendre son dispositif aux 31 communes de la petite couronne desservies par le métro. « Pour les touristes, c’est en effet plus simple d’utiliser le métro que le RER, ils n’ont pas l’impression de sortir de Paris. Grâce à cet accord, le nouveau réseau de Greeters Paris Métropolitain est devenu le plus important de France », souligne Claude D’Aura, présidente de « Parisien d’un jour », qui a permis à plus de 400 touristes de franchir le périphérique en 2012. 

Au tour de Saint-Germain-en-Laye et Neuilly-sur-Marne

Dix des 31 communes ciblées peuvent déjà être visitées en compagnie d’un Greeter. « Malgré quelques freins, notamment les clichés envers la banlieue, une vraie dynamique est en train de se créer en Île-de-France autour de ce tourisme participatif », ajoute Claude D’Aura, qui fait elle-même visiter son quartier de Ménilmontant. En Île-de-France, les villes de Saint-Germain-en-Laye (78) ou Neuilly-sur-Marne (93) se lanceront bientôt dans l’aventure.

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