La rédaction

Valérie Pécresse : «Je veux refaire de la Région une collectivité d’investissement»

En présentant ce 7 mars les grandes lignes du budget 2016 du Conseil régional dans les colonnes du « Figaro », la présidente de la Région revendique un budget offensif et en rupture avec les dérives de la gestion de ces dernières années. Valérie Pécresse a ainsi affiché sa volonté d’augmenter de 70 millions d’euros le montant des investissements tout en réalisant 120 millions d’euros d’économies par an.

« Je veux un budget de relance des investissements concentré sur les urgences [que sont] les transports, l’éducation, la sécurité et la ruralité. » C’est en ces termes que Valérie Pécresse a présenté au Figaro les grandes lignes de son budget 2016. Alors que l’assemblée régionale débattra, les 17 et 18 mars, des orientations budgétaires, elle entend « refaire de la Région une collectivité d’investissement » en commençant par « la chasse au gaspillage ». Cela passe par une baisse de plus de 5% du budget de fonctionnement, qui atteint 2,5 milliards d’euros à l’heure actuelle. « Une économie jamais vue de 120 millions d’euros sur un an », souligne Valérie Pécresse.

« La situation financière est catastrophique »

La présidente dresse un bilan financier régional très préoccupant, évoquant un « trou dans la caisse de 440 millions d’euros » à son arrivée en raison d’une baisse des dotations de l’État de 140 millions d’euros et d’une ardoise de 300 millions d’euros liée à la mise en œuvre du passe Navigo unique par la majorité précédente en septembre, une mesure qui n’était pas financée. Elle s’engage ainsi à « tout remettre à plat » et notamment à rompre avec cette pratique qui consistait pour l’exécutif précédent à afficher des budgets qui étaient aussitôt annulés après le vote : « Un tiers du budget d’investissement affiché était donc fictif », assure-t-elle.

Amaigrissement des dépenses de fonctionnement

Pour parvenir à dégager les économies annoncées, Valérie Pécresse souhaite notamment « suspendre les financements des associations n'ayant pas fourni de compte rendu d'activité », ce qui a représenté 22 millions d'euros de subventions en 2013. « Je veux mettre les dispositifs régionaux dans une logique d'évaluation et de résultats », explique-t-elle, précisant qu’elle arrêtera les subventions qui ne présentent pas un caractère d'utilité régionale, comme cette subvention de 100.000 euros pour le peuple Sarayaku, en Amazonie. La présidente de la Région affirme également vouloir diminuer le train de vie du Conseil régional en divisant par trois le parc automobile, et en baissant de 10% les dotations aux 31 organismes associés qui sont en attente d’être fusionnés. Valérie Pécresse souhaite enfin optimiser l’occupation des surfaces immobilières dans l’attente du déménagement du siège du Conseil régional en banlieue, prévu pour la mi-mandat. Elle indique aussi qu’« en l’attente d’une réorganisation des services de la Région qui ont besoin d’être décloisonnés et simplifiés », les départs en retraite au siège ne seront pas remplacés et les CDD ne seront pas renouvelés.

Une hausse de 4,6% du budget d’investissement

La présidente de la Région propose une hausse de 4,6% du budget d’investissement, soit 70 millions d’euros, « ce qui est extrêmement ambitieux en période d’inflation zéro ». Dans le détail, cela représente une augmentation de 9% des crédits pour les transports dans le but de moderniser les lignes existantes et de lutter contre les embouteillages. Est également prévu un triplement des fonds dédiés à la sécurité, dont 3 millions d'euros débloqués en urgence pour la sécurisation d'une centaine de lycées. Le montant des contrats de partenariat avec les communes rurales (commerces de proximité, services, transport, haut débit, etc.) sera doublé. De nouveaux fonds d’investissements seront en outre créés en faveur de l'éducation et de la culture. Comme annoncé, Valérie Pécresse compte rétablir les bourses au mérite pour les bacheliers mention très bien supprimées par le Gouvernement, les chaires d’excellence pour les chercheurs étrangers et l’égalité des aides sociales entre établissements scolaires publics et privés. « Nous allons faire au niveau de la Région les réformes qu’il faudra bien faire au niveau national », promet la présidente. 

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