Voies sur berge : la Région présente 3 alternatives pour une piétonisation plus douce et progressive

Le comité d’experts indépendants constitué par la Région pour étudier l’impact de la fermeture des voies sur berge rive droite, à Paris, a rendu son 3e rapport d’étape ce 19 janvier. Outre l’évaluation des effets sur la circulation, le bruit et la qualité de l’air, ce comité, présidé par le Pr Pierre Carli, médecin-chef du Samu de Paris, dresse également 3 scénarios d’aménagement et de piétonisation alternatifs.

Dégradation de la qualité de l’air, augmentation des bouchons et aggravation de la pollution sonore. Telles sont les conclusions du dernier bilan d’étape présenté ce 19 janvier par le comité d’experts indépendants nommé par la Région pour évaluer la fermeture des voies sur berge rive droite à Paris. Présidé par le Pr Pierre Carli, médecin-chef du Samu de Paris, le comité s’est appuyé sur les données collectées entre septembre et décembre 2016, qu’il a comparées avec les données des 8 premiers mois de l’année 2016 et celles des 4 derniers mois de 2015. Ce 3e rapport confirme également  la nécessité d’élargir l’étude d’impact de la mairie de Paris au-delà de Paris et de son périphérique, comme le réclament depuis plusieurs mois Valérie Pécresse, la présidente de la Région, et de nombreux élus franciliens.

Par rapport à la période allant de septembre à décembre 2015, les experts constatent que les émissions en matière d’oxyde d’azote ont augmenté de 53% tandis que les particules fines ont enregistré une hausse de 49% sur les quais hauts rive droite. Boulevard Saint-Germain, l’augmentation est de 18% pour l’oxyde d’azote et de 15% pour les particules fines.

Le bruit a plus que doublé la nuit sur les quais hauts selon Bruitparif, qui a enregistré une hausse de 3,5 dB (soit +125%) sur les quais de la Mégisserie.  

Quant aux temps de parcours, il apparaît, selon les données de la préfecture de police, qu’ils se sont allongés de 25% le matin et de 92% le soir sur les quais hauts, entre novembre 2015 et novembre 2016.  Sur le boulevard Saint-Germain, les chiffres sont de +31% le matin et de +87% le soir.   

 

3 scénarios alternatifs à l'étude

« Le comité ne défend pas une thèse », a tenu à affirmer Pierre Carli, ajoutant qu’il convient d’être « vigilant » alors que la phase de test se poursuit jusqu’au 1er mars. « Nous voulons examiner la situation en prenant de la hauteur et en étant le plus objectif possible, a souligné pour sa part Valérie Pécresse. Les résultats qui nous ont été transmis par le comité d’experts sont préoccupants et montrent que nous sommes face à un effet de diffusion de la congestion automobile. C’est pourquoi nous nous inscrivons dans une démarche de concertation et entendons être constructifs en proposant trois scénarios d’aménagement et de piétonisation alternatifs. » 

 

Imaginées par l'Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU), ces solutions présentent l’avantage, selon Valérie Pécresse, d’être « plus douces, plus progressives et plus équilibrées tout en respectant les principes suivants : moins de circulation, moins d’embouteillages et plus de place pour les piétons, les vélos et les transports en commun. » Ces propositions vont être approfondies et seront documentées dans un rapport qui sera remis à la présidente de la Région courant février.

 

 

Photo : embouteillage sur le pont au Change entre les quais de Seine et le Théâtre de la Ville, décembre 2016 © Magali Delporte/Picturetank

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