Gennevilliers : un toit pour deux générations

Ouverte en septembre 2017, la résidence Carmen-Gérard se situe au cœur d'un quartier flambant neuf de Gennevilliers. Sa particularité ? Elle est intergénérationnelle : seniors et jeunes de moins de 30 ans cohabitent au sein de ce lieu adapté à leurs attentes respectives…

« Je ne voulais pas aller en maison de retraite puisque je suis complètement autonome. Mais j'ai mal aux genoux et mon ancien appartement n'était pas pratique, je me cognais partout », confie Jeanne Blacodon. À 70 ans, elle a donc décidé d’emménager dans la résidence intergénérationnelle Carmen Gérard à Gennevilliers (92). Jeanne vit aujourd’hui dans un deux-pièces de 47 m² adapté à sa condition physique et situé dans un environnement calme et sécurisé. Cerise sur le gâteau : « Je discute régulièrement avec mes jeunes voisines depuis mon balcon… Je leur ai même proposé de venir boire le thé ! » raconte-t-elle, enthousiaste. Parce qu’en plus du maintien à domicile des seniors, les résidences intergénérationnelles ont vocation à créer du lien social entre les générations…

 

Ensemble, mais indépendants

Concrètement, deux bâtiments reliés par des passerelles composent la résidence. Le premier, de 48 logements, est réservé aux seniors. Le second, dont la construction a été subventionnée par la Région (à hauteur de près de 842.000€), compte 74 appartements, loués à des étudiants et jeunes actifs pour un an renouvelable et sous conditions de ressources. « On vit ensemble mais en se sentant quand même chacun chez soi. J'ai des amies qui étaient sceptiques avant mon installation, mais aujourd'hui elles m'envient quand elles viennent me voir ici », sourit Jeanne. 

Quelques étages plus bas, des jeunes actifs rentrent du travail. Dans le hall, ils saluent leurs voisins, qu’ils soient seniors ou étudiants, prennent de leurs nouvelles et s'enquièrent d'éventuels services à rendre. « Des étudiants ingénieurs aident des seniors à installer leur matériel informatique. En échange, ces derniers aident les jeunes à s’équiper en leur donnant des meubles de leur ancien appartement… », détaille Sarah Gueblaoui, gestionnaire de la résidence. Les habitants partagent aussi des lieux de vie, comme la salle multimédia, le local à vélos ou le grand hall, qui accueillera prochainement une brocante. Un restaurant associatif, géré par des personnes en situation de handicap, ouvrira bientôt ses portes, et donnera aux voisins une occasion supplémentaire de se rencontrer. Tout comme le jardin partagé, qui sera géré par deux locataires volontaires : un étudiant et un senior. Cette implication au sein de la vie de la résidence est l’une des conditions sine qua non au bon fonctionnement de la résidence. Elle est d’ailleurs inscrite dans la charte signée par chaque locataire au moment d’emménager.
 

Faciliter l'intégration des jeunes 

 Séduit par le concept, Sofien Benharchache, un informaticien de 26 ans, essaie d'interagir au maximum avec ses voisins, qui lui rappellent ses grands-parents. « Il y a quelques jours, avec ma femme, nous sommes allés à la soirée raclette. Nous avons passé un très bon moment », se souvient le jeune homme. Après avoir quitté Nîmes, ce jeune marié cherchait un logement abordable pour emménager en banlieue parisienne avec sa femme, doctorante à l'Université Paris-XIII. Le deux-pièces qu’ils occupent est idéalement situé à mi-chemin entre leurs lieux de travail respectifs. Au terme du bail d'un an renouvelable, ce jeune couple espère rester dans cette résidence pas comme les autres, qui lui fait apprécier sa nouvelle vie à Gennevilliers.
La Région investit pour les logements jeunes et étudiants 
En 2016-2017, 41 M€ ont permis de créer 5.130 logements, soit 5.774 places pour les jeunes et les étudiants. Environ 75% de l'investissement a été destiné au logement « jeunes », financé par le Prêt locatif à usage social (PLUS) ou le Prêt locatif social. La part consacrée au logement étudiant a été financé grâce au PLUS ou au Prêt locatif aidé d'insertion. 

Photos : © Agnès Dherbeys/MYOP