19 décembre 2019

Patrimoines en poésie : les poèmes prennent forme

Crédit photo : Guillaume Binet / MYOP

La 4e édition du concours Patrimoines en poésie, organisé par la Région à destination des enfants, s'achève le 31 décembre 2019. Rencontre avec les petits poètes de Villeneuve-la-Garenne qui ont trouvé l'inspiration à la basilique de Saint-Denis. Les premières lignes sont écrites...

Étape après étape, l’animatrice linguistique Marie-Sylvine Dechaume accompagne 7 enfants du centre social Nouveau Monde de Villeneuve-la-Garenne (92). Ensemble, ils participent au jeu-concours Patrimoines en poésie, à travers lequel la Région propose aux poètes en herbe de trouver l'inspiration en contemplant les beautés du patrimoine d'Île-de-France. Marie-Sylvine enseigne le français langue étrangère dans le centre et saisit toutes les opportunités de travailler la langue. Patrimoines en poésie était donc un rendez-vous incontournable. 

Toucher du doigt l'histoire de France

Jeu-concours Patrimoines en poésie 2019

visuel-Patrimoine en poésie

Organisé par la Région et la Drac Île-de-France jusqu'au 31 décembre 2019, Patrimoines en poésie invite les 8-12 ans à raconter ou décrire leur monument préféré en poésie. Plus d'infos.

Lors des 2 précédentes éditions du concours régional, l’animatrice avait pris les chantiers navals et le parc des Chantereines de Villeneuve-la-Garenne pour sources d’inspiration. Cette année, elle a opté pour la basilique de Saint-Denis (93).

L’édifice a beau ne se trouver qu’à quelques stations de tramway du centre social, peu l'ont déjà visité. « Sortir du quotidien et permettre aux enfants d’avoir accès à des événements dont ils n’ont pas connaissance est au cœur de ma démarche », explique-t-elle. Avant de poursuivre : « En choisissant la basilique de Saint-Denis, j’ai voulu que les enfants touchent du doigt l’histoire de France. Que se matérialise tout ce qu’ils apprennent à l’école. » 

Retrouvez le 1er épisode : À la basilique de Saint-Denis, les rois de France inspirent les enfants 

De la visite patrimoniale à l'écriture des poèmes

Après la visite de la basilique en octobre 2019, les enfants ont choisi librement ce qu’ils avaient le plus aimé comme point de départ de leur poème. Puis est venue l’heure d’écrire, en respectant la sensibilité de chacun. Car c’est avant tout un projet personnel.

Soumaya, 8 ans, a donné la parole à Henri, un bâtisseur de cathédrales.

« Moi, c’est Henri,
Henri le bâtisseur,
Le célèbre bâtisseur de cathédrales aguerri.
Mes fidèles compagnes ?
Ma corde à treize nœuds et ma canne ! […]
» 

Maryame, 10 ans, a mis en scène 2 petites filles qui se cachent dans la basilique toute la nuit pour, le matin venu, observer en toute discrétion le couronnement du roi.

« […] Entre les statues
Faufilons-nous,
Montons vite 
À la haute tour,
Dans un coffre
Glissons-nous
Dans un manteau
de fleurs de lys
Nous dormirons
Toute la nuit […]
»

Pour sa part, Assya, 10 ans, a décidé de s’intéresser au confort des gisants.

« Ah ! Comme le temps semble interminable
Dans ce sinistre tombeau de pierre désagréable
Ma couronne ne me tient guère chaud
Et mes pieds sont gelés comme s’ils étaient au cachot […]
» 

Illustrer les poèmes

Une fois les textes quasi aboutis, c’était au tour de l’illustrateur Christophe Couchy d’intervenir. Ce dernier a dû s’adapter aux envies, aux styles et aux besoins de chaque enfant. Pour l’un, il s’agissait d’aider à esquisser un personnage, pour un autre, de créer des bulles façon bande dessinée ou encore de réaliser une enluminure.

« Favoriser la confiance en eux, dans ce qu’ils ont écrit et dessiné, c’est mon rôle, observe-t-il. Au début, la notion de jeu-concours était assez abstraite pour les enfants, mais quand ils se sont mis à écrire et à dessiner, elle leur est devenue de plus en plus concrète ».

Favoriser la confiance en eux, dans ce qu’ils ont écrit et dessiné, c’est mon rôle»
Christophe Couchy, illustrateur

Des enfants très motivés

Les 2 animateurs ont été agréablement surpris par l’investissement des enfants, leur persévérance et par la qualité de leurs productions. Comme le constate Marie-Sylvine Dechaume, « ils se sont montrés très exigeants envers eux-mêmes, certains ont même travaillé en dehors de l’heure hebdomadaire de l’atelier ».

Grâce au travail effectué sur le vocabulaire, l’orthographe, le sens du rythme et les rimes, leur scolarité entière s’en trouve nourrie.

Ils ont compris que les mots ne sont pas anodins. » 
Marie-Sylvine Dechaume

Une des participantes espère que son poème sera récité en classe par tous ses camarades. Quelle plus belle récompense espérer ? Que l’un des enfants gagne un prix. Mais, comme l’animatrice se plaît à le répéter, le plus important c’est de participer. 

Les prix du jeu-concours seront décernés en mars 2020. En attendant, les enfants ont jusqu’au 31 décembre 2019 pour peaufiner leur création.