La rédaction

SOS Femmes 77 : un lieu « comme à la maison » pour les femmes victimes de violences

La lutte contre les violences faites aux femmes est une priorité régionale qui s'illustre par de nombreuses actions et soutiens. Exemple à Meaux, où une association accueille, oriente et aide les femmes et leurs enfants victimes de violences conjugales ou intrafamiliales.

Au cœur du quartier historique de Meaux (77), à deux pas de la cathédrale, la double maison d’accueil de l’association SOS Femmes 77 est reconnaissable à ses portes d’entrée bleu azur. Ce local, que l’association a pu acquérir grâce à l’aide de la Région, lieu ressource pour les femmes victimes de violences et leurs enfants, est souvent le premier refuge après qu’elles ont quitté le domicile conjugal, une première étape vers une nouvelle vie.

« Il était indispensable pour nous de garder ce local que nous animons depuis plus de quinze ans, et qui permet de centraliser nos 27 salariés pour mieux aider et orienter ces personnes », explique la directrice, Christine Fichet. « Notre mission principale est de les mettre en situation, mais quand elles arrivent ici, en attente d’aide et de conseils, elles ont besoin avant tout de gaieté et de soutien. C’est pourquoi nous avons voulu créer un lieu qui soit comme à la maison. » Des espaces cosy ou plus formels pour rencontrer les professionnels et les éducateurs, une salle de bain, une laverie pour les lessives des femmes qui vivent à l’hôtel, des réserves de nourriture, un espace de jeux pour les enfants, un jardin et surtout une grande cuisine commune qui permet chaque jour de se retrouver autour d’un repas préparé par l’une ou l’autre.

 

« Un vrai appartement, avec tout ce qu’il faut »

Principales missions de SOS Femmes 77 : écoute, hébergement, suivi administratif, conseils ou insertion sociale et professionnelle, ouverture des droits au logement et aux prestations sociales, accompagnement médical et juridique, soutien psychologique, à la parentalité, aide aux enfants… pour réconforter ou reconstruire des repères permettant de se projeter dans une reconstruction personnelle et familiale. L’association gère par ailleurs le « Téléphone Grave Danger » (2) pour le nord du département.
Contact : 13, rue Georges-Courteline, 77100 Meaux – tél. 01 60 09 27 99 – contactatsos-femmes [dot] com

Mathilde, 21 ans, accompagnée du petit Jules (1), 9 mois, vient rencontrer comme chaque semaine Amandine, sa référente. « Elle est très sympa, elle est très à l’écoute et m’aide à faire le point sur ma situation personnelle, et aussi avec Jules. » Mathilde est arrivée chez SOS Femmes 77, orientée par une assistance sociale. Après six mois passés à l’hôtel, elle est aujourd’hui hébergée par l’association : « C’est un vrai appartement, avec tout ce qu’il faut ! Ma colocataire et moi, on s’entend bien, on se soutient, surtout avec les enfants. » Outre le suivi administration et d’insertion, la jeune fille assiste aussi aux ateliers bien-être – « ça nous aide à reprendre confiance en nous » – pendant que des éducateurs s’occupent de Jules. Le premier contact se fait par téléphone, puis les femmes sont reçues par les professionnels de l’association pour leurs démarches (voir encadré). Kelly, au sourire inamovible, s’occupe de l’accueil. « Ce n’est déjà pas évident pour ces femmes démunies de franchir la porte, il faut qu’ensuite elles se sentent aussitôt écoutées avec bienveillance et patience. Face à toute cette détresse, on représente souvent le seul espoir immédiat. »

(1) Les prénoms ont été modifiés.
(2) En cas de grave danger menaçant une victime de violences dans le cadre conjugal ou de viol, le procureur de la République peut lui attribuer, pour une durée de six mois renouvelable, et si elle y consent expressément, un dispositif de téléprotection lui permettant d’alerter les forces de l’ordre en cas de danger. La Région soutient le déploiement du « Téléphone Grave Danger » dans tous les départements franciliens.

Photo : © Agnès Dherbeys/MYOP