Journée mondiale contre l’excision : la Région aux côtés des associations

C’est l’une des pires formes de violences faites aux femmes : la mutilation génitale touche près de 60.000 filles et femmes en France. La Région la combat en soutenant des associations qui forment des professionnels de santé et prennent en charge les victimes.

140 millions de femmes dans le monde et près de 60.000 en France ont subi des mutilations sexuelles. Malgré les avancées juridiques et éducatives, 3 filles sur 10 de parents issus de pays pratiquant les mutilations sexuelles féminines restent aujourd’hui menacées.

La Région Île-de-France, qui lutte fermement contre toutes les formes de violences faites aux femmes de tous âges – et en a d'ailleurs fait sa Grande Cause régionale 2017 –, accorde une importance particulière aux mutilations sexuelles et à l’excision. 

Prévenir

Elle soutient des dispositifs de prévention qui permettent une éducation par des formations, un site Internet et des supports numériques, pour prévenir et protéger les jeunes filles et leur entourage des risques d’excision : l’association Excision Parlons-en a ainsi reçu une aide de 10.000€ en 2017.

La prévention passe également par la formation des professionnels (justice, médical, social, éducatif) à un meilleur repérage et une meilleure prise en charge des victimes. C’est l’une des missions de la Fédération GAMS (Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles), qui a reçu une aide régionale de 25.000€ en 2017.

Reconstruire

La Région soutient la Fédération GAMS
« Notre objectif est de sensibiliser les populations concernées, les adultes hommes et femmes dans les centres sociaux, les centres d'accueil..., ainsi que les adolescents et pré-adolescents, explique Isabelle Gillette-Faye, sociologue et directrice de la Fondation GAMS. Mais, pour l’essentiel, nous formons les professionnels franciliens, comme les médecins de la PMI, à repérer les cas et agir en fonction en alertant les autorités administratives et judiciaires. (...) La situation s'améliore lentement, même si 30% des enfants issues des populations concernées sont menacées... On sera soulagés quand on aura laissé l'excision 2-3 générations derrière nous. (...) L'aide de la Région nous a permis de développer notre newsletter mensuelle, qui aborde toutes les thématiques de nos formations en Île-de-France. Au bout de deux ans, nous avons 3.000 abonnés. »
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Au-delà de la prévention, la Région intervient aussi pour accompagner les femmes et jeunes femmes qui ont subi des mutilations génitales : l’Institut Women Safe, centre pionnier de prise en charge des femmes victimes de violences, unique par son mode d'action pluridisciplinaire qui réunit en un même lieu médecine (infirmières, médecins, psychologues) et justice (juristes, avocats), a reçu 30.000€ de la Région en 2016. Le professeur Pierre Foldes, inventeur d’une technique chirurgicale réparatrice, opère chaque jour des femmes mutilées qui sont ensuite prises en main par les équipes de l’Institut pour se reconstruire entièrement.

Autre lieu d’accompagnement pour les femmes victimes de l’excision, la Maison des femmes de Saint-Denis (93) a reçu pour sa construction 300.000€ en investissement de la Région. Aujourd’hui, ce lieu offre un parcours de soin aux femmes victimes de violences (conjugales et sexuelles, mariages forcés, excisions…). En 18 mois, l’équipe de la Maison des femmes a accueilli des centaines de femmes victimes de violence et leur a offert un parcours de soin à travers plus de 15.000 consultations (35 à 50 par jour). 
 

L’excision en Île-de-France
Ablation totale ou partielle des organes sexuels externes de la femme, l'excision est une mutilation qui porte atteinte à l'intégrité physique et psychique des femmes. En plus de pouvoir entraîner la mort par hémorragie au moment de l'acte, elle entraîne des problèmes de santé tout au long de la vie (infections urinaires, stérilité, complications obstétricales lourdes) et un traumatisme grave aux conséquences sur le psychisme (angoisses, dépression) et sur la vie sexuelle. « En France et en particulier en Île-de-France, explique la directrice de la Fondation GAMS, la prévention menée notamment par la protection maternelle et infantile a porté ses fruits... Du coup, l'âge où sont pratiquées les mutilations augmente : dans le monde, 50% des femmes sont excisées avant 5 ans, en France c'est plus souvent pratiqué à la pré-adolescence et à l'adolescence : les familles savent que c'est un acte pénalisé en France, ne le pratiquent pas, mais généralement ça se fait dans le cadre d'un voyage au pays d'origine dans l'optique d'un mariage forcé. Les conséquences physiques et psychologiques sont les mêmes quel que soit l'âge... »