Geoffroy Didier : « Notre stratégie pour le logement en Île-de-France »

Trois questions à Geoffroy Didier, vice-président chargé du logement et de la politique de la ville.

Quelles sont vos principales mesures pour lutter contre le mal-logement en Île-de-France?
Geoffroy Didier : Sous l’impulsion de Valérie Pécresse, notre stratégie est claire : mobiliser du foncier afin de favoriser la construction, favoriser la mixité sociale en cassant les ghettos urbains et aider ceux qui le peuvent et le veulent à devenir propriétaires. Nous revendiquons une politique volontariste conçue avec des maires au plus près du terrain. Concrètement, nous allons mettre fin au financement des logements très sociaux dans les communes qui en comptent déjà plus de 30%. Comme l’a dit lui-même le Premier ministre Manuel Valls, « il faut arrêter d’ajouter de la pauvreté à la pauvreté ». Ce dispositif ne concerne ni les logements intermédiaires ni les opérations de rénovation urbaine, que nous ne voulons surtout pas bloquer mais, bien au contraire, accompagner.

Parallèlement, nous avons décidé de reprendre le financement du logement social intermédiaire, abandonné sous la dernière mandature : nous avons le devoir de n’oublier personne, y compris les classes moyennes, toujours trop riches pour être aidées mais pas assez pour accéder au parc privé. Nous inciterons les quelques maires qui ne respectent pas la loi SRU à le faire, mais sur les 1.300 communes d'Île-de-France, seulement huit sont considérées comme hors-la-loi, parfois avec de difficultés liées au peu de foncier disponible. La mise en œuvre de cette loi relève avant tout de l’État. Chacun doit donc faire face à ses responsabilités.

Vous avez aussi décidé de réserver un certain nombre de logements sociaux de la Région à certains publics ciblés. Lesquels?
G. D. : Nous allons amplifier et pérenniser l’accès des logements sociaux du contingent régional en faveur des femmes victimes de violences conjugales et familiales. Depuis 2009, existe une convention entre la Région et la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), et c'est une bonne chose. Nous avons décidé d'aller plus loin. Pour leur offrir une nouvelle garantie protectrice, nous doublons l’objectif minimal de logements qui leur sont réservés. Nous prolongeons dès aujourd'hui cette convention jusqu’à la fin de notre mandat, en 2020.

Parallèlement, pour remédier à la pénurie de professeurs dans certains territoires d’Île-de-France, nous ouvrons notre contingent régional aux enseignants nouvellement arrivés dans les académies de Créteil et de Versailles. La situation actuelle ne pouvait plus durer : 15 professeurs quittent la Seine-Saint-Denis lorsqu’un seul s'y installe. Nous allons immédiatement mettre en place une convention entre l’État et la Région en demandant à ce qu’en échange de l’accès à nos logements, l’État s’engage à maintenir au moins cinq ans le professeur concerné dans le même établissement. Ainsi, ceux qui ont le plus besoin de notre soutien pourront être mieux accompagnés. Cet effort de solidarité sans précédent doit pouvoir susciter l’adhésion au-delà des clivages partisans.

Vous lancez avec Valérie Pécresse un concours d’architecte intitulé : « Dessine-moi le Grand Paris de demain », de quoi s’agit-il?
G. D. : Notre devoir est d’imaginer dès aujourd'hui la Région de demain. Nous lançons donc, en 2016, un appel à projets innovants de développement urbain et rural qui rassemblera architectes, urbanistes et paysagistes autour de plusieurs thématiques. Une fois sélectionnés par un jury international, ils travailleront sur des projets d’envergure qui constituent et constitueront l’identité francilienne : le développement des campus universitaires et de recherche ; les bords de fleuves (Seine, Marne et Oise) ; les entrées de ville et notamment de Paris ; la revégétalisation de l’Île-de-France ; la Smart-Région qui vise notamment à réduire la fracture numérique ; les éco-quartiers ; ou encore les réseaux routiers et ferrés dont l’aménagement doit être repensé afin de recoudre le territoire. Ainsi, en association avec les élus locaux et les différentes collectivités qui composent l’Île-de-France, nous allons mieux articuler le bâti et le non-bâti, la ville et la nature. Un tel défi doit se mesurer à l’échelle de la Région entière parce qu'il n’existe pas de Grand Paris sans Roissy, sans Saclay, Cergy Pontoise ou Marne-la-Vallée. Le Grand Paris, c'est l’Île-de-France.

Photos : chantier © Cyrus Cornut/Dolce Vita/Picturetank ; Geoffroy Didier © Bruno Fert/Picturetank

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