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La Région Île-de-France présente son pacte agricole | Pour une nouvelle agriculture francilienne : produire mieux pour mieux manger

À l’occasion de l’Assemblée générale de la FDSEA Île-de-France, le 24 mai, à Palaiseau, Valérie Pécresse, Présidente de la Région Île-de-France, a présenté les grandes lignes du pacte agricole de la Région, qui sera débattu en séance plénière du Conseil régional des 31 mai et 1er juin prochains, porté par Alexandra Dublanche, Vice-présidente chargée du Développement économique, de l’Agriculture et de la Ruralité.

Le pacte agricole se présente comme un livre blanc pour l’agriculture francilienne à l’horizon 2030. Un plaidoyer pour une nouvelle agriculture en Île-de-France étayé de mesures concrètes déclinées en cinq axes stratégiques, avec pour finalité « produire mieux pour mieux manger » et un budget de 150 M€ de 2018 à 2022, ce qui représente 30 M€ par an en moyenne, au titre du budget agricole et des autres dispositifs régionaux, soit un triplement des crédits versés à l’agriculture en 2015. Il s’inscrit également en complémentarité du pacte rural adopté en mars 2016.

Les principaux objectifs que la Région se fixe dans le cadre de son pacte agricole :

- le triplement en 5 ans des surfaces cultivées en agriculture biologique (pour atteindre 45 000 ha en 2022)

- l’installation de 200 nouveaux agriculteurs par an (avec une part accrue d’installations aidées)

- l’augmentation de la part des exploitations diversifiées de 10% à un quart d’ici la fin de la mandature

- l’accroissement de 10 à 15% du nombre d’exploitations élevant des animaux.

Ce nouveau cap pour l’agriculture francilienne et la traduction du soutien de la Région Île-de-France à son agriculture et à ses acteurs, au bénéfice de tous les Franciliens, se dessinent en cinq axes stratégiques :

1. Une agriculture qui préserve ses terres et résiste au mitage

La Région veillera à ce qu’aucune consommation de terres agricoles ne puisse, à l’avenir, être acceptée sans une compensation supérieure. Un fonds de portage foncier sera créé, pour faciliter l’installation des jeunes qui ne peuvent faire face tout de suite à l’achat de leurs terres ou pour stocker des parcelles pendant deux ans si aucun projet d’installation n’est prêt à démarrer. Des stages de parrainage et des registres départementaux de l’installation favoriseront la mise en relation des exploitations mises sur le marché à l’occasion d’une retraite avec les projets d’installation des jeunes, et faciliteront les transmissions. La Région aidera les petites communes à faire faire les études sur la fonctionnalité des exploitations de leur territoire quand elles réfléchissent à leur urbanisme.

2. Une agriculture à visage humain

Le modèle familial de l’agriculture francilienne est une chance pour nos territoires d’offrir des opportunités entrepreneuriales à des jeunes en zone rurale. Il faut donc relever le défi du renouvellement des générations : la Région soutiendra l’installation, y compris l’installation de jeunes agricultrices, mais aussi la protégera durant les premières années d’activité, par une aide au conseil. Il s’agit aussi de remédier aux difficultés de recrutement du secteur  par des actions sur la formation et l’apprentissage, sur l’information et l’orientation, et également en facilitant le logement des salariés en zone rurale.

3. Une agriculture qui s’adapte en captant plus de valeur

Il ne s’agit pas d’opposer l’agriculture exportatrice et celle pourvoyeuse d’une alimentation locale, identifiée et de qualité. Elles se complètent. Pour s’assurer un avenir durable, l’agriculture francilienne doit se transformer : elle doit se diversifier, investir dans la transformation et la commercialisation de ses produits, se structurer en filières interprofessionnelles, courtes et longues, et revendiquer fièrement l’origine Île-de-France.

La Région soutiendra résolument les projets qui permettront à l’agriculture francilienne de progresser dans ces directions et, dans le cadre d’un plan bâtiment, elle financera la réalisation des études préalables (faisabilité, diagnostics) et les investissements matériels (constructions, rénovations) afin d’accélérer la diversification et d’accroître l’autonomie des exploitations : silos de céréales, ateliers d’élevage, ateliers de stockage et de transformation, etc.

Par ailleurs, d’ici la fin de l’année, la Région construira avec les acteurs des filières animales un plan d’avenir pour l’élevage francilien afin d’assurer de nouveaux débouchés pour ces filières : agneaux d’Île-de-France, aviculteurs d’Île-de-France, bovins-viande, lait tracé, etc.

Enfin, en plus de son soutien à la filière Bio, la Région a décidé de prendre ses responsabilités et proposera un nouveau dispositif d’aide à l’agriculture biologique pour compenser, pour partie, le retrait de l’État dans l’aide au maintien.

4. Une agriculture actrice de la transition écologique et énergétique

L’agriculture contribue de façon déterminante à la lutte contre le changement climatique et la préservation de l’environnement. Avec l’aide de la Région, l’agriculture francilienne pourra apporter une contribution majeure au développement des énergies renouvelables par le photovoltaïque sur les bâtiments agricoles et par l’essor de la méthanisation et du biogaz. Elle pourra aussi s’impliquer fortement dans la bio économie, celle des matériaux et produits biosourcés.

5. Une agriculture de proximité : mangeons francilien

Les services environnementaux rendus par une agriculture durablement ancrée dans son territoire sont trop souvent occultés. La Région souhaite que cesse le « farm bashing ». Pour se faire, la Région encouragera les initiatives et les innovations dans la pédagogie et le faire-savoir. La communication par ceux qui parlent le mieux de l’agriculture (les agriculteurs eux-mêmes), la stratégie touristique, les parcs naturels régionaux (PNR), l’agriculture urbaine, sont autant d’axes qui seront suivis pour que l’agriculture retrouve un regard positif de la société civile. Aussi, un Plan Régional d’Alimentation sera élaboré dans le cadre d’une large consultation. Il aidera à faire se rencontrer les aspirations des Franciliens avec les capacités de la production locale, avec l’ambition de redonner à l’alimentation de qualité produite en Île-de-France la place qu’elle mérite dans la vie des Franciliens, et notamment dans les cantines des lycées.

Les nouveaux dispositifs associés à ces axes stratégiques seront décrits dans des règlements d’intervention qui seront soumis au vote des élus en Commission permanente, tout au long des prochains mois.

 

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