28 juin 2015

Solidays : un parcours ludique sur les conduites à risques

Pour une Île-de-France sans Sida
Crédit photo : Laurent Villeret/Dolce Vita/Picturetank

Sur le stand de la Région au festival Solidays, un parcours ludique où chaque pièce représente un moment de l’année et de la vie, nous questionne sur notre rapport aux sentiments, aux émotions et aux conduites à risques. 

« Une année de folies » à Solidays

Motivée – Optimiste – Curieuse. Magali, installée dans le « salon » du parcours, tapissé d’un calendrier géant, place sans hésiter son verre sur les sous-verres exprimant les émotions qu’elle ressentirait dans une situation de rentrée ou de nouvel emploi... C'est le point de départ du parcours « Une année de folies » sur le stand Île-de-France de Solidays, qui questionne les visiteurs sur leurs façons de gérer leurs émotions et leurs conduites à risques, en matière de sexualité et d'addictions.

Jihenne, animatrice du Crips (Centre régional d'information et prévention sur le sida), demande à Magali d’expliquer comment elle gère ses émotions, y compris les plus stressantes. « Ah moi, je ne suis jamais stressée ! Je suis d’un naturel très cool, même quand je passe des examens ».

Dans la pièce à côté, la « cuisine » est le lieu de tous les abus et de tous les excès, en particulier ceux du Nouvel An. Les festivaliers sont invités à fouiller placards et meubles, à la découverte de fiches recettes : d’un côté, une recette improbable portant sur la consommation de drogues ou sur une pratique sexuelle, de l’autre un message de prévention. « C’est un peu trash, mais pour les jeunes, il faut que ce soit frappant, pour que le message passe ! », estime Magali, par ailleurs bénévole pour Solidarité Sida et travaillant au camping de Solidays, pendant trois jours.

A côté du réfrigérateur, Alexia du Crips interpelle une bande d’ados : « Qu’est-ce que vous voulez prendre ? » Dans le frigo, (faux) échantillons de drogues côtoient médicaments et alcool. La conversation s’engage sur leur comportement en soirée, sur les abus qu’ils ont déjà éventuellement faits. Les jeunes ont des questions sur les effets de certains produits qu’ils ne connaissent pas, certains sont intrigués par le gel lubrifiant à la cerise.

« Comment te verrais-tu le 14 février 2025 ? »

Dans la salle de bains, c’est « le couple et la vie en couple qu’on explore à l’occasion de la Saint-Valentin », explique Cindy du Crips.  Avec des aimants colorés, les visiteurs décrivent leur partenaire idéal : « âgé », « de la même culture que moi », « riche »… « On les amène à réfléchir sur leur orientation sexuelle, sur les discriminations », précise Cindy, « ils ne se confient pas spécialement, mais ont des réactions très positives quand on les interroge sur les préjugés en matière de couple, d’amour, d’enfants, de sexe… »

Plus loin, l’espace buanderie invite les visiteurs à se projeter dans dix ans : « Comment te verrais-tu le 14 février 2025 ? » On pioche dans le panier à linge pour sortir un tee-shirt « Propriétaire de mon appartement » ou un slip « Fidèle ».

La chambre, consacrée aux retours de vacances, est jonchée de valises pleines. Las Vegas, Tignes, Ibiza… Dans chacune, des échantillons de comportements à risques, des noms de maladies sexuellement transmissibles ou des drogues. Les animateurs du Crips amènent chaque visiteur à se reconnaître ou non dans ces symboles. Magali trouve finalement que son ami Alex s’en sort bien, avec sa valise de retour de Tignes : « Dans la valise Ibiza, il a de la coke et des ecstasys, je crois, et ça, moi je déteste ! »

Crises de rire et prises de conscience

Ce parcours proposé à Solidays, s’achève dans le couloir, quand munis de lunettes déformantes simulant un état d’ébriété avancé, les visiteurs doivent franchir des obstacles. Les crises de rire n’empêchent pas les prises de conscience. « C’est vraiment bizarre cette sensation », raconte Rémi, 12 ans, qui par ailleurs a appris beaucoup de choses lors de son parcours. « Je ne connaissais rien en fait… Mais c’est vraiment bien d’avoir soudain à disposition des trucs dont on entend parler tout le temps ! Par exemple, les capotes sont  gratuites et en libre service, alors que les gens sont parfois un peu gênés avec les distributeurs dans la rue… Du coup, on se dit qu’il faut vraiment se protéger quand on a des rapports sexuels. », confie l’ado, ajoutant quand même qu’il a bien rigolé avec ses copains.

« C’est vraiment cet aspect ludique qui est important », conclut Magali à la fin de son parcours, « moi j’ai 30 ans ça me fait réfléchir et j’apprends des choses, donc j’imagine que pour les jeunes, c’est la meilleure façon de faire passer le message ».