Les plantes médicinales reprennent vie à Milly

Renaud Charles
Principale productrice de plantes médicinales en France jusqu'au milieu du XXe siècle, Milly-la-Forêt entend renouer avec cette activité pour dynamiser l'agriculture locale et profiter de l'essor de l'aromathérapie.

Et si l’avenir était aux plantes médicinales et aux huiles essentielles ? C’est le pari fait par l’ADéPAM, Association pour le développement des plantes aromatiques et médicinales à Milly-la-Forêt (91). Pourquoi Milly ? Parce que, historiquement, la ville fut la principale productrice de plantes médicinales en France jusqu’au milieu du XXe siècle. Une activité tombée peu à peu en désuétude dans la région, du fait de la concurrence des molécules de synthèse et de l’ouverture des frontières, mais qui connaît depuis quelques années un nouveau souffle. « Nous avons constaté un regain d’intérêt pour les plantes médicinales, témoigne Agnès Le Men, ingénieure agronome et chargée de projet au sein de l’ADéPAM. Tout comme ils désirent connaître la provenance de ce qu’ils mangent, les consommateurs exigent aujourd’hui davantage de transparence sur les médicaments qui les soignent. Or les plantes médicinales sont un moyen d’être acteur de sa santé. Elles ont des effets plus subtils et plus ciblés que les molécules de synthèse qui ont tendance à être plus destructrices. Avec les plantes médicinales, on peut se soigner au quotidien et pour pas cher, à condition de posséder les connaissances nécessaires. »  


Favoriser l’approvisionnement local

Un autre préalable consiste à disposer d’une production suffisante. Problème auquel est confrontée l’entreprise Eona, installée à Milly-la-Forêt et spécialisée dans l’aromathérapie à destination des professionnels de la santé. Alors qu'elle souhaitait se fournir localement afin de sécuriser ses approvisionnements, elle est obligée, à l’heure actuelle, d’importer l’essentiel de ses matières premières. C’est pourquoi en 2012 elle s’est associée avec le Conservatoire national des plantes de Milly-la-Forêt (CNPMAI) et une entreprise du cru, Darégal, leader mondial des plantes aromatiques, pour créer l’ADéPAM. L’objectif : faire refleurir les plantes médicinales à Milly comme la menthe poivrée, connue pour ses vertus toniques et digestives, le thym à thujanol, efficace contre les maladies ORL, ou encore la sauge sclarée, utile dans le traitement des déséquilibres hormonaux.


Des premiers essais en plein champ

« Nous avons commencé par réaliser des essais en micro-parcelles au CNPMAI pour avoir des premières données agronomiques, puis une étude de marché qui a confirmé ce que nous pressentions. À savoir qu’il existait une demande notamment de la part des professionnels comme les marques d’aromathérapie. Nous avons ensuite effectué des essais en plein champ chez des producteurs locaux », explique Agnès Le Men. Ces tests – tous effectués en bio – avaient pour but de sélectionner les variétés compatibles avec le terroir, mais aussi de sensibiliser les agriculteurs locaux, pour qui ce type de cultures représente d’importants investissements. « L’avantage pour eux est que cela leur permet de diversifier leurs débouchés. L’idéal serait qu’ils puissent signer des contrats avec des entreprises afin de s’assurer des prix stables et rémunérateurs, et l’achat de la totalité de leur production », anticipe Agnès Le Men. Mais, au fait, c’est quoi une huile essentielle ? « Les huiles essentielles sont sécrétées par certains tissus de certaines plantes. On les obtient par distillation. Ce sont des substances très puissantes qu’il ne faut jamais consommer pures. » Dont acte.        

Photo : © B. Pasquier/Conservatoire national des plantes

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