La rédaction

Il élève et vend des poulets bio sur le plateau de Saclay

Rencontre avec un ex-directeur commercial reconverti en éleveur heureux, qui loue ses terres à l'Agence des espaces verts. Pour écouler sa production, tout va pour le mieux : elle se partage entre vente directe, les Amap et la restauration scolaire.

C'est l'un des deux seuls éleveurs franciliens de poulets bio. Depuis 2010, Charles Monville, 47 ans, est installé à Bièvres (91), sur le plateau de Saclay, où il élève des poulets et chapons bio. Un projet de vie plus qu'une reconversion pour cet ancien directeur commercial de l'enseigne Nature et Découvertes. « J'ai voulu me projeter assez tôt dans l'après, car je savais que dans mon domaine, je serais dépassé à 50 ans. Mon rêve d'enfant était de devenir agriculteur et de revivre en pleine nature », raconte cet originaire de Normandie, qui gère aujourd'hui 2.500 poulets sur près de 4 ha plantés de neuf bâtiments d'élevage.

Charles Monville a longuement mûri son projet : « Je voulais vivre de mon métier et pas d'amour et d'eau fraîche. J'avais un ami qui était parti élever des poulets dans le Gers, je me suis inspiré de son parcours. » Il décroche son brevet professionnel de responsable d'exploitation agricole (BPREA) en 2007 et, fin 2008, après s'être essayé en Touraine, il lance son projet d'élevage de poulets bio en circuit court à une vingtaine de kilomètres de Paris, sur des terres agricoles du plateau de Saclay louées à l'Agence des espaces verts (AEV), organisme associé de la Région Île-de-France.
 

« Je travaille beaucoup mais je peux prendre des vacances »

Ses poulets sont nourris à 75% de céréales produites localement (maïs, blé, févrole), le reste bio (tourteau, tournesol, soja). « Je vends le poulet à 110 jours d'élevage, contre 81 pour un poulet labellisé, et 40 jours pour un classique, un âge où la viande n'est pas finie », détaille celui qui abat et prépare les volailles à la ferme. Il écoule 150 poulets chaque jeudi sur la ferme, uniquement sur commande, soit la moitié de sa production. Le reste est vendu auprès des Amap (associations de maintien de l'agriculture paysanne) de Montrouge (92), Longpont, Villiers-le-Bâcle (91) et Guyancourt (78) notamment pour 35% et dans la restauration scolaire (15%).

« La vente directe comme moi, ça n'existe quasiment plus. Ce qui me fait plaisir, c'est d'expliquer ce que je fais. Je vis en pleine campagne, et si je travaille beaucoup (NDLR : environ 60 heures par semaine), j'ai organisé ma vie et je peux prendre des vacances », conclut Charles Monville.

Photo : © Patrick Evesque