« Les JO sont un formidable accélérateur »

Interview de Pierre-Yves Bournazel, délégué spécial auprès de la présidente du conseil régional chargé des Jeux olympiques et paralympiques 2024.

Vous avez toujours soutenu la candidature des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) à Paris en 2024. Pourquoi cette candidature est-elle si importante pour notre région et pour les Franciliens ?

Pierre-Yves Bournazel : L’intérêt des Jeux, c’est d’avoir une date butoir. 2024. Nous avons de nombreux projets pour changer le visage de l'Île-de-France : le Grand Paris Express et ses 200 km de métro, la construction de 70.000 logements par an, un besoin de 40.000 chambres d’hôtels. Les Jeux, c’est l’assurance que tous ces investissements que nous avons prévus seront livrés en 2024, et non en 2030 ou 2035… Avec les Jeux, les contraintes administratives s’effacent, les imaginations s’épanouissent : c’est un formidable accélérateur. Tout le monde devra se retrousser les manches et unir ses efforts. Le faire dans la perspective de l’événement sportif et festif le plus populaire au monde pour accueillir la planète toute entière, quoi de plus réjouissant ?

Quels sont aujourd’hui les principaux atouts de la candidature de Paris-Île-de-France pour ces JOP 2024 (équipements, mobilisation du monde sportif…) ? Et quels sont, à ce stade, les défis qu’il faut relever d’ici à septembre 2017, date du choix officiel de la ville hôte ?

P.-Y. B : Notre principal atout, c’est notre unité. Le mouvement sportif pilote la candidature, la Région, la Ville et l’État le soutiennent. Nous devons travailler, bâtir patiemment notre projet qui ne sera pas dispendieux : nous disposons déjà de la quasi-totalité des équipements. Il ne reste qu’à construire un village olympique et la piscine. Il nous faut maintenant convaincre le comité international olympique (CIO) que ces Jeux pourront laisser un fantastique héritage à la France, puisque nous allons pérenniser tous ces équipements pour l'après-2024.

Comment faire de cette candidature de Paris celle de tous les territoires d’Île-de-France ?

P.-Y. B : Il faut faire des Jeux un moteur du développement des territoires. Évidemment, les villes qui accueilleront les sites seront directement concernées. Mais les retombées doivent être bien plus vastes. Je ne prendrais qu’un exemple : le tourisme. Nous avions 83 millions de touristes en 2012. Nous tablons sur 109 en 2020 et 121 en 2030. Pour les accueillir, nous avons calculé que nous avons besoin de 20.000 nouvelles chambres pour 2020. Le tourisme en Île-de-France, c’est déjà 21 milliards d’euros de consommation et 500.000 emplois. Si nous nous organisons bien, tous les Franciliens pourront profiter de cette manne. Ce sera de plus une formidable vitrine du savoir-faire français. C’est valable pour le tourisme. Ce sera également valable pour l’automobile, le numérique, la ville intelligente… Les entreprises, les pôles de compétitivité, les chambres de commerce. La Région, en tant que chef de fil du développement économique, est légitime pour faciliter les rencontres de ces acteurs avec le mouvement sportif qui porte la candidature.

Qu’envisagez-vous pour mobiliser la population francilienne autour de cette candidature, et notamment les jeunes ?

P.-Y. B : J’ai la conviction que l’association citoyenne de tous les Franciliens et même des Français à la définition des Jeux que nous voulons pour 2024 est une des clés de la réussite. Il faudra une consultation en profondeur, tout particulièrement en direction des jeunes. Car c’est pour eux que nous voulons les Jeux. Nous savons qu’ils ne participent pas aux modes de concertation traditionnels. Il faudra donc utiliser les réseaux sociaux, mais aussi aller les voir directement dans les lycées, dans les collèges, dans les centres de formation pour leur demander leur point de vue. Ils seront majeurs et sur le marché du travail en 2024. Il faut les associer tout de suite. C’est ce que nous voulons faire avec Valérie Pécresse.

Photo : © Magali Delporte/Picturetank

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