5 avril 2016

Le budget 2016 met l’accent sur l’investissement

Valérie Pécresse entend faire adopter un budget 2016 de relance des investissements tout en réalisant des économies sur le fonctionnement de la Région.

Un budget 2016 pour améliorer la santé financière de la Région

Faire l’inventaire pour mieux repartir de l’avant. En commandant un audit financier et juridique sur la situation du Conseil régional, Valérie Pécresse souhaitait disposer d’un état des lieux précis afin de construire le budget 2016, qui sera mis au vote cette fin de semaine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les conclusions du cabinet Ernst&Young, dévoilées ce 4 avril 2016 par Le Figaro, ne sont pas tendres à l’égard de la gestion de l’exécutif précédent. L’étude observe une « nette dégradation de la santé financière de la collectivité depuis 2010 » ainsi qu’une augmentation de la dette de plus de 53 % liée à une hausse plus rapide des dépenses que des recettes. 

Résultat, l’Île-de-France figure aujourd'hui en troisième position des régions métropolitaines les plus endettées de France par habitant (plus de 420 euros), derrière le Nord-Pas-de-Calais et la Provence-Alpes-Côte d’Azur.  Des contraintes qui n’étouffent pas pour autant les ambitions de la nouvelle présidente de la Région, qui souhaite « décliner sans tarder les engagements pris devant les Franciliens » et donner à l’Île-de-France les armes pour rivaliser avec des métropoles mondiales comme Londres, New York, Shanghai ou Singapour. 

Budget 2016 : faire du Conseil régional une collectivité d’investissement

« Je veux un budget de relance des investissements concentré sur les urgences, confiait-elle au Figaro le 6 mars 2016. Quatre investissements prioritaires, dans les transports, l'éducation, la ruralité jusqu'alors abandonnée et la sécurité, seront un levier de croissance pour l'Île-de-France. Cela s'accompagne d'un amaigrissement du fonctionnement pour lequel je propose une baisse de plus de 5 %. Soit une économie, jamais vue, de 120 millions d'euros sur un an.  En 17 années de gestion socialiste, le budget de fonctionnement a toujours augmenté d'une année sur l'autre. Il atteint aujourd'hui plus de 2,5 milliards. » 

Un cap validé par le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser), qui approuve, dans un avis rendu le 1er avril 2016, « la volonté, affichée par l’exécutif, que la Région redevienne une collectivité d’investissement ».  

Le rail, mais aussi la route

Première des priorités, les transports vont bénéficier en 2016 de 600 millions d’euros d’investissements, soit une progression de 9 % par rapport à l’an dernier. Cela permettra de faire avancer des projets attendus par les Franciliens comme le prolongement du tramway T3 jusqu’à Asnières (92), la réalisation du tramway T 10 Antony-Clamart (92), la construction du pôle multimodal de Juvisy-sur-Orge (91) ou encore l’électrification toujours repoussée de la ligne P. Il s’agira également d’améliorer le réseau routier pour le désengorger, à commencer par la Francilienne en Seine-et-Marne.

Grâce à l’action engagée par la présidente auprès de l’État, le budget 2016 des transports n’aura pas à assumer la charge de 300 millions d’euros liée au financement du passe Navigo à tarif unique. De plus, les économies permises par l’arrêt du financement de la gratuité des transports pour les étrangers en situation irrégulière financeront l’augmentation de la contribution de la Région au Stif (autorité organisatrice des transports en Île-de-France), qui doit notamment lancer un grand plan de rénovation du matériel roulant.

Des lycées plus accessibles

Du côté des lycées, les investissements atteindront 401 millions d’euros cette année, soit une progression de 6 % par rapport à 2015. Cette augmentation contribuera notamment à accélérer la mise en œuvre du programme d’accessibilité pour les élèves en situation de handicap, à assurer la rénovation tant attendue du lycée de Ris-Orangis (91) et à mener à bien la construction de lycées neufs à Boulogne ou à Courbevoie (92).

Bond pour la recherche

Parmi les autres nouveautés de ce budget 2016, l’enseignement supérieur ainsi que la recherche connaîtront un niveau d’investissements inégalés jusqu’à présent avec un total de 139 millions d’euros, ce qui constitue un bond de 25 % comparativement à 2015. Un effort censé financer entre autres la bibliothèque du campus Condorcet, une infrastructure d’envergure européenne pour les sciences humaines et sociales.

Le pacte rural entre dans les faits

Avec un montant alloué de près de 23 millions d’euros, les territoires ruraux font partie également des grands bénéficiaires du budget 2016. Ils voient leurs aides doublées par rapport à 2015. Il s’agit du premier acte de la mise en œuvre du pacte rural, annoncé par Valérie Pécresse le 17 mars 2016 et qui prévoit entre autres l’amélioration de l’offre de transports, le déploiement d’un plan bus, l’aide au maintien des services publics, la sauvegarde des commerces de proximité, le développement des espaces de travail collaboratif ou encore l’accélération du Très Haut Débit. Cette valorisation des territoires ruraux s’accompagne d’un budget d’investissement en hausse de 115 % pour l’agriculture, qui atteint 5,5 millions d’euros.

« Un budget responsable et de confiance en l’avenir »

Pour relancer l’activité en Île-de-France, les crédits d’investissement consacrés au développement économique s’établiront à 110 millions d’euros en 2016, en hausse de 12 % par rapport à 2015. Un total de 1.000 micro-prêts pour la croissance des TPE seront ainsi attribués par les réseaux bancaires et la Banque publique d’investissement dans le but de combler un manque dans l’offre actuelle de financement de ces entreprises.

S’agissant de la culture, les investissements prévus cette année enregistrent une progression de 84 %, avec un montant total de 35 millions d’euros. De la sorte, le soutien au cinéma sera consolidé. De même, l’ensemble des acteurs du secteur culturel bénéficiera d’un fonds afin de moderniser les lieux de spectacle ainsi que les sites du patrimoine culturel francilien. Ce fonds servira aussi à l’équipement des troupes et des orchestres.    

Enfin, le budget d’investissement de la politique régionale en matière de sécurité va tripler avec comme objectifs l’aide à l’implantation et à l’équipement des forces de sécurité ainsi que le soutien aux dispositifs de vidéoprotection dans les lycées ou les salles de spectacle.

« Il s’agit donc à la fois d’un budget de relance par l’investissement, d’économie de fonctionnement et de maîtrise de l’endettement, résume Valérie Pécresse. Un budget responsable et de confiance en l’avenir ».

 

Ici, découvrez l'ensemble des rapports qui alimenteront les débats du Conseil régional lors de la séance des 6, 7 et 8 avril 2016.