26 mars 2019

Les lycéens racontent en affiches leur visite au camp d’Auschwitz

Afin de contribuer au devoir de mémoire des lycéens et apprentis, la Région permet à certains d'entre eux de se confronter à la Shoah lors d'un voyage d’étude à Auschwitz, en Pologne. Les jeunes ayant fait ce voyage en novembre 2018 ont réalisé 28 panneaux dévoilés ce 25 mars.
La Région, partenaire du Mémorial de la Shoah et d'autres lieux de mémoire
Afin que les jeunes générations gardent le souvenir des atrocités nazies et de leurs victimes, la Région a financé à ce jour 61 voyages d'étude pour 9.000 lycéens et apprentis franciliens au camp d'extermination d'Auschwitz, en Pologne, en partenariat avec le Mémorial de la Shoah.
Toujours pour le devoir de mémoire des lycéesn et apprentis, elle a noué d'autres partenariats avec le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux, le Mémorial de Caen, la Fondation Charles de Gaulle, et l'Association pour le souvenir des fusillés du Mont-Valérien. Plus d'infos.

Tout est parti d’un voyage en Pologne, au tristement célèbre camp d’Auschwitz. Grâce au soutien de la Région Île-de-France, 487 jeunes issus de formations professionnelles et de lycées franciliens ont pu se rendre au camp de concentration et d’extermination nazi, en novembre 2018. Ils ont poursuivi cette difficile exploration du passé avec la conception d’une exposition de 28 panneaux souvenirs.

 

Des mots et des images sur Auschwitz

Ces travaux, qui tentent de mettre des mots et des images sur ce qu’ont vécu 76.000 juifs déportés à Auschwitz-Birkenau pendant la Seconde Guerre mondiale, ont été présentés ce 25 mars 2019 à la Région.

Découvrez les 28 panneaux réalisés par les lycéens à l'occasion de cette restitution :
 

Voici 2 exemples parmi ces panneaux.

Hommage street art à Simone Veil

« Tous les élèves ont écrit une lettre où ils justifiaient leur envie de visiter ce lieu chargé d’histoire. Ils me l’ont rendu et j’ai tout rassemblé dans une seule lettre que j’ai adressée à la Région. C’est comme ça qu’on a réussi à partir, explique Mme Fourbier, professeur d’histoire au centre de formation d'apprentis (CFA) de mécanique et carrosserie de Saint-Maurice (94). Les élèves ont ensuite produit des affiches hommages. »

Ces lycéens de 1re ont créé une affiche colorée de style street art en hommage à Simone Veil, en collaboration avec Mme Hamel, leur professeur d’arts appliqués : un portrait de la jeune femme entourée de traces de peinture et de mots vibrants tels que « courage » ou « engagée ». L’œuvre était accompagnée d’un réquisitoire contre ses détraqueurs, également écrit par un élève. « Le maître-mot a été de travailler sur la typographie. Nous voulions aussi des couleurs pour ne pas tomber dans le mélodramatique. Quelque chose de différent  », précise Mme Hamel.

Tous ont choisi un thème, une personnalité, un aspect marquant de la Shoah. Chaque lycée, représenté par des ambassadeurs, a présenté le fruit de son travail à Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah, et Caroline Coblentz, présidente de la commission éducation de la Région.

 

Esther Senot, déportée, convoi n°59

Quelques panneaux plus loin, les élèves de terminale du lycée agricole de Saint-Germain-en-Laye (78) ont, eux, choisi de raconter la Shoah par le biais du cinéma. Après avoir visionné Le Pianiste et Les Héritiers, les lycéens ont pu recevoir par vidéoconférence le témoignage de la déportée Esther Senot. Le voyage à Auschwitz les a convaincus de créer une affiche qui reprend le parcours de celle-ci, de son arrivée au camp dans le convoi n°59 jusqu’à sa libération. Cette expérience a été un véritable électrochoc pour les élèves, habitués à des données chiffrées dans leurs manuels d’Histoire.

« La journée de visite a été très intense. On n’a pas vécu tout ça, on essaye juste de comprendre. Le lieu entier rend compte de l’intensité de l’usine de la mort », raconte une élève. « Moi, ce qui m’a marqué, c’est surtout la mare à côté des crématoriums, où les nazis déversaient les cendres. Contrairement aux tombes, là, c’est indénombrable. Et cette mare était si anodine  », renchérit un autre.

 

Ne rien laisser passer face au racisme

Selon une récente étude Ipsos, 21% des Français entre 18-24 ans n’ont jamais entendu parler de la Shoah. Des chiffres alarmants pour l'élue régionale Caroline Coblentz : « Transmettre est un devoir de mémoire. Vous, jeunes élèves, avez la force et la volonté de connaître l’indicible et de témoigner avec vos mots, alors faîtes-le ! »

Selon une récente étude Ipsos, 21% des Français entre 18-24 ans n’ont jamais entendu parler de la Shoah.

Cette exposition a été l’occasion de rappeler aux jeunes l’importance de leur implication dans la lutte contre toutes les formes de racisme. « Il ne faut pas penser que ça ne peut pas arriver à nouveau. L’antisémitisme est encore bien présent. Lorsqu’on parle de racisme, il ne faut rien laisser passer, même pas de simples mots. C’est à nous de changer la société dans laquelle nous vivons » martèle Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah.

Les élus franciliens ont rappelé l'importance de la lutte contre violences antisémites, lors de la séance plénière du Conseil régional du 20 mars 2019. 
Exposition intinérante
Cette exposition est destinée à être proposée temporairement dans les lycées. Il suffit aux chefs d'établissements intéressés d'en faire la demande auprès du Mémorial de la Shoah.

Photos : © Hugues-Marie Duclos