Publié le 2 décembre 2020

Les entreprises et la crise sanitaire #2 : Farinez’vous à Paris

Crédit photo : DR

La crise liée au Covid-19 a confronté les boulangeries engagées dans une démarche solidaire à une fermeture, puis à une baisse de fréquentation à cause du télétravail. Des aides comme le Fonds Résilience et Collectivités leur permettent de patienter jusqu’à un rebond. Témoignage d'une coopérative. 

Comme des milliers de commerces de proximité franciliens, la société coopérative d'intérêt collectif Farinez’vous n’a pas été épargnée par la crise sanitaire. Les 2 boulangeries artisanales, sociales et durables qu'elle réunit, installées dans les 12e et 13e arrondissements de Paris, ont fermé durant le premier confinement. Depuis, elles sont confrontées à une forte diminution de leur chiffre d’affaires, en raison principalement du télétravail généralisé. 

Témoignage de Farinez'vous, bénéficiaire du Fonds Résilience et Collectivités

Domitille Flichy, cheffe d’entreprise fondatrice de Farinez’vous, a sollicité plusieurs aides dont le Fonds Résilience et Collectivités, pour permettre à sa coopérative de passer le cap du Covid-19 et sauvegarder les emplois.

Nous accueillons des personnes éloignées de l’emploi, en reconversion, que l’on forme aux métiers de la boulangerie et de la vente. »

Farinez’vous, ce sont des boulangeries mais pas seulement ?

Domitille Flichy : En effet, nous sommes boulangers, mais aussi une entreprise d’insertion. Depuis notre ouverture en 2009, nous accueillons des personnes éloignées de l’emploi, en reconversion, que l’on forme aux métiers de la boulangerie et de la vente. Une boulangerie est une petite ruche dans laquelle le boulanger commence à 3 heures du matin et où il faut produire tous les jours. C’est ce que l’on apprend chez nous. L’entreprise compte 15 employés dont 7 en CDD d’insertion. Une personne, sur un poste de chargé d’insertion professionnelle, est là pour les accompagner durant leur parcours.

Comment avez-vous choisi vos lieux d’implantation ?

D. F. : Par rapport à notre projet social, nous avons choisi des quartiers d’affaires où l’on peut fermer le week-end. En plus du pain, dont un à la farine de meule, et des viennoiseries, nous avons développé une offre de restauration rapide le midi pour les salariés des entreprises voisines. Et chez nous, tout est fait maison avec des matières premières issues de producteurs locaux, de l’agriculture raisonnée ou biologique et du commerce équitable.

Nous avons fermé pendant un mois et demi, alors que toute l’équipe voulait venir travailler. »

Comment avez-vous vécu le premier confinement ?

D. F. : C’était totalement nouveau et soudain. En tant que cheffe d’entreprise, j’ai décidé de fermer car nous n’étions pas formés aux gestes barrières. Je ne voulais pas mettre mon équipe en danger pour un chiffre d’affaires réduit. Alors nous avons fermé pendant un mois et demi, alors que toute l’équipe voulait venir travailler. Et lorsque nous avons rouvert de façon adaptée après un mois et demi de chômage partiel, nous avons été confrontés à une très forte baisse de nos clients.

Comment avez-vous tenu financièrement ?

D. F. : J’ai sollicité plusieurs aides car je ne savais pas ce qui allait se passer. D’abord le Fonds de garantie, puis le Fonds de solidarité. Ensuite, j’ai entendu parler du fonds Résilience et Collectivités à taux zéro. J’ai trouvé que c’était un outil intéressant et, en prévision, j’ai préféré le demander. J’avais la chance d’avoir une bonne trésorerie à ce moment-là. C’était donc plus par anticipation. 

Et comment abordez-vous cette nouvelle période ?

D. F. : Lors du deuxième confinement, comme nous connaissions un peu mieux la situation, nous sommes restés ouverts. Même si c’est difficile de garder le masque tout le temps avec la chaleur et la poussière dans le fournil. À notre niveau, ce qui change le plus c’est le télétravail. Par exemple, le ministère des Finances, juste à côté de notre boulangerie du 12e, est vide, tout comme les bureaux aux alentours. Actuellement, nous réalisons à peu près la moitié de notre chiffre d’affaires d’avant. 

Tout le monde travaille, mais nous faisons un peu moins d’heures. »

Comment cela se traduit dans votre organisation ?

D. F. : Toute le monde travaille, mais nous faisons un peu moins d’heures. Et un poste en insertion qui se terminait fin juillet n’a pas encore été renouvelé. Par ailleurs, nous sommes très investis dans la volonté de réduire notre impact environnemental. Nous avions justement commencé à mettre en place un système de consigne pour les contenants de nos salades à emporter. Mais nous avons dû faire un peu machine arrière car de nombreux clients prêts à jouer le jeu nous ont dit qu’ils ne savaient pas quand ils reviendraient. Aujourd’hui, nous attendons que nous clients habituels soient de retour au travail pour les accueillir à nouveau.

Qu'est-ce que le Fonds Résilience Île-de-France et Collectivités ?

Pour qui ?

TPE, micro-entreprises et associations de 0 à 20 salariés. Et structures de l’économie sociale et solidaire ayant au moins 1 salarié. Les entreprises du tourisme, de l'hôtellerie, de la restauration, des loisirs et du bien-être de 20 à 50 salariés, touchées par les nouvelles restrictions, sont désormais éligibles.

Condition ?

Accès au financement bancaire limité ou impossible. 

Aide ?

Avance remboursable à taux zéro et sans garantie, sur une durée maximale de 6 ans, avec un différé de remboursement d’une durée maximale de 2 ans.

Montant ?

De 3.000 euros à 100.000 euros.

►Plus d'infos dans l'espace www.iledefrance.fr/fondsresilience 
►Voir aussi notre article et notre brochure « Fonds Résilience Île-de-France et Collectivités ».