4 février 2016

Les coaches de la Région, des pros au service des futurs entrepreneurs franciliens

Au Salon des entrepreneurs, ces 3 et 4 février 2016 à Paris, le stand de la Région accueille des conseillers un peu particuliers : les coaches, ces chefs d'entreprise spécialistes de la création de boîte. Leur mission : vous aider à mettre votre projet sur de bons rails.

Une mission : accompagner les entrepreneurs franciliens de demain

Ils arrivent au stand de la Région le regard interrogateur, des dossiers sous le bras. Très vite, un coach accueille ces futurs entrepreneurs franciliens, pour échanger autour de leur projet de création d'entreprise. Nouveauté 2016 pour ces ateliers au succès grandissant : les spécialistes de l'accompagnement entrepreneurial et de la création d'activité sont rejoints par des chefs d'entreprise. Ou comment marier la théorie et la pratique. Michèle Akerberg, formatrice en création d'entreprise à l'Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes), et Federico Canova, vice-président d'une entreprise internationale de technologies médicales, sont l'un de ces duos de choc.

Des conseils de bon sens

Au beau milieu du premier jour du salon, le 3 février 2016, le couple a déjà reçu six futurs entrepreneurs franciliens. Tous viennent avec « des projets sérieux », notent Michèle et Federico. « Et réalistes, simples au bon sens du terme, ajoute le dirigeant d'entreprise. Les idées sont souvent bonnes, mais les gens ont peu conscience de l'environnement : les normes, les réglementations, mais aussi les aides. La France et la Région sont très bien pourvues en la matière, mais trop souvent les futurs entrepreneurs franciliens ne le savent pas. » À cet égard, Valérie Pécresse, la présidente de la Région Île-de-France, veut « faire plus et mieux pour accompagner les entrepreneurs ». « Le choc de simplification, c'est maintenant, ajoute-t-elle. On va travailler à simplifier les critères des dossiers de financement et ouvrir les candidatures toute l'année et non plus deux fois par an. » La présidente évoque aussi la possibilité de créer un portail « Paris Région start-up » sur le modèle d'une initiative de Tel Aviv.

Au cours de leurs séances d'une vingtaine de minutes en moyenne, les coaches prodiguent des conseils indispensables, dont certains sont applicables à tous les types de projets vus dans la matinée, de la production de vêtements à la restauration, en passant par le biocarburant : « Il faut minimiser les coûts fixes, prévient Federico. Vous les paierez tous les mois, alors que les bénéfices peuvent mettre des mois à commencer à rentrer. » « Prenez un expert-comptable, et aussi un notaire pour éviter que votre appartement soit saisi en cas de problème, ou que votre conjoint ait à être solidaire des déboires éventuels de votre activité », explique Michèle.

« L'effet miroir »

En face, les entrepreneurs franciliens en herbe recherchent des conseils, des trucs de pro, mais aussi un petit quelque chose de moins rationnel : « Ils viennent aussi pour l'effet miroir, explique Federico. Ils veulent savoir si leur idée va “mordre” chez leur interlocuteur. Ça rassure, de sentir qu'on n'est pas le seul à penser avoir eu une bonne idée. » Une fois le fond décortiqué, il faut soigner la forme : « On leur apprend à habiller la présentation de leur projet, pour qu'ils puissent raconter une histoire qui va marquer les investisseurs potentiels. »

À 41 ans, Tatiana espère bien pouvoir bientôt dérouler son projet. Dans la plus grande discrétion, elle vient de breveter un mystérieux dispositif de puériculture qui devrait révolutionner le confort de bébé et des parents. Mais cette formatrice en communication, mère de trois enfants, n'a aucune notion d’entrepreneuriat. Alors elle passe d'interlocuteur en interlocuteur sur le stand de la Région. « J'ai compris une chose en discutant avec les coaches : je dois arrêter de parler en mon nom et créer mon entreprise. Une fois celle-ci créée, je pourrai solliciter des aides. » Tatiana hésite encore sur la forme juridique de sa société. Mais elle sait déjà qu'elle veut fabriquer en France, avec des bioplastiques. Et qu'il faut faire vite, avant qu'un gros industriel du secteur ne lui pique son idée. Les lacunes en entrepreneuriat de personnes dans le cas de Tatiana pourraient être comblées à l'avenir : comme l'a annoncé Valérie Pécresse lors de sa visite au salon, « la Région doit mettre l'accent sur la formation à l'entrepreneuriat car beaucoup de demandeurs d'emploi ont un savoir-faire, mais n'osent pas créer leur propre entreprise parce qu'ils n'y ont pas été formés ».

Approfondir, préciser, maîtriser

Lydia, elle, veut créer sa société de services à la personne. Elle aussi vient d'un tout autre monde, puisqu'elle était jusqu'à récemment encore secrétaire de direction dans une multinationale du quartier d'affaire de la Défense. Sa première ébauche de business model sous le bras, elle est allée à la rencontre des coaches de la Région. Verdict : « Je dois approfondir les aspects techniques, clarifier la cible, préciser les formations que je souhaite entreprendre, insister sur les détails économiques du projet, proposer un planning de création de l'entreprise et mieux maîtriser la réglementation du secteur. » Du travail en perspective donc, mais Lydia a toutes les cartes en main. Elle est « claire, cohérente, réaliste, enthousiaste et motivée ». C'est le coach qui le dit.