La rédaction

Santé des jeunes Franciliens : mieux prévenir les comportements à risque

Lors du 1er Forum régional pour la santé des jeunes, ce 13 novembre, la Région a présenté les conclusions du Comité d’orientation en matière de santé des jeunes, qui a mené plus de 30 auditions auprès de spécialistes.

Partant d’un constat assez alarmant sur les addictions, la santé sexuelle, l’hygiène de vie, le harcèlement ou encore le bien-être des adolescents franciliens, le Comité pour la santé des jeunes a émis plusieurs avis se déclinant en axes de travail. Objectif : mieux prévenir chez les adolescents certains comportements à risque qui ont un impact lourd sur leur évolution future. « Être adolescent aujourd’hui n’est pas tout à fait la même chose que pour la génération précédente, a en effet déclaré Vincent Roger, qui préside ce comité. Je pense en particulier au fait qu’il y a 20 ans un adolescent n’était pas exposé comme aujourd’hui aux écrans et à la consommation massifiée du cannabis. »

 

Associer les parents

Ils ont trop souvent laissé de côté en matière de prévention : les parents sont au cœur des préconisations du Comité pour la prévention santé de leurs enfants, avec la volonté de trouver des outils qui les aident à trouver un équilibre entre patience et fermeté.

Plusieurs propositions ont été faites en ce sens : mettre en place des réunions d’information parents sur la prévention santé des jeunes à l’entrée en 6e, créer une université numérique des parents, multiplier les lieux d’échange, sensibiliser les parents, 1re génération numérique et 1re génération à avoir des enfants connectés, à « gérer » les outils numériques, développer les liens entre le Crips et les associations/fédérations de parents…

 

Prévention

Beaucoup d’actions sont menées en matière de prévention. Pour avoir une approche globale et pluridisciplinaire, une meilleure coordination des dispositifs permettrait une plus grande efficacité et surtout de combler les vides existants.

Le Comité recommande notamment d’identifier un référent labellisé par département, de créer un tableau de bord régional des actions de prévention santé jeunes, de former les enseignants à ce qu’est un adolescent et au repérage des indices du mal-être, d’accompagner dans les lycées l’intégration de la santé dans les projets d’établissement, de faire établir dans 100% des lycées et CFA un diagnostic santé et psycho-social, d’organiser annuellement un point santé dans chaque conseil d’administration.

 

Améliorer la santé des jeunes en prévenant le mal-être

Tabagisme alarmant, addictions, santé sexuelle, sommeil, santé mentale… Les pistes d’amélioration sont nombreuses pour améliorer le bien-être des adolescents franciliens ! Le Comité a particulièrement visé le manque de sommeil des jeunes Franciliens.

Le sommeil est en effet déterminant pour la croissance, la maturation cérébrale, le maintien et le développement des capacités physiques et psychiques et le bien-être. Il est indispensable d’en respecter la quantité et la qualité. « Nos adolescents dorment moins longtemps que les générations passées (2 heures en moyenne) et moins bien. Les 6 cycles du sommeil sont perturbés. La présence du smartphone sur la table de nuit en est la principale cause », a estimé Vincent Roger.  

Autre sujet qui réclame davantage de prévention : la maladie mentale. La Région va lancer un appel aux projets innovants pour le dépistage précoce des pathologies mentales, qui émergent le plus souvent entre 15 et 25 ans.

 

Encourager les jeunes à avoir confiance en eux

La prise en compte de l’estime de soi et de la confiance en soi, trop souvent minées à cet âge par des violences physiques et symboliques (harcèlement…), fait partie des pistes importantes pour améliorer le bien-être des jeunes.

Sexisme et harcèlement se développent, notamment sur les réseaux sociaux. Des sujets que connaît bien le Centre Hubertine-Auclert, centre francilien pour l’égalité femmes-hommes, qui lance une nouvelle campagne sur le respect dans les relations amoureuses adolescentes : « Tu m’aimes, tu me respectes ».

Contre le harcèlement, le Comité recommande d’avoir une approche globale pour valoriser les défis en groupe, de détecter les élèves victimes de harcèlement via des programmes spécifiques pour l’ensemble de la communauté éducative (parents, enseignants, « personnel silencieux »), de mettre en place des programmes de coaching pour des jeunes en difficultés, de concevoir des ateliers d’affirmation de soi et promouvoir des programmes de méditation et de relaxation…    
 

Photo : © Julie Bourges/Picturetank

Addictions, santé sexuelle, hygiène de vie, harcèlement et bien-être des adolescents franciliens, un constat alarmant :

► Plus de 20% des jeunes femmes de 15 à 25 ans ont une prise importante de psychotropes

► 25% des garçons franciliens de 15 à 25 ans ont une poly-consommation de produits psychoactifs

► 13,7% des jeunes Franciliennes n’utilisent aucun contraceptif pour leur premier rapport

► Plus d’un jeune mineur sur 10 absorbe régulièrement de l’alcool

► Plus de 30% des jeunes de 17 ans fument du tabac en Île-de-France

► À l’âge de 17 ans, 1 adolescent sur 2 a essayé au moins une fois de fumer un joint.
Les adolescents français sont parmi les consommateurs les plus importants au monde de cannabis

► Le cyber-harcèlement peut toucher désormais des enfants dès l’âge de 9/10 ans

► 1 enfant sur 2 de moins de 10 ans a déjà vu des images pornographiques

► 10% des jeunes déclarent avoir été victimes de violences physiques au cours des 12 derniers mois

► 17% des garçons et 13,1 % des filles présentaient un poids excessif

► 75% des maladies mentales se déclarent avant 25 ans et 80% des troubles psychotiques se révèlent entre 15 et 25 ans

 

L'ipass contraception, un outil de prévention sexuelle pour les jeunes Franciliens
Accessible sans inscription préalable, ipasscontraception.fr est un portail Internet qui recense des informations et des conseils essentiels sur les questions liées à la sexualité. Cet outil unique en son genre propose, dans une cartographie exhaustive, tous les lieux ressources en Île-de-France pour la contraception, le dépistage des IST ou du VIH, ou encore l’interruption volontaire de grossesse. Grâce à la géolocalisation, les jeunes à la recherche d’un centre de planification familiale ou d’une pharmacie délivrant la pilule disposent rapidement d’une solution près de chez eux.
Article

Informer, conseiller et orienter les jeunes Franciliens pour les aider à mieux appréhender les questions liées à leur sexualité et à la contraception. C’est l’objectif du nouveau site régional ipasscontraception.fr.

Alors que la lutte contre les violences faites aux femmes est la Grande Cause 2017 de la Région, le centre Hubertine-Auclert a lancé ce 13 novembre une campagne pour prévenir les violences dans les premières relations amoureuses.