La rédaction

Mesurer autrement la performance énergétique des bâtiments

Alors qu’aujourd’hui seule compte l’isolation thermique, un nouveau barème tente de s’imposer qui cible entre autres la localisation géographique.

La performance énergétique d’un immeuble ne tiendrait-elle qu’à la qualité de son isolation ? Si la réglementation thermique nationale ne prend en compte aujourd’hui que ce critère, ce n’est pas le cas du nouveau barème carbone. Imaginé par le cabinet indépendant BCO2 ingénierie, il s’appuie sur une multitude de paramètres tels que la localisation géographique ou le mode de construction. Cette approche a notamment consacré le mois dernier la conception de la future Cité régionale de l’environnement, censée ouvrir en 2014 à Pantin (93). Son instigateur, Laurent Castaignède, en détaille les grandes lignes. 

Comment mesure-t-on la performance énergétique d’un bâtiment à l’heure actuelle ? 

Laurent Castaignède : Aujourd’hui, on se focalise essentiellement sur l’isolation et la production d’eau chaude sanitaire, comme l’exige la réglementation thermique nationale. Tant et si bien qu’un bâtiment « basse consommation » devrait en fait être rebaptisé bâtiment « basse consommation en chauffage ». Pourtant, le poste chauffage est devenu au fil des années un élément mineur du bilan carbone d’un immeuble. Les progrès accomplis dans ce domaine ont été tels que les perspectives  d’amélioration sont moindres. Surtout, elles impliqueraient des investissements très significatifs pour un gain final relativement marginal. Il est donc regrettable de ne s’intéresser qu’à cet aspect pour juger des performances énergétiques d’ensemble d’un bâtiment. 

Que préconisez-vous ?

L. C : Il est nécessaire d’avoir une approche globale, tenant compte des autres paramètres que sont la localisation géographique, la consommation d’électricité liée aux différents appareillages utilisés (informatique, électro-ménageretc) ainsi que le mode de construction.  Cette grille d’analyse a été utilisée par exemple pour évaluer l’impact écologique de la future Cité régionale de l’environnement à Pantin, qui affiche des performances particulièrement satisfaisantes. C’est seulement en prenant en considération l’ensemble de ces paramètres que l’on pourra parvenir à améliorer de manière notable l’impact environnemental des bâtiments. 

Cette grille d’analyse est-elle applicable à d’autres bâtiments que les immeubles de bureaux ?

L. C : Oui. On pourrait imaginer s’en servir pour les lycées par exemple, en adaptant les pondérations. A l’instar des bureaux, leur localisation est importante car elle influence les déplacements quotidiens de plusieurs centaines de personnes. En effet, il ne suffit pas au bâtiment d’être HQE. Si son emplacement est mal choisi, cela risque d’engendrer des déplacements contraints et donc, d’importantes consommations indirectes d'énergie ainsi que les rejets de gaz à effet de serre associés.

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