Production ciné-TV soutenue : « Salvator Mundi, la stupéfiante affaire du dernier Vinci » sur france.tv

du mardi 13 avril au samedi 12 juin 2021

Le tableau le plus cher du monde, acquis en 2016 par un prince saoudien, est-il bien de Léonard de Vinci ? Le Louvre en doute, quitte à crisper. Un doc aidé, où il est question d'art, d'argent et de pouvoir, fait le point.

Salvator Mundi

À la télé et sur france.tv

Salvator Mundi (Sauveur du monde), est-il bien le 16e tableau de Léonard de Vinci (1452-1519) ou l'une des plus grandes manipulations de l'histoire de l'art ?

Réalisé par Antoine Vitkine avec l'aide du Fonds de soutien Audiovisuel de la Région, le documentaire Salvator Mundi, la stupéfiante affaire du dernier Vinci tente de résoudre l'énigme.

Un tableau en mauvais état vendu 1.000 dollars en 2005

La question de la paternité du Salvator Mundi est une histoire incroyable qui, en plus de toucher le monde de l'art, a des répercussions en matière de politique internationale.

Tout commence en 2005, lors d'une vente en Louisiane, aux États-Unis. Un marchand d'art américain achète pour à peine plus de 1.000 dollars ce tableau anonyme en très mauvais état de 65 cm sur 45 cm. L'acquéreur en est convainc : cette représentation du Christ rédempteur est une œuvre de Léonard. Les experts en doutent. Pour eux, il est probable que le tableau provienne de l'atelier du maître, mais reste à savoir s'il a ajouté ses coups de pinceaux à ceux de ses assistants. Le Salvator Mundi est quand même exposé comme une œuvre de Vinci à la National Gallery de Londres en 2011. Ce qui sera reproché à son conservateur.

Si les boucles de cheveux et les mains du Christ sont dignes de Vinci, il n'en est rien du visage. Et les mauvaises restaurations dont le tableau a fait l'objet ne permettent pas d'y voir clair.

Car si les boucles de cheveux et les mains du Christ sont dignes de Vinci, il n'en est rien du visage. Et les mauvaises restaurations dont le tableau a fait l'objet ne permettent pas d'y voir clair. 

Adjugé 450 millions de dollars en 2016 chez Christie's

Salvator Mundi

L'emballement est cependant loin de s'arrêter : Salvator Mundi est acquis en 2013 pour 127,5 millions de dollars par un oligarque russe, puis il est mis en vente par la maison Christie's en 2016.

L'œuvre, présentée cette fois avec certitude comme un tableau de Léonard de Vinci, est adjugée 450 millions de dollars. Ce qui en fait le tableau le plus cher du monde !

D'abord tenu secret, l'acheteur s'avère être le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane (accusé d'avoir fait assassiner le dissident Jamal Khashoggi à Istanbul en 2018).

Son rêve ? Voir le tableau reconnu par le Louvre comme une œuvre de Vinci et ainsi devenir « la Joconde au masculin ». De sorte qu'il pourra l'exposer fièrement dans son pays, où il mise sur le tourisme culturel pour l'après-pétrole.

Problème : le plus grand musée du monde, qui a secrètement expertisé leSalvator Mundi, est prêt à le présenter lors de sa grande exposition consacrée à Vinci en 2019, mais avec la mention « Vinci et atelier ». La monarchie saoudienne refuse. Elle aura beau insister au sommet de l'État français, il n'en sera pas autrement. Résultat : le tableau ne figurera pas dans l'exposition et il est depuis invisible.

Un documentaire-thriller avec de nombreux témoignages

Tourné de New York à Genève jusqu'en Arabie saoudite, ce documentaire qui a tout d'un thriller a demandé 2 ans de travail.

Il fait parler de nombreux protagonistes de l'histoire récente du tableau : parmi eux, son découvreur américain, le conservateur à la National Gallery qui l'a exposé, des historiens de l'art, des représentants de Sotheby’s, de Christies's, du Grand Palais, du ministère de la culture saoudien et du gouvernement français.

L'ensemble lève le voile sur un monde de l'art aux acteurs pour certains sans scrupules à l'heure de la mondialisation. 

Informations pratiques

Adresse

sur France 5 et france.tv

Durée : 1h35

Aide régionale (Fonds de soutien) : 60.000 euros (à Zadig Productions)

Tarification

Gratuit