Publié le 20 mai 2022

Podcast : l’Europe face aux défis de demain en Île-de-France

En mai, c'est le « Joli Mois de l’Europe ». En clair, les actions de l'Europe sont mises en lumière. Dans ce nouvel épisode du podcast de la Région Île-de-France « Paroles de Franciliens », nous avons rencontré 2 bénéficiaires de fonds européens gérés par la Région. Leur point commun : ils mènent des projets innovants pour faire face aux enjeux de demain. À écouter sur toutes les plateformes.

[MUSIQUE]

[Olivier]
On s'est réveillé et puis ça brûlait, ça brûlait, ça brûlait… C'était effroyable. On a évité le pire, mais oui ça fait drôle de se lever et de voir ça brûler. 

[Sylvain]
Aujourd'hui, il y avait un impératif de décarboner le secteur de la construction. Il est responsable d'à peu près un quart des émissions de gaz à effet de serre. Le problème, c'est que construire de manière plus respectueuse de l'environnement, ça coûte à peu près 20 à 25 % plus cher.

[Journaliste]
Vous écoutez « Paroles de Franciliens », le podcast de la Région Île-de-France qui vous donne la parole.

À chaque épisode, nous partons à la rencontre d’étudiants, de bénévoles, d’artisans, de lycéens, d’entrepreneurs, d’agriculteurs ou encore de sportifs.

Ils ont tous bénéficié du soutien de la Région pour s’engager, se reconvertir, ou simplement poursuivre leur passion. Voici leur histoire...  

[Journaliste]
Le mois de mai, c’est le Joli Mois de l’Europe.
Vous ne le saviez peut-être pas, mais la Région Île-de-France a géré une enveloppe de près de 600 millions d’euros de fonds européens, entre 2014 et 2020, pour la réalisation de projets liés à l’innovation, l’emploi, l’insertion sociale, l’agriculture, ou encore le climat.

En mai, les organisations, collectivités, associations ou entreprises qui souhaitent parler d’Europe peuvent rejoindre la programmation en labélisant leur événement « Joli Mois de l'Europe ».

Nous avons choisi de donner la parole aux Franciliens qui ont directement bénéficié de ces fonds pour mener des projets utiles et innovants. 

Sylvain Bogeat est co-fondateur de la start-up Vestack qui fabrique des bâtiments en bois biosourcés pour décarboner le secteur de la construction. 

Olivier Ranke a créé un fournil à la bergerie de Villarceaux. Il fabrique du pain bio, bon et local avec la farine cultivée sur les terres du domaine. 

[SON DE BREBIS]

[Olivier]
Je suis Olivier Ranke, je suis agronome de formation et je travaille sur le domaine de la bergerie de Villarceaux depuis 1994.

Ici, on est à la bergerie de Villarceaux. C'est un important domaine agricole et forestiers qui est situé dans le Vexin français, le Vexin français étant la région qui est située au nord-ouest de l'Île de France.

J'ai fait partie de l'équipe qui a réfléchi et initié la transition agroécologique du domaine de Villarceaux en se concentrant essentiellement sur la partie agricole et forestière.

[Journaliste]
Dans le Val-d’Oise, Olivier est l’initiateur d’une expérience pionnière de transition agroécologique en réinventant le système de culture de cette ferme de 370 hectares. 

Aujourd’hui, d’anciennes variétés de blé sont cultivées sur les terres et permettent de produire la farine et le pain vendus in situ, à la ferme.

[Olivier]
C’est ce qu’on appelle le frasage, c’est-à-dire qu’on mélange la farine, l’eau, la levure et le sel. Et le levain. Là vous avez le levain...

[Olivier] 
Après cette phase de réflexion et de mise en œuvre de la transformation agroécologique, je me suis concentré en 2006 sur toute la partie production agricole.

J'ai un peu développé le marché de vente de farine. On faisait de la vente directe sur la viande essentiellement. Donc j'ai un peu développé cette partie-là, mais il y avait beaucoup d'insatisfactions sur le fait qu'une si grande ferme ne puisse vendre qu'un peu de viande et un peu de farine, et donc, au fur et à mesure des rencontres, des opportunités, j'ai réussi à rencontrer un boulanger qui m'a dit qu'il était prêt à s'investir avec moi dans le montage d'un fournil. C'est à dire qu'au-delà de la transformation du blé en farine, on entrerait directement dans la production de pain.

Ce qui m'intéressait, c'était de travailler très localement, d'avoir un pain fait à la bergerie avec essentiellement quasiment uniquement des produits de la bergerie, alors bien sûr on a des pains aux graines avec des produits qui viennent d’ailleurs. Mais grosso modo d’avoir un pain qui soit très très local et pour les gens du coin.

On voulait un produit qui soit sain, donc à la fois dans son mode de production de ses matières premières. Donc c'est un pain bio au levain et qui a beaucoup de qualités à la fois de goût, de conservation et qui soit le plus sain possible, d’un point de vue sanitaire, pour la santé.

[Journaliste]
Si le pain d’Olivier est aussi bon pour la santé, c’est aussi grâce au rôle des animaux de la ferme et à leur participation au maintien de la biodiversité du sol.

[SON OISEAUX ET BREBIS]

[Olivier]
Aujourd'hui, on est dans un système sans intrants, sans pesticides et sans engrais, en agriculture biologique sous mention « Nature et progrès ».

Le système est très particulier sur la ferme parce que on a une imbrication totale entre les ateliers production animale et productions végétales. Je m'explique : les animaux  ont un rôle très très précis sur la ferme. C'est celui de transformer l'herbe de prairie en fumier. C'est leur seul rôle. 

Et nous, marginalement, on récupère quelques morceaux de viande à côté. Mais le but principal de la production animale sur la ferme, c'est de transformer et de valoriser les prairies. Les prairies sont indispensables dans la façon dont elles structurent, fertilisent et gèrent la biodiversité du sol.

Donc aujourd'hui, on a grosso modo 80 vaches allaitantes et leur suite, c'est à dire qu'on va avoir des veaux, des génisses de un an, des génisses de deux ans, et puis des animaux à l'engrais. Ça fait entre 180 et 280 têtes, plus une centaine de brebis et une centaine d'agneaux aussi.

[SON DECOUPE DE BOIS]

[Journaliste]
Sylvain Bogeat est un jeune entrepreneur engagé qui souhaitent que les villes du futur se construisent avec des matériaux plus propres. 
Pour cela, il a co-fondé l’entreprise Vestack qui porte un projet innovant et écologique : des bâtiments modulaires en bois biosourcés. Son cœur de cible : les constructions résidentielles collectives.

[Sylvain]
Bonjour, je suis Sylvain Bogeat, co-fondateur de Vestack. C'est une société qui a été créée en 2019 qui s'est fixé comme objectif de réconcilier l'urbanisme durable et le logement abordable.  Aujourd'hui, il y a un impératif de décarboner le secteur de la construction. Il est responsable d'à peu près un quart des émissions de gaz à effet de serre. Le problème, c'est que construire de manière plus respectueuse de l'environnement, ça coûte à peu près 20 à 25 % plus cher. Il faut trouver une solution pour absorber ces surcoûts sans que ça pèse sur l'ensemble des Franciliens et des Français. Notre vision, c'est que c'est la technologie qui va permettre de réconcilier ces deux notions apparemment antinomiques de construction durable et de logements à prix maîtrisés.

Vestack fait de la conception-construction de bâtiments, c'est à dire qu'on effectue un travail en amont d'ingénierie, de conception architecturale sur notre logiciel pour nos clients promoteurs. Et puis ensuite, on va construire le bâtiment, mais en préfabriquant certains de ces éléments hors site dans notre usine, avant de les livrer sur le chantier où ils sont assemblés pour  réaliser le bâtiment en lui-même. On est un peu comme un Ikea appliqué à l'échelle d'un bâtiment.

Vestack se positionne sur un marché du résidentiel collectif, des lotissements pour le compte d'acteurs qui sont des grands promoteurs nationaux ou régionaux pour réaliser des nouvelles opérations de construction d'un ensemble de logements.  Nous travaillons également avec des bailleurs sociaux ou justement l'adéquation entre l'ambition environnementale et la maîtrise des coûts est partiellement importantes.

[Journaliste]
L’Europe favorise la croissance intelligente, durable et inclusive. L’Île-de-France bénéficie de la politique de cohésion qui représente à elle seule près d'un tiers de celle de l'Union européenne. 

Pour cela, la Région gère 3 fonds dont peuvent bénéficier les Franciliens.

Le Fonds social européen (FSE) qui permet de financer principalement des aides à l’emploi et à la réinsertion, à l'éducation et à la formation.

Le Fonds européen agricole de développement rural (FEADER) destiné à moderniser le secteur agricole et à préserver l’environnement. 

Et enfin, le Fonds européen de développement régional (FEDER) qui soutient la transition énergétique, la recherche et l'innovation, le numérique et le développement des petites et moyennes entreprises.

C’est de ce dernier dont a bénéficié Sylvain pour Vestack.

[Sylvain]
On s'est rendu compte qu'on ne pouvait plus continuer à fonctionner comme avant avec une construction tout béton qui a un impact délétère dès la phase de construction. C'est un des plus gros consommateurs en termes de ressources naturelles et d'énergie pour produire du ciment.

Vestack a fait le choix d'implanter en Île-de-France son site d'assemblage qui est situé à Poincy, non loin de Meaux. L'Île-de-France a des besoins en logements énormes, mais également de constructions bas carbone plus spécifiquement. Vestack a eu connaissance des possibilités d'investissement via le FEDER par l'entremise d'une société de gestion qui s'appelle Karista, qui nous a accompagnés dans le cadre de notre développement. Ce sont des projets qui sont particulièrement importants pour la France, mais également pour l'Europe, parce qu'ils sont porteurs d'emplois que l'on ne peut pas délocaliser. On ne va pas faire construire en dehors de nos frontières. Ils sont porteurs d'emplois à forte valeur ajoutée. On est dans de l'industrie 4.0 et ils sont porteurs d'emplois qui participent à la transition vers une industrie décarbonée. 

Les financements que nous avons eus ont permis du coup d'aller effectivement recruter des personnes à Paris, sur nos sites de production et également de créer des parcs de machines-outils, de faire du développement logiciel. Donc ça a eu un impact sur toute la chaîne de valeur.

[Journaliste]
Olivier, lui, a bénéficié du Fonds européen agricole de développement rural (FEADER) après l’incendie qui a frappé la ferme il y a 4 ans.

[Olivier]
L'incendie a été un moment assez dur parce que le projet était en route depuis neuf mois quand ça a brûlé. On avait ouvert au mois de juin 2017, on connaissait une forte progression et fin mars 2018, le fournil a brûlé. Cela a été un coup dur, très très dur parce que on avait l'impression d'avoir bossé pour rien.

On a en gros un quart du bâtiment qui a brûlé. Et heureusement, parce que le feu n’a pas atteint le matériel, n'a pas atteint les zones de stockage de fourrage, foin et paille. Sinon, il y aurait eu les animaux à l'intérieur... On a évité le pire quoi !

Je savais que la Région pointait ou aiguillait un certain nombre de financements européens du FEADER sur la transformation à la ferme et la vente directe. On a monté un projet qui était notre projet à l'époque de 400 à 500 kilos de pain par semaine.

La Région Île-de-France, via le FEADER, nous a accordé une subvention de 50 000 euros. C’est une somme quand même importante. 
Ce qui nous a permis de créer le local de transformation, qui nous a permis de faire les premiers investissements de matériel. Le four, essentiellement, quelques pétrins, tables, bref un peu de matériel annexe. Mais grosso modo, l'essentiel du financement a été destiné à toute la partie immobilisation, c'est à dire construction d'un fournil isolé en matériaux recyclables. Enfin, on a essayé de monter un fournil qui collait avec le site.

Et ça réduit quand même le prix du pain très significativement, de l'ordre de dix centimes le kilo. Et donc c'est important parce que c'est le petit taquet qui nous permet d'être plus juste aussi avec le consommateur et d'avoir un prix qui soit plus concurrentiel.

[Journaliste]
Les projets d’Oliver et Sylvain ne s’arrêtent pas là, ils ont de la suite dans les idées et comptent bien poursuivre ou pérenniser leurs innovations.

[Sylvain]
On est portés effectivement par un contexte très favorable à la construction bas carbone. Et du coup, aujourd'hui, nous avons également besoin de faire rentrer de nouvelles personnes, accroître nos équipes. On a une forte dimension européenne dans notre ADN en tant qu'équipe, et on souhaite également que Vestack, à partir de l'Île-de- France, aille essaimer dans d'autres régions et pourquoi pas dans d'autres pays européens.

[Olivier]
On n'a pu bien avancer sur la reconstruction. Et je pense que d'ici la fin de l'année, enfin, même avant, normalement, on devrait avoir un nouveau fournil, fin voilà, tout réinstaller en fixe et permanent. L'idée, c'est quand même oui, de rester à taille humaine.

[MUSIQUE]

[Journaliste]
Élevage de brebis en itinérance, serres écologiques sur les toits, réseau de chaleur écoresponsable… Découvrez, en vidéo, les projets d’autres bénéficiaires des fonds européens sur le site iledefrance.fr. Et pour plus d’infos sur l’action de la Région liée à l’Europe, rendez-vous sur le site europeidf.fr.

C’était Paroles de Franciliens, un podcast réalisé par la Région Île-de-France. N’hésitez pas à liker, à commenter et à partager. Merci à Olivier et Sylvain pour leurs témoignages et à très vite pour de nouvelles paroles de Franciliens. 
 

À l’occasion du Joli Mois de l’Europe, opération organisée chaque année en mai pour mettre en avant les actions de l'Europe, nous avons rencontré 2 bénéficiaires de fonds européens dont la Région assure la gestion.

Pour découvrir leurs projets écologiques et innovants, écoutez le 5e épisode de « Paroles de Franciliens », le podcast de la Région Île-de-France disponible sur de  nombreuses plateformes d'écoute.

2 bénéficiaires de fonds européens qui œuvrent pour le climat

Où écouter le podcast ? 

Le podcast « Paroles de Franciliens » est disponible sur de nombreuses plateformes :

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Dans cet épisode spécial « Europe », 2 Franciliens nous expliquent leurs projets. Ils ont un même objectif : faire de l’Île-de-France une région plus propre et lutter contre le changement climatique. 

  • Olivier Ranke, agronome, a créé un fournil à la bergerie de Villarceaux (95) grâce au Fonds européen agricole de développement rural (FEADER). Il vend le pain bio qu’il produit directement à la ferme.

  • Sylvain Bogeat, entrepreneur, a cofondé l’entreprise Vestack, soutenue par le Fonds européen de développement régional (FEDER). Celle-ci conçoit des bâtiments modulaires en matériaux biosourcés pour décarboner le secteur de la construction. 

3 fonds européens accessibles aux Franciliens

La Région Île-de-France a géré une enveloppe de 600 millions d’euros de Fonds européens entre 2014 et 2020 pour la réalisation de projets innovants.

Les Franciliens peuvent bénéficier de 3 fonds :

  • Le Fonds social européen (FSE), qui permet de financer principalement des aides à l’emploi et à la réinsertion, à l'éducation et à la formation.
  • Le Fonds européen de développement régional (FEDER), qui soutient la transition énergétique, la recherche et l'innovation, le numérique et le développement des petites et moyennes entreprises.
  • Le Fonds européen agricole de développement rural (FEADER), destiné à moderniser le secteur agricole et à préserver l’environnement.

Pour plus d'infos sur l'action régionale liée à l'Europe, rendez-vous sur www.europeidf.fr, le site de l'Europe en Île-de-France.