Industrie : 3S Photonics relocalise dans l’Essonne

La rédaction
L’entreprise spécialisée dans les composants optiques, et soutenue par la Région, a créé une vingtaine d’emplois depuis le début de l’année.

Le site Alcatel de Nozay, dans l'Essonne, ressemble à une ruche au milieu d'un océan de verdure et de tranquillité. Difficile d'imaginer que Paris n'est qu'à une vingtaine de kilomètres au Nord !

C'est ici qu'est implantée la société 3S Photonics, spécialisée dans la fabrication de composants optiques pour réseaux de télécommunication sous-marins. Ses produits permettent de transmettre d'un bout à l'autre des océans les données d'Internet, qui transitent par des câbles parfois situés à plusieurs kilomètres sous l'eau.
 

Vingtaine d’emplois déjà créés

L’entreprise, qui recevait mercredi 28 mars la visite de Jean-Paul Huchon, Président du conseil régional, connaît désormais une croissance telle qu’elle relocalise une partie de ses activités industrielles, auparavant en Thaïlande, sur son site de Nozay.

"Nous avons déjà créé une vingtaine d'emplois de techniciens de production depuis le début de l'année 2012 et une vingtaine d'autres sont prévus", précise Didier Sauvage, directeur de la technologie de 3S Photonics. Pourtant, cette société, lauréate du dispositif PM’up en 2008, revient de loin.

L’histoire redémarre de zéro

Son histoire débute en 1994, alors qu'elle est une filiale d'Alcatel. 3S Photonics traverse alors une période de forte croissance qui l'amènera jusqu'à un chiffre d'affaires de 400 millions d'euros en 2001. Mais l'euphorie est de courte durée, une violente crise secouant alors le marché des télécoms. La société accumule les pertes, et Alcatel, puis l'actionnaire américain qui lui succède, se désengagent tour à tour.

Bref, en 2007, plus personne ne semble croire à cette activité, sauf l'entrepreneur Alexandre Krivine, connu pour avoir déjà développé plusieurs sociétés avec succès et qui décrit aujourd'hui le développement de l'entreprise comme "son plus grand défi". Car l'histoire redémarre presque à zéro, avec de fortes compétences, certes, mais un marché réduit à peau de chagrin et qui peine à redémarrer.
 

Premiers bénéficiaires de PM’up

L'entreprise, devenue 3S Photonics, bénéficie alors de manière dérogatoire du statut de jeune entreprise innovante. En 2008, elle figure parmi les premiers bénéficiaires du dispositif PM'up mis en place par la Région Île-de-France pour aider les PME à fort potentiel de développement et reçoit ainsi un financement de 80.000 euros. C'est le début d'un chemin qui va lui permettre de trouver ensuite des financements plus conséquents.

En 2008, la Région lui octroie ainsi plus de 400.000 euros en Recherche et développement pour lui permettre de concevoir de nouveaux produits. Aujourd'hui, l'entreprise a retrouvé un chiffre d'affaires de l'ordre de 50 millions d'euros et un statut de leader mondial sur son marché, très spécifique. 

Tags