Publié le 3 mars 2021

Spectacle vivant à l’heure du Covid-19 : « La puissance publique nous fait tenir »

Salle de spectacle vide au Théâtre de Chelles

Crédit photo : Théâtre de Chelles

Depuis le début de la crise sanitaire, la Région soutient les acteurs de la culture notamment à travers son aide exceptionnelle d’urgence destinée au spectacle vivant, secteur particulièrement touché. Témoignages croisés de 2 directeurs de théâtre et de la directrice d'une compagnie francilienne.

La Région aux côtés des acteurs de la culture

Pour faire face aux pertes économiques liées au Covid-19 et pour maintenir ou adapter l'activité des lieux culturels franciliens, la Région propose des aides exceptionnelles à découvrir ici.

L’épidémie de Covid-19 a frappé le spectacle vivant au cœur. Si la culture affiche 25% de perte de chiffre d’affaires, le spectacle vivant est le plus durement touché avec une baisse de 72% de ses recettes en 2020.

Pour faire face aux conséquences économiques engendrées par la crise sanitaire depuis 1 an, la Région soutient les acteurs du spectacle vivant via la création de l’aide exceptionnelle d’urgence pour le spectacle vivant (appel à projet clos). Celle-ci subventionne les structures ayant dû annuler des créations, répétitions, enregistrements et autres projets prévus pour combler leur perte de recettes.

L’objectif : maintenir le niveau d’emploi artistique et technique et la rémunération des intermittents du spectacle afin de préserver le tissu culturel francilien du spectacle vivant.

Témoignages croisés de 3 acteurs franciliens du spectacle vivant. 

Un écosystème à l’arrêt 

Le constat est unanime, l’année 2020 aura été ravageuse avec des scènes vides ou presque depuis bientôt 1 an.

« Nous avons réalisé la moitié de notre chiffre d’affaires sur la billetterie du théâtre et le tiers sur le cinéma d’art et d’essai », explique Véronique Alter, administratrice de Malakoff scène nationale (92), un ensemble regroupant théâtre, cinéma et salle de répétition (NDLR : labellisées par le ministère de la Culture depuis 1991, les scènes nationales sont des lieux de production et de diffusion de la création contemporaine dans le domaine du spectacle vivant, qui participent au développement culturel de leur territoire). 

Actuellement, c’est la puissance publique qui nous fait tenir. (...) Nos activités redémarreront mais la question est
“Comment les liens se recréeront ?”»

Frédéric Maragnani,
directeur du Théâtre de Chelles (77)

Frédéric Maragnani, directeur du Théâtre de Chelles (77), enregistre un tiers seulement de ses rentrées habituelles en 2020. Cécile Mathieu, de la Compagnie pour jeunes publics Marizibill (94), estime qu’elle atteint seulement 20% des recettes attendues.

L’administratrice souligne tout de même que la solidarité a joué à plein, notamment de la part du Théâtre de Chevilly-Larue (94).

Pour tous, les aides régionales ont été déterminantes pour maintenir à flot les trésoreries. « Actuellement, c’est la puissance publique qui nous fait tenir », résume Frédéric Maragnani. 

Le maintien des répétitions en plateau

Même si les scènes sont de nouveau fermées au public depuis le 1er novembre 2020, le travail de création et de répétition en plateau est, lui, maintenu dans le respect des protocoles sanitaires. Des moments précieux pour les professionnels éloignés des planches. 

Marizibill répète ainsi sa prochaine création, One, soutenue par la Région, qui tisse des liens entre la fragilité du spectacle et de la nature.

Malakoff scène nationale a accueilli la compagnie GalactiK Ensemble. Ces répétitions permettent à la scène nationale de maintenir la majorité des effectifs au travail soit 19 des 25 équivalents temps plein. 

Seuls les personnels accueillant le public sont à l’arrêt. Une différence majeure comparée au temps suspendu du premier confinement. Le Théâtre de Chelles, soutenu par la Région au long cours et pendant l’épidémie, organise aussi des rencontres entre artistes et professionnels pour maintenir le lien.

Se projeter malgré l’incertitude 

Quant à la programmation à venir, elle se résume principalement à des reports de créations n’ayant pu ni voir le jour, ni être vues du public l’année passée. Phénomène qui ne manque pas d’inquiéter les compagnies : « À date, nous n’enregistrons pas de demandes de programmateurs pour la saison 2021-2022 », s’inquiète Cécile Matthieu.

Le Théâtre de Chelles, dont la saison 2021-2022 est constituée pour 60 % de reports et 40% de création, s’enorgueillit d’une première francilienne avec Une télévision française, une création de Thomas Quillardet appuyée par la Région. Son directeur, Frédéric Maragani, s’interroge sur l’avenir du spectacle vivant et les traces que laissera l’épidémie : « Techniquement, nos activités redémarreront mais la question fondamentale est “Comment les liens se recréeront ?” ».