L’Île-de-France, terre d’excellence pour les mathématiques

Chercheuse en mathématiques à Paris-Dauphine, Aude Genevay vient de se voir décerner un prix par Google pour ses recherches. Elle bénéficie aussi du soutien de la Région dans le cadre du domaine d’intérêt majeur (DIM) « Math’innov ». Rencontre.

Vous avez remporté en début d’année un « Google PhD Fellowship » pour les recherches que vous menez actuellement. Sur quel sujet porte votre thèse ?
Aude Genevay : Je travaille, en mathématiques, sur du « machine learning » – excusez le terme anglais. Il s'agit de la recherche théorique qui est à la base de l'intelligence artificielle. On travaille sur des algorithmes pour les problèmes courants que les machines ont à résoudre. Cela peut servir notamment à leur apprendre la reconnaissance des visages, à prédire certaines situations... Mais les applications concrètes ne sont pas vraiment de mon domaine ! J'ai commencé ma thèse en octobre 2015 à l'université Paris-Dauphine et je partage maintenant mon temps entre Dauphine et l'École normale supérieure.

Vous bénéficiez aussi, depuis 2015, du soutien de la Région dans le cadre du domaine d’intérêt majeur (DIM) Math’Innov.  Qu’est-ce que cela vous apporte ?
A. G. : D’abord, le soutien financier est non négligeable : un salaire de thésarde et 5.000€ sur trois ans. Nous, chercheurs, avons besoin de fonds pour les voyages, les conférences à l’étranger, pour aller présenter nos travaux dans d’autres universités… Mais le DIM organise aussi régulièrement des événements soutenus par la Région, qui nous permettent de rencontrer des collègues qui travaillent sur des thèmes un peu différents. Au sein des mathématiques, par exemple, il y a de nombreuses disciplines ! C’est un vrai « plus » que de pouvoir échanger lorsque nous nous rencontrons.

Et le soutien de Google ?
A. G. : Au-delà de la reconnaissance que cela m’apporte, il va me permettre de financer l’achat de matériel informatique assez performant pour mon laboratoire, de bénéficier d’encore plus de fonds pour présenter mon travai et passer quelques mois à l’étranger. C’est aussi une porte ouverte vers des rencontres avec les personnes qui sont spécialisées dans la recherche au sein de cette entreprise, notamment en intelligence artificielle. C’est une opportunité de voir les applications concrètes de notre travail théorique.

Faire une thèse en maths à Paris, pour vous, c’était un choix ?
A. G. :
Paris et sa région sont, pour les mathématiques, un des endroits qui comptent les meilleurs universités et chercheurs au monde. C’est très connu dans notre domaine : l’Île-de-France a de grands spécialistes, un écosystème tres vivant, avec des nombreux séminaires organisés et une véritable dynamique. Dans la recherche, les salaires sont plus attractifs et il existe plus de moyens aux États-Unis certes, mais d’un point de vue intellectuel et compte tenu des chercheurs avec qui on peut travailler, c'est une terre d 'excellence.

Le programme Google PhD Fellowship a été créé en 2009 et a pour but de récompenser les étudiants pour le caractère exceptionnel de leurs travaux de recherche en informatique et/ou dans les domaines liés.

Photo : © DR

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Décision du conseil régional

Mathématiques, thérapie génique, matériaux anciens… La Région a identifié, ce 15 décembre, les domaines de recherche et les équipes franciliennes associées qu’elle soutient désormais.

Aide régionale
Politique régionale de soutien aux réseaux de recherche dans des domaines ciblés que la Région a jugés porteurs d’innovation, d’excellence et d’attractivité scientifique.