La rédaction

Alimentation : les assiettes des Franciliens à la loupe

Présentée en ouverture des premières Assises de l’alimentation francilienne, une étude montre l’intérêt de plus en plus marqué des consommateurs pour les produits bio, locaux et les circuits courts.

Lancement des premières Assises de l'alimentation francilienne
Les résultats d'une nouvelle étude du Crédoc pour la Région Île-de-France a été dévoilée lors des Assises de l’alimentation francilienne, en marge du Salon de l'argriculture. Cet instantané sur les profils alimentaires des Franciliens va servir de base à l’élaboration du futur Plan régional de l’alimentation. L’objectif est de mieux connaître les besoins et les attentes des 12 millions de consommateurs franciliens pour permettre aux agriculteurs, aux entreprises agroalimentaires et au commerce franciliens de mieux y répondre. Avec l’ambition d’une alimentation toujours plus locale, de qualité et bénéfique à tous.

Le retour de la "gamelle"

Les pratiques des Franciliens, plus urbains et plus actifs que la moyenne des Français évoluent. Pourtant, en 2019, 25 % des Franciliens déclarent déjeuner chez eux, en semaine, même s’ils sont actifs. Et 25 % amènent les repas qu’ils ont préparés chez eux sur leur lieu de travail. En moyenne la durée du déjeuner est de 38 mn.

Ce retour de la « gamelle » est un véritable phénomène. Il s’agit d’une réponse aux peurs alimentaires apparues ces dernières années. Ainsi, 67 % des Franciliens expriment leur méfiance à l’égard de certains aliments. Même s’il ne fait pas oublier que l’alimentation fait partie du patrimoine et de l’éducation des Français, d’où ce plébiscite pour le fait maison.

Des déjeuners pris sur le pouce

Du bio au menu des cantines des lycées franciliens
Autre enseignement de l’étude du Crédoc, environ 30 % des lycéens ne déjeunent ni chez eux, ni à la cantine chaque jour de la semaine. Quant à ceux qui fréquentent la restauration scolaire, un tiers déclare qu’une offre locale ou bio est présente dans les menus. Et sans surprise, les produits consommés dans les cantines des lycées franciliens sont plus variés que ceux consommés à l’extérieur, pour l’essentiel composés d’aliments vendus par des chaînes de restauration rapide.

Pourtant, l’enquête fait aussi apparaître que le snaking continue de grignoter des parts de marché. En 10 ans, le mode d’alimentation des Franciliens a été marqué par une hausse très importante de la consommation de sandwiches, pizzas et sodas, au et hors domicile. Résultat, cela se traduit par une diminution de la consommation de fruits et légumes au profit de plats composés.

Manque de temps pour faire les courses et pour cuisiner, la mode du repas rapide, sans couverts à déguster partout fait de plus en plus d’adeptes. L’enquête fait ressortir que 40 % des actifs franciliens considèrent qu’ils déjeunent sur le pouce. Cette tendance est particulièrement marquée en Île-de-France.

Les Franciliens expriment aussi une inclinaison de plus en marquée vers le bio, le manger sain et le bien-être animal. Ils sont plus sensibles à ces sujets et plus exigeants que le reste de la population. Environ 80% à déclarent acheter des produits bio, AOP/IGP, Label Rouge ou locaux d’Île-de-France.

Davantage d’acheteurs d'aliments bio en Île-de-France

L’étude montre que la région Île-de-France compte 15 % de plus d’acheteurs de produits bio que dans le reste du pays. Cela s’accompagne d’un intérêt marqué pour le bien-être animal, d’une augmentation forte de la consommation de produits sains, sans colorants et sans additifs et de produits qui présentent des garanties écologiques.

Le développement des circuits courts - devenus un nouveau mode d’achat qui progresse -, et des produits locaux répond à cette volonté de se rassurer et de consommer des produits sains pour préserver sa santé à long terme.

Mais les Franciliens apprécient aussi de faire leurs courses chez les artisans-commerçants, jugés plus rassurants. Il s’agit du circuit de distribution qui a le plus augmenté en Île-de-France. 73 % des Franciliens achètent des produits chez leurs artisans spécialisés et 75 % sur les marchés. En parallèle, 40% des Franciliens se font aussi livrer des repas tout prêts et 27% des courses alimentaires.

Les produits locaux privilégiés

Parmi les critères de choix des Franciliens lors de leurs achats alimentaires, plus de la moitié préfère des produits locaux d’Île-de-France. Ils sont 18% à en acheter achètent au moins une fois par semaine et 33% au moins une fois par mois. Concernant cette production locale, 57 % des Franciliens déclarent apprécier leur qualité gustative et 28 % les achètent pour soutenir l’agriculture et l’économie régionales.

Afin de valoriser les produits du territoire francilien, la Région soutient la création de marques, comme « Produit en Île-de-France / Made in Paris Region », décliné avec « Agneau des Bergers d’Île-de-France » et « Nos bovins d’Ile-de-France ». Lancée à l’occasion  du Salon de l’Agriculture,  « La baguette des Franciliens », fruit de la filière blé-farine-pain, s’inscrit dans volonté de promouvoir les produits régionaux et leur qualité.

Photo : Ouverture des premières Assises de l'alimentation francilienne au salon de l'Agriculture 2019. © Hugues-Marie Duclos